Theorin, Johan « Froid mortel » (2013)

Theorin, Johan « Froid mortel » (2013)

Auteur : né le 3 septembre 1963 à Göteborg, est un journaliste et romancier suédois, auteur de roman policier.  Sa famille compte des marins, des pêcheurs et, du côté de sa mère, des agriculteurs qui ont vécu pendant des siècles sur l’île d’Öland, dans la mer Baltique, nourris culturellement par le folklore insulaire et ses contes étranges. Ce cadre revient dans certains romans ultérieurs de l’écrivain. (Wikipédia)
Romans :
Série du Quatuor de l’île d’Öland : L’Heure trouble (2009) – L’Écho des morts (2010) – Le Sang des pierres (2011) – Fin d’été (2015)
One shot : Froid mortel (2013)

Albin-Michel – 30.01.2013 – 400 pages / Livre de poche – 1.4.2015 – 534 pages (traduit par Rémi Cassaigne)

Résumé :
A Valla, en Suède, La Clairière n’est pas une école comme les autres : installée à côté d’une clinique de psychiatrie judiciaire où sont internés des criminels fous et dangereux, comme le psychopathe Ivan Rössel, elle permet à leurs enfants de rester en contact, limité et étroitement surveillé, avec eux. Jan Hauger, récemment embauché, n’est pas non plus un éducateur comme les autres. Il n’a jamais raconté à personne comment s’était terminée une sortie en forêt avec d’anciens élèves, neuf ans plus tôt, ni pourquoi il a vraiment accepté le job.
A force d’accompagner les enfants dans le sas qui relie la maternelle à la clinique, il parvient à trouver le moyen de s’introduire au sous-sol et à retrouver, croit-il, la femme qu’il cherche, son amour de jeunesse auquel le liait un étrange pacte. Mais il n’est pas le seul à porter des secrets lourds de conséquence. Un récit haletant entre passé et présent, une intrigue machiavélique qui met aux prises les victimes et leurs bourreaux dans l’univers inquiétant d’un hôpital psychiatrique.

Mon avis : Suspense jusqu’au bout dans ce thriller psycho-psychiatrique.
Une clinique psychiatrique dans laquelle sont enfermés des délinquants dangereux. Une école maternelle située dans l’enceinte de la clinique pour que les enfants ne soient pas séparés de leur parent interné et qu’ils puissent garder des liens. Mais deux entités entièrement séparées. Ceux qui sont engagés dans la clinique et ceux qui travaillent à la maternelle n’ont pas de contacts et les enseignants ont l’interdiction formelle de pénétrer dans la partie hôpital, sauf à l’heure des visites pour accompagner les enfants.
Mais entre la règle et la réalité… il n’y a qu’un couloir en sous-sol, quelques portes… un sas dont l’étanchéité reste à vérifier…
Une autre question se pose rapidement : pourquoi les professeurs – qui semblent aimer les enfants au demeurant et dont on ne remet pas en compte l’attitude vis-à-vis d’eux – ont-ils souhaité travailler dans ce lieu ? Et pourquoi sont-ils si intéressés par ce qui se passe de l’autre côté…
Le passé des professeurs se révèle aussi glauque que celui des internés, et les vies antérieures cachent bien des secrets.
J’ai beaucoup aimé. Intriguant, inquiétant…

Extraits :

Franchir le mur d’une prison, c’est mettre le pied dans la gueule d’une grotte noire comme le charbon. Un monde isolé et étranger.

« Le tueur en série John Wayne Gacy faisait des extras comme clown à Chicago, avant qu’on ne l’arrête, il aimait se produire devant des enfants… d’ailleurs les tueurs en série et les criminels sexuels sont des sortes d’enfants, ils se considèrent comme le centre du monde et n’ont jamais grandi. »

L’avantage d’être étranger, c’est de pouvoir commencer une nouvelle vie et choisir quels détails raconter si on vous demande d’où on vient. Moins on en dit, mieux c’est. On n’est pas forcé de dire un seul mot sur sa vie passée.

Tous les soucis disparaissent quand on croise un regard d’enfant. Leurs yeux captent toute la lumière du monde et la réfléchissent.

« Avec une télé, nous aurions très vite plein de dessins animés que les enfants voudraient regarder, et les enfants passifs deviennent des enfants malheureux. »

Et voilà – le mot dangereux est sorti, il a reconnu son infériorité. Il est seul, il se sent seul.

« Tu as peur ? demande-t-elle.
– Non. J’ai oublié la trouille dans la poche de mon autre pantalon. »

On ne peut pas ôter à quelqu’un ses blessures, elles sont là pour toujours.

Il n’a personne avec qui construire sa vie. C’est peut-être ça le pire. Pas de vivre des choses terribles, mais de n’avoir personne à qui parler.

« Mais les victimes des criminels ne sont jamais célèbres, elles… Personne ne veut parler avec quelqu’un qui passe son temps à pleurer, ça doit être pour ça. Alors nous, on va dans notre coin avec notre chagrin, pendant que les meurtriers deviennent des idoles. »

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