Qiu, Xiaolong « Une enquête du vénérable juge Ti (2020)

Qiu, Xiaolong « Une enquête du vénérable juge Ti (2020)

Auteur : Qiu Xiaolong est né à Shanghai en 1953; c’est un auteur chinois de roman policier, poète et amateur de taï chi. . Lors de la Révolution culturelle, son père est la cible des révolutionnaires et lui-même est interdit de cours. Il soutient néanmoins une thèse sur le poète T. S. Eliot et poursuit ses recherches à Saint-Louis, aux États-Unis. Les événements de Tian’anmen le décident à s’y installer et c’est en anglais qu’il écrit la célèbre série policière mettant en scène l’inspecteur Chen ainsi que les nouvelles du cycle de la Poussière Rouge. Traduits dans vingt pays, ses livres se sont déjà vendus à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde. L’amour de Qiu Xiaolong pour la littérature anglaise et la poésie lui vient à l’adolescence, lorsqu’une bronchite le cloue au lit. Son père, professeur, est victime des Gardes Rouges durant la Révolution culturelle des années 1960. En 1988, une bourse de la Ford Foundation permet à Qiu Xiaolong de partir aux Etats-Unis pour y poursuivre des études à la Washington University de St-Louis, dans le Missouri, et, suite aux répressions de la Place Tiananmen en 1989, il décide de s’installer définitivement aux Etats-Unis. En 1996, il obtient son doctorat en anglais avec une thèse sur T. S. Eliot. Ses livres, écrits en anglais, dont le personnage principal récurrent est l’inspecteur Chen Cao, cadre du Parti et membre de l’Union des écrivains, au-delà du roman policier, dépeignent la Chine des années 1990, les mutations socio-économiques de sa population urbaine et les bouleversements de la Chine moderne. . Qiu Xiaolong enseigne par ailleurs la littérature à la Washington University de St-Louis.

Série Chen Cao : Mort d’une héroïne rouge, Visa pour Shanghai, Encres de Chine, Le Très Corruptible Mandarin, De soie et de sang, La Danseuse de Mao, Les Courants fourbes du lac Tai, Cyber China10, Dragon bleu, tigre blanc, Il était une fois l’inspecteur Chen, Chine, retiens ton souffle, Une enquête du Vénérable Juge Ti (attribuée à l’Inspecteur Chen) ,

Page spéciale : Qiu, Xiaolong « Les enquêtes de l’inspecteur Chen » 

Autres ouvrages : Cité de la Poussière rouge, La Bonne Fortune de Monsieur Ma, Des nouvelles de la Poussière rouge

Liana Levi (Piccolo) – 05.11.2020 – 144 pages

Qiu, Xiaolong « Une enquête du vénérable juge Ti – (Attribuée à l‘inspecteur Chen Cao) (2020)
Résumé: En un temps d’âpres luttes pour le pouvoir, dans la Chine du IXe siècle, un messager impérial vient demander au célèbre juge Ti d’enquêter sur un meurtre dont est soupçonnée la poétesse-courtisane Xuanji. Alors que la belle et talentueuse jeune femme croupit dans une geôle en attente de la sentence, l’enquête du juge le mènera à des secrets qu’il est préférable d’ignorer.

À propos :  «Ce roman est inspiré d’un fait réel survenu sous la dynastie Tang, la poétesse Yu Xuanji (844-871) étant au centre de cet épisode. Nul ne sait aujourd’hui si la jeune femme était réellement coupable du crime dont elle fut accusée, mais l’histoire a déjà donné lieu à des romans, films et séries. Le récit proposé ici n’est qu’une interprétation personnelle de l’inspecteur Chen écrite à la lumière d’une enquête menée dans la Chine d’aujourd’hui.» Qiu Xiaolong

Mon avis : Je n’ai pas lu les enquêtes écrites par Robert Van Gulik, mais j’ai lu la première enquête du juge Ti  «Le château du lac Tchou-An» par Frédéric Lenormand. Je dois dire que le personnage est plaisant mais ce n’est pas un coup de cœur…
Alors j’ai nettement moins aimé que les enquêtes de Chen Cao mais j’ai comme toujours été interessée par la découverte de la Chine, de ses poètes, de ses coutumes: Sorcellerie, légende du renard noir, Poésie, Coutumes, le côté historique. La partie qui a suscité mon intérêt est la partie légende, la symbolique du renard, le rapport entre la belle jeune femme et le renard, animal maléfique, démon destructeur des couples…
Un livre qui nous fait découvrir la Chine du Xième siècle, les intrigues de cour, les courtisanes, les jeux de pouvoir.
Un moment de lecture sympa mais pas flamboyant !

Extraits :

la tradition ancestrale voulait que le souverain suprême préfère son fils à son neveu, afin d’assurer à l’Empire une transition légitime, paisible et sans controverse.

– Que m’importe sa vie intime ? Elle ne mélange jamais les sphères publique et privée.

Ti ne croyait pas au symbolisme des rêves, mais la réapparition du dragon associée au message du Livre des transformations l’emplissait d’appréhension.

Comme la poésie faisait partie des épreuves de l’examen impérial, elle était plus qu’un passe-temps aux yeux des lettrés de l’époque. Qu’ils soient reçus ou non à l’examen, la composition de vers bien pensés pouvait leur offrir une certaine reconnaissance sociale. Pour les moins doués, éditer les poèmes des autres représentait une occupation plus qu’honorable.

– Le sens que l’on donne à une chose est toujours une question de point de vue.

Selon la légende, un renard chanceux, un sur mille peut-être, pouvait, grâce à des dons surnaturels de magie ou de méditation, prendre forme humaine, généralement celle d’une jeune femme envoûtante attirant les hommes comme des papillons autour d’une flamme. Au cours de leur étreinte charnelle, la renarde insatiable aspirait toute l’essence virile de sa proie jusqu’à ce que la vie s’échappe d’elle. Comme dans tout mythe, il y avait des variantes. L’esprit du renard pouvait aussi prendre l’apparence d’un jeune homme irrésistible qui faisait perdre la tête aux femmes et forniquait avec elles jusqu’à leur dernier soupir.

Si nous ne parvenons pas à voir au-delà des apparences, c’est parce que nous nous plaçons au milieu d’elles. On pourrait dire la même chose de cette enquête.

la vanité était un des piliers du monde des apparences.

Parfois, pour des raisons qui nous dépassent, nous choisissons de jouer un rôle et au bout d’un certain temps, le rôle se met à jouer à notre place

Même si une tâche te paraît impossible, si elle te semble juste, efforce-toi de l’accomplir, récita Ti en soupirant. C’est une maxime confucéenne que mon père citait toujours. »

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