Anderson, Cory «Le fracas et le silence» (2021) 397 pages

Anderson, Cory «Le fracas et le silence» (2021) 397 pages

Autrice : Fille d’un ranger, Cory Anderson a grandi dans les Rocheuses. Passionnée de nature et de lecture, elle est fascinée par « La Route » de Cormac McCarthy, dont le thème et l’écriture âpre et sans concession ont changé sa vie à jamais. Le fracas et le silence est son premier roman, elle l’a écrit après avoir après avoir traversé de nombreuses épreuves, seule avec ses deux enfants, au coeur de la nature américaine.

Editions Fleuve – 07.10.2021 – 397 pages / Éditeur : POCKET JEUNESSE (07/10/2021) – 400 pages – traduit par Claire-Marie Clévy  ( sortie en même temps pour adultes et jeunesse) – titre original « What Beauty There is »

Résumé :
Pour éviter de devoir confier son frère à un orphelinat, Jack doit apprendre à survivre. A tout prix. C’est l’hiver, quelque part dans l’Idaho. Le ciel est noir et il fait un froid à fendre les os. Jack, dix-sept ans, n’a plus d’espoir, plus d’avenir, personne sur qui compter. Hormis son petit frère Matty, pour lequel il serait prêt à se sacrifier. Depuis la mort de leur mère, leurs ressources sont de plus en plus réduites.
Jack n’a plus le choix : pour éviter de devoir confier son frère à un orphelinat, il doit trouver l’argent sale qui a envoyé son père en prison. Ava a le même âge. Sa vie n’est que solitude, secret, silence. Son père, qui lui a appris à n’aimer personne, à ne faire confiance à personne, est sur les traces du même butin que Jack. Quand le chemin des deux familles se croise, Ava doit faire face à un dilemme : garder les secrets de son père ou aider les deux frères à survivre…

Mon avis :
Ah !! le livre est également sorti en Pocket Jeunesse… Ben les jeunes, ils doivent avoir le cœur bien accroché ! je vous dis que ça !
Jack et Matty se retrouvent seuls, dans la misère noire, après la mort de leur mère ; pas question qu’ils soient séparés et que Matty soit confié à une assistance sociale… Une seule solution : trouver l’argent et fuir… Leur père est en prison pour un braquage dont l’argent n’a pas été retrouvé
Et il y a Ava et son père… qui lui aussi veut retrouver… le même butin…
Des adolescents fracassés qui essaient de survivre. Deux adolescents qui vont risquer leur vie pour protéger un être aimé. Jack pour protéger son petit frère et Ava pour protéger Jack. Dans un univers sans pitié, où les adultes sont brutaux ou lâches… En plein hiver, un hiver glacial.
Un autre danger potentiel est à leurs trousses, le Shérif … mais lui les aime bien et voudrait les protéger du danger… car le père d’Ava est capable de tout…
Jusqu’où iront-ils tous pour se protéger, pour gagner ?   Qui gagnera la bataille entre des sentiments tels que la confiance, l’amour, l’appât du gain, la volonté de survivre ? Le sacrifice est-il une solution ?

Extraits :

Je sens ce regard sur toute ma peau. C’était un garçon seul dans une maison en hiver, et il avait quitté l’enfance depuis très longtemps.

Avant, je dormais pour rêver de lui. Je rêvais qu’il rentrait à la maison, et qu’il y restait, mais maintenant je sais que ça n’arrivera pas. Il ne rentrera pas, et on est seuls au monde, et aucun rêve ne changera ça. Tu le sais, hein ? Il ne rentrera jamais.

J’ai une nouvelle famille.
— Tu parles des médicaments.
— Je parle des médicaments.

Il y a des moments que je passe en accéléré ou au ralenti. Et je me demande à quel point ils étaient courts, ou longs, à quel point ils étaient larges et profonds. Je démêle les minutes jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de début ni de milieu ni de fin, mais un cercle, et que toutes les minutes se séparent en de nombreux moments merveilleux, tous visibles en même temps. Des moments où tout a du sens, et rien ne fait mal.

On se comporte de manière automatique, parfois. On agit machinalement, le cerveau éteint. Comme quand on voit une chose approcher du coin de l’œil, mais qu’on ne s’autorise pas à la fixer, parce qu’on n’est pas encore prêt à la regarder en face.

— Tu sais pourquoi je t’appelle mon oiseau ? »
Sa voix est basse et douce, un carré de velours que l’on pourrait avoir envie de frotter sur sa joue, pour le seul plaisir de sentir sa texture soyeuse.
« Quoi ?
— Ton cœur. Il bat toujours à toute vitesse. Comme un oisillon dans une cage. C’est comme ça depuis la première fois que je t’ai vue. »

La vie brise le moule parfait dont on est sorti, et on s’use, on se ternit. Nous ne sommes plus que l’ombre de nos glorieux débuts. Il n’y a aucun moyen d’y échapper.

Il continua à marcher. Embourbé dans ses pensées, comme des sables mouvants. Chaque battement de son cœur plus pesant que le précédent.

— La vie est un labyrinthe. Tu vois ? Chaque instant est un tournant. Le parcours est déjà tracé. Un cheminement pour chaque personne dans le monde. On est empêtré dans ce labyrinthe dès la naissance. On peut s’y perdre, tu ne crois pas ? Entre la fin, le début, le milieu… On peut se laisser égarer.

Quand on a peur de quelqu’un, on le déteste, mais on ne peut pas s’empêcher de penser à lui. On essaie d’apprendre à le connaître. De deviner ses pensées. On veut voir les choses à travers ses yeux, pour deviner ce qu’il va faire.

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.