May, Peter « Rendez-vous à Gibraltar » (2020) 384 pages

May, Peter « Rendez-vous à Gibraltar » (2020) 384 pages

Auteur :  Né le 20 décembre 1951 à Glasgow, Peter May a été journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d’années dans le Lot où il se consacre à l’écriture.

Sa tétralogie écossaise – L’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis , Le Braconnier du lac perdu, Loch noir –, publiée en français par les Éditions du Rouergue, a conquis le monde entier. 

Saluée par de nombreux prix littéraires, toute son œuvre est disponible aux Éditions du Rouergue.

Pour mes commentaires de ses livres : voir dans la liste des auteurs (M-Q)
Séries : La Tétralogie écossaise – Série chinoise – Série Assassins sans visage –
Autres: Scène de crime virtuelle – L’Île du serment – Les Fugueurs de Glasgow (pas lu)-
Les Disparus du phareJe te protégerai  La Petite Fille qui en savait tropRendez-vous à Gibraltar  –Quarantaine -Un chemin sans pardon (pas lu)— Tempête sur Kinlochleven

Rouergue noir – 27.05.2020 – 384 pages + ePub  /  Babel noir – 4.5.2022 – 432 pages (titre original : A Silent Death) Traduit par Ariane Bataille

Voir article sur la   tétralogie écossaise – L’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis ,  Le Braconnier du lac perdu

Résumé:
Cristina Sánchez Pradell, flic à Marviña, dans la région de Malaga, est de garde cette nuit-là. Quand la police est appelée pour un cambriolage, elle accepte de remplacer l’un de ses collègues, jeune père impatient de rentrer chez lui. Sans imaginer un seul instant qu’en mettant les pieds à La Paloma, ce quartier à la vue imprenable sur la Méditerranée où de riches expatriés se sont bâti de luxueuses villas, sa vie va basculer irrémédiablement et qu’elle va désormais craindre sans relâche non seulement pour sa vie, mais pour ceux qui lui sont chers, son fils Lucas, Antonio son mari, et sa tante Ana, aveugle et sourde. Tandis que John Mackenzie, un policier écossais réputé pour son flair autant que pour son caractère exécrable, est détaché sur l’affaire où des compatriotes sont impliqués, le paysage paradisiaque de ces confins du continent européen se peuple de sourdes menaces.
Après les Hébrides, Peter May s’empare d’une autre région qui lui est chère, celle qui, à l’extrême sud de l’Espagne, voisine avec Gibraltar, infime possession britannique dans la péninsule Ibérique. Son flic au visage pâle s’y confronte au masque féroce d’une certaine Europe. 

Mon avis:

Encore une facette de l’auteur que je découvre; après l’Ecosse, la Chine, et la France l’auteur nous entraine en Espagne, plus précisément en Andalousie, puis à Gibraltar. 
Coté ambiance, je dois dire que j’ai regretté un peu  les atmosphères et paysages de l’Ecosse.
Mais coté rythme et enquête… je ne me suis pas ennuyée une seconde! Ça bouge, c’est à la fois trépidant et humain. Le passage de Mackenzie se déroule dans l’action, sans temps morts et il y a du suspense tout au long du roman. Sans oublier les sourires provoqués par la manière d’être du personnage. Des sourires mais aussi de l’émotion quand il s’agit des rapports entre lui et sa fille…

J’ai tout particulièrement apprécié deux personnages :

– John Mackenzie : flic, écossais, diplômé en physique quantique et en mathématiques et souhaite continuer et passer un diplôme d’ Astrophysique,, parle anglais, français, espagnol et arabe. Il es flic parce que son père l’était avant lui. Il est cash, franc du collier, incapable de mentir ou de ne pas dire ce qu’il pense. Brut de coffrage, agaçant, mais terriblement attachant !
Il est envoyé à Malage   par le Royaume-Uni pour ramener sur sol britannique l’ennemi Numéro 1, Cleland, recherché pour trafic de stupéfiants et meurtre d’un policier.
– Ana : la tante de la policière avec laquelle il va faire équipe. Ana est atteinte du syndrome d’Usher et elle a progressivement perdu la l’oui et la vue jusqu’à être devenu totalement sourde et aveugle.
Toutes les polices vont collaborer : Policía Nacional, Policía Local, Policía Judicial, Guardia au plan local et international ( Espagne, Royaume Uni, Gibraltar) et je ne vous en dit pas davantage pour vous laisser le suspense total… 

Extraits:

— Je crois que c’est parce que je dis ce que je pense, monsieur. Ma femme me reproche de ne rien filtrer. De manquer de tact.
— Vraiment ? J’imagine qu’elle est bien placée pour le savoir. Quelle sorte de relation entretenez-vous ?
— Rompue, monsieur. Nous sommes séparés.

Il m’a rendu un service, j’ai une dette envers lui. Si vous faites ça pour moi, c’est moi qui en aurai une envers vous.
— Un genre de guanxi, monsieur. […]
— Gwanshi ?
— C’est un concept de la culture chinoise. Un service rendu est un service dû.

Une pensée ne se concrétisait qu’au moment où on la transformait en mots ou en action.

Tout dans cette chambre – jusqu’à l’air qu’il respirait – le ramenait en arrière. Pris d’une envie de pleurer sur l’enfant malheureux qu’il avait été, il s’assit sur le lit, mais aucune larme ne lui vint. Juste des souvenirs durs et froids.

— Je savais bien que je n’aimais pas les Anglais.
Mackenzie sourit.
— Ne vous en faites pas. Moi non plus. Je suis écossais.

On s’habitue à rester seul. (Elle sourit.) Au bout d’un moment, j’ai même fini par aimer ça. Puisqu’on ne peut pas se fier aux autres, on ne compte que sur soi.
— Exactement. C’est pour ça que j’aime Internet. On peut être soi-même sans être jugé par quelqu’un. Personne ne sait qu’on ne peut pas entendre puisqu’on n’en a pas besoin. 

— Chaque caractère de l’alphabet braille est une combinaison de un à six points en relief disposés sur deux colonnes à l’intérieur d’un rectangle. En comptant la combinaison sans aucun point en relief, qui sert à indiquer une espace entre deux mots, il y en a soixante-quatre. L’alphabet, plus les symboles et la ponctuation.

Votre espagnol est excellent, señor. Mais si vous voulez être tout à fait correct, sachez que l’équivalent de LOL est jejeje.

L’image est une peau que les gens enfilent pour dissimuler leur vrai moi.

Mon seul avenir est de me pencher sur mon passé.

Je n’ai jamais pensé que ça finirait comme ça. Mais… vous savez… quand les choses vont de travers, on est obligé d’aller là où elles vous emmènent. Tant de choses ne peuvent être défaites.

Sur le mur, au-dessus du lit, une illustration montrait un garçon volant dans un univers étoilé, sous cet aphorisme : Me pregunto si las estrellas se iluminan con el fin que algún día cada uno pueda encontrar la suya. Que Mackenzie traduisit ainsi dans sa tête : Je me demande si les étoiles brillent pour qu’un jour chacun puisse trouver la sienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *