Indriðason, Arnaldur «Les roses de la nuit» (2019)

Indriðason, Arnaldur «Les roses de la nuit» (2019)

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. Diplômé en histoire, il est d’abord journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, avant de se consacrer à l’écriture. Ses nombreux romans, traduits dans quarante langues, ont fait de lui un des écrivains de polar les plus connus en Islande et dans le monde, avec douze millions de lecteurs. Il a reçu le prix Clef de verre à deux reprises, en 2002 pour La Cité des jarres, et en 2003 pour La Femme en vert (également couronné par le Gold Dagger Award et le Prix des lectrices de Elle), le Prix du Polar européen Le Point en 2008 pour L’Homme du lac, le prix d’honneur du festival les Boréales en 2011, et le prix espagnol rba du roman noir en 2013 pour Passage des Ombres (troisième tome de la Trilogie des Ombres, à paraître en 2018).

Douze de ses romans mettent en scène le personnage d’Erlendur Sveinsson, inspecteur de la police de Reykjavík. Plusieurs autres sont consacrés à des énigmes historiques ou des affaires d’espionnage. Dans la fascinante Trilogie des Ombres, il met en scène un nouveau couple d’enquêteurs, à l’époque de la « Situation », l’occupation américano-britannique de l’Islande à la fin de la Seconde Guerre mondiale. (Portrait par Sabrina Champenois, LIBERATION – juillet 2010)

(Métaillé noir – 3.10.2019 – 247 pages – Point poche 08.10. 2020 – 283 pages)

Voir Page sur la série : Indriðason, Arnaldur : Série « Erlendur Sveinsson »

Deuxième tome de la série mais qui a été traduit bien après les autres (Dauðarósir– 1998) – traduction française 2018 – Je recommande toutefois de commencer par les tomes 3-4-5 et de lire celui-ci après.
L’éditeur en parle :  Avec son duo d’enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l’Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux Etats-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l’originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l’intrigue exceptionnelle.

Résumé :
La vengeance des victimes. Elle est condamnée, il l’aime, elle l’entraîne dans sa vengeance mortelle. A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.
La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l’Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d’immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants.
Sigurdur Oli, lui, s’intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés. Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.
Ecrit juste avant La Cité des jarres, ce livre a consacré la renommée d’Erlendur, flic coriace et taciturne.

Mon avis : Toujours un plaisir de retrouver le duo Erlendur/ Sigurdur Oli. Cette fois ci j’ai eu l’impression que l’énigme était relativement faiblarde et passait nettement après le contexte politico-économique. Et l’intérêt est la place que la fille d’Erlendur tient dans l’intrigue. Malgré le fait qu’Eva Lind vive en marge de la société, ou plutôt grâce au fait qu’elle vive en marge de la société, elle va apporter son aide à son père dans la résolution de l’enquête car elle connait le milieu de la drogue et de la prostitution.
La situation des pécheurs des fjords de l’Ouest, l’achat des quotas de pêches, les politiciens et la paupérisation de régions entière, les régions qui se dépeuplent et les gens qui affluent vers la capitale, les ravages de la drogue.
C’est le deuxième roman de la série et l’auteur n’a pas encore atteint le niveau des suivants. Malgré tout j’ai trouvé intéressant de le lire et d’en apprendre plus sur les personnages récurrents de la série.

Extraits :

– Tout le monde a donc perdu la tête dans ce pays ? Est-ce que tu vas cracher le morceau ?
– Hein ? Tu parles de mon sandwich au poulet ?

– Nous sommes comme le cabillaud. En dessous d’un certain nombre d’individus, les bancs se dispersent puis disparaissent. Je crains que ça ne s’applique également à l’espèce humaine. Quand les gens quittent les villages comme le nôtre, la vie ralentit. D’ici peu, elle se sera complètement éteinte, conclut-il avant de rentrer chez lui.

– Je me suis demandé ce qui s’est passé, avait-elle repris, mais j’ai oublié. Enfin, s’il s’est passé quelque chose. Est-ce qu’il faut toujours qu’il se passe quelque chose pour expliquer une situation ? Est-ce qu’il faut toujours qu’il y ait une raison ? Je me demande parfois si je ne devrais pas décrocher.

Une sorte d’amitié était née entre eux, même si ce concept leur était étranger, celui d’intérêts communs étant nettement plus important.

– Ce qu’il ne faut pas entendre ! Tu n’as jamais l’intention de rien faire puis, brusquement, tu plonges jusqu’au cou dans des conneries.

Les Islandais ont un drôle de rapport avec les disparitions. Ils y sont habitués depuis des siècles. Il y a toujours eu des gens perdus dans la nature, surpris par les tempêtes, et dont on retrouvait les ossements au bout de cent ans. Leur disparition se transformait en histoire de fantômes distrayante. […] Les disparitions nous semblent naturelles la plupart du temps. Elles alimentent même nos contes populaires.

Info : Jón Sigurðsson (parfois transcrit Jón Sigurdsson), né le 17 juin 1811 à Hrafnseyri, près d’Arnarfjörður dans la région des fjords de l’Ouest de l’Islande et mort le 7 décembre 1879 à Copenhague au Danemark, est un historien et homme politique islandais du xixe siècle, chef de file du mouvement pacifiste pour l’indépendance de l’Islande, alors rattachée au royaume du Danemark. Il était un fervent républicain.

3 Replies to “Indriðason, Arnaldur «Les roses de la nuit» (2019)”

  1. Je l’ai commandé avec Les fils de la poussière. J’adore cet auteur et son personnage hanté par son passé. De plus, la situation géographique de l’Islande, avec sa nuit de 6 mois, son hiver aux violentes tempêtes et sa situation géopolitique au confluent des luttes d’influence américano-soviétique, permet des histoires passées diverses.

    1. j’ai lu les deux avec plaisir. Maintenant je dois me lancer dans sa Trilogie des ombres et sa nouvelle Série Kónrað …

      1. Bonne lecture,
        Je me lancerais ensuite dans la lecture de Leila Slimani (sans doute à ma retraite au 01/07/2021). Le peu de temps que j’ai actuellement de libre est consacré à la poésie qui demande moins de temps (on peut lire ou écrire sur une période plus courte, et de façon fractionnée).

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