Galante, Valeria « Les sirènes de Naples » 2025 – 573 pages

Galante, Valeria « Les sirènes de Naples » 2025 – 573 pages

Autrice: Valeria Galante est le pseudonyme sous lequel écrivent Diana Lama (soeur) et Diego Lama (frère).
Diana : née le 15 juillet 1960 à Naples. Etudes de Medecine et Chirurgie – Spécialisée dans la chirurgie cardiaque.
Diego : né le 4 décembre 1964 à Naples. Ecrivain, architecte et journaliste. 

Valeria Galante est l’auteure de plusieurs romans historiques qui s’inspirent de l’histoire de sa propre famille. Elle raconte la vie de trois femmes, chacune exceptionnelle à sa manière. Une grande saga familiale, la fresque magistrale d’une époque et d’une certaine société.
3 livres à 4 mains : « Les sirènes de Naples » 2025 (La casa delle sirene – 2023) – La casa della colpa (2024) – La casa dei ritorni (2025)

City Editions – 20.08.2025 – 573 pages – ((La casa delle sirene – 2023 traduit par Helene Tordo) – Selection Prix Bancarella 2024. 

Résumé
Naples, 1850. Elvira épouse Giuseppe Morelli, un homme qu’elle ne connaît presque pas et pour lequel elle n’éprouve rien. Mais dans cette bonne société italienne dévorée par l’ambition, le mariage n’a rien à voir avec l’amour et beaucoup avec les sacrifices. Peu à peu, la jeune femme s’engage dans une vie sans joie rythmée par les obligations que son rôle lui impose.
Et telle une malédiction, le fléau se transmet à ses deux filles, contraintes de renoncer à leurs rêves et à leur liberté pour  » le bien de la famille « .
 » Fuir, mais où ? Cela signifiait qu’elle aurait dû abandonner sa maison, son argent, sa réputation. Et pour quoi ? Pour l’amour ? « .
Tandis que les Morelli se font un nom dans le commerce des tissus, l’Europe change. La guerre et les épidémies s’acharnent sur la famille. Jusqu’au jour où un sombre secret refait surface. Un secret qui, tel l’irrésistible chant des sirènes, pourrait tout changer.
Et donner aux trois femmes la force d’arracher le droit de vivre enfin leurs rêves…

Mon avis:

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans une saga familiale…
C’est l’histoire des Morelli, de leur croissance dans le milieu du textile, de la création des Grands magasins, à travers la vie de trois femmes et de leur famille. L’autrice nous raconte l’histoire de sa famille entre 1850 et 1900, au travers de trois femmes : Elvira de 1850 à1866, puis ses deux filles, Angela de 1867 à 1883  et Giuseppina de 1884 à 1900.  On va traverser la moitié du XIXème siècles et vivre les mariages arrangés, les viols ou rapports sexuels non consentis, la mode, la condition de la femme, la naissance  et le développement du commerce, les rapports familiaux ambigus, les devoirs des enfants, l’épidémie de choléra, se familiariser avec ce qu’on nommait à l’époque la « roue des exposés » et bien d’autres choses. Le livre martèle qu’il faut oser faire des choix, être soi-même mais dans cette société du XIXème siècle à Naples, les mentalités ne sont pas faites pour atteindre cet objectif.

Malheureusement je n’ai pas été emballée. J’ai bien aimé, sans plus. Je n’ai éprouvé d’empathie – ni même d’un minimum de sympathie pour les personnages à l’exception de Giuseppina (qui se dévoile dans la troisième partie du roman). Je me suis ennuyée par moments , le livre m’a paru long et répétitif et l’émotion n’est pas souvent passée, même si certaines scènes auraient pu émouvoir… Je ne sais pas si le but était de dépeindre des personnages plus désagréables les uns que les autres ( tant masculins que féminins) mais là, mission réussie. 

Je reconnais toutefois que l’évolution de la société et le contexte socialo-historique, la condition de la femme m’ont intéressés ainsi que la description de la ville de Naples au XIXème siècle, et c’est la raison pour laquelle je me suis accrochée.

Extraits: 

Certes, il n’avait fallu que quelques années pour que les Morelli engrangent leur fortune, et ils ne pouvaient être considérés comme pauvres, mais c’étaient des marchands. Ils ne faisaient pas partie de la noblesse. C’était une catégorie à part. Pour intégrer les cercles distingués, il fallait du temps et de la patience.

le peuple était responsable des émeutes, qu’il était comme une bête vorace qui profitait de la moindre occasion pour occuper l’espace et ruiner le travail de plusieurs années.

La réputation valait plus que tout autre chose pour une femme, plus que sa beauté, sa bonté ou son intelligence. Plus que sa fortune.

L’amour n’avait rien à voir avec le mariage, et la passion rien en commun avec la famille ou le foyer. Il s’agissait de mondes totalement séparés.
Quelle erreur de vouloir les faire coïncider !

La roue tourne, pensa-t-elle, et ne s’arrête jamais pour personne. C’est pour cela qu’il fallait vivre pleinement chaque instant de sa vie, toujours, sans remords ni regrets.

Que Fortuna pouvait-elle savoir de l’amour ? Elle ne savait même pas lire ! Elle ignorait tout des histoires d’amour comme on les racontait dans les livres.

Elles restèrent silencieuses mais, entre elles, la colère pesait dans l’air comme un être vivant.

Certes, sa mère la traitait comme un meuble, seulement plus encombrant et plus ennuyeux.

Elle ignorait quel était son mal. D’ailleurs, cela ne l’intéressait pas. Elle ne parlait pas parce qu’elle n’avait rien à dire. La vie était devenue un lent manège de personnes, de paroles, de jours, de regards et de rien.

— Le temps efface tout, modifie les souvenirs, les affections. Il détruit tout, y compris la rancœur
— C’est peut-être nous qui changeons […]

La vie va vite et on n’a pas le temps de ruminer.
— Que dis-tu ? Tu sais, il me semble parfois que la vie passe très lentement, et que j’ai trop de temps, répondit-elle sans tristesse.

C’est une vieille histoire, morte et enterrée.
— Les histoires ne meurent pas. Elles ne meurent jamais.

 

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