Pavičić, Jurica « Mater Dolorosa » (2024) 408 pages

Pavičić, Jurica « Mater Dolorosa » (2024) 408 pages

Auteur : Jurica Pavičić (est un écrivain, scénariste et journaliste croate, né à Split  le 2 novembre 1965. Il collabore depuis 1989 en tant que critique de cinéma à différents journaux. Il est l’auteur de sept romans, de deux recueils de nouvelles, d’essais sur le cinéma, sur la Dalmatie et le monde méditerranéen, de recueils de chroniques de presse… Ses nouvelles et ses essais ont été traduits en anglais, en allemand, en russe, en italien et en bulgare. Son roman Les moutons de gypse a été adapté au cinéma par Vinko Brešan, sous le titre Witnesses (Svjedoci), film qui a remporté le prix œcuménique du jury du Festival de Berlin en 2003. Le prix du meilleur scénario a été décerné à Jurica Pavičić pour ce même film au Festival de Pula la même année. (Infos site Argullo)

Romans parus en Français : L’eau rouge (Crvena voda 2017) (11.03.2021) 384 pages – La femme du deuxième étage (Žena s drugog kata 2015)(15.09. 2022) 239 pages – Mater Dolorosa  (Mater Dolorosa 2022) (2024) 

Recueils de nouvelles : Le Collectionneur de serpents (Skupljač zmija (2019) (2023) – contient les nouvelles Le Collectionneur de serpents, Le Tabernacle, La Patrouille sur la route, La Sœur et Le Héros

Agullo Noir – 05.09.2024 – 395 pages – traduit du croate par Olivier Lannuzel / Point poche policier 19.09.2025 408 pages

Résumé:

Un thriller social qui brosse un portrait mélancolique et sensible de la société croate contemporaine. Split, automne 2022. La ville se dirige lentement vers l’hibernation d’après-saison touristique. Ines travaille à la réception d’un hôtel. Sa mère, Katja, est femme de ménage et s’occupe de la maison, d’Ines et de son frère. Zvone, policier prometteur, se voit alors confier une enquête : un cadavre a été retrouvé dans une usine désaffectée. 

C’est celui de Viktorija, 17 ans, fille d’un éminent médecin. Ce meurtre bouleversera à jamais leur destin à tous… « Un thriller social à trois voix pour un portrait mélancolique de la société croate ». 

Mon avis:

Split à la morte saison… le moins que l’on puisse dire c’est que cela semble tristounet… le temps semble traîner en longueur… comme le roman qui avance lentement…. Tout est encore bien branlant dans cette société meurtrie, cette ville éteinte dès que les touristes quittent les plages et le bord de mer.
En général ce n’est pas pour me déplaire car à défaut d’action, le récit psychologique et social occupe la place, mais là c’est quand même très lent et on s’enlise…Ça va s’accélérer mais presque vers la fin…  Les principaux personnages sont  Katja la Mater dolorosa, Ines sa fille qui travaille dans un bel hôtel du centre de la cité balnéaire et Mario son fils qui glande jour et nuit. Et on rajoute Zvone, le jeune policier qui mène l’enquête sur la découverte du corps de Viktorija, une jeune fille de 17 ans.
Le coupable… on soupçonne dès les premières pages son identité. Mais a-t-on raison ? Je ne vais pas vous le dire … il faut bien qu’il y ait un petit doute…  il n’y a pas que lui à être le coupable potentiel… et quand les réseaux sociaux s’en mêlent…
Ce qui m’a intéressé est la question qui est pour moi centrale dans le roman. Comment réagir en tant que proche d’une personne que l’on soupçonne d’être un horrible meurtrier ? Se sent-on coupable de le soupçonner et de ne pas avoir confiance en cette personne ? Ou alors est-on prêt à le défendre, à manipuler des preuves, à le couvrir ? La relation mère-fils ou soeur-frère est-elle au-dessus de tout ? Pas si simple les liens du sang ….
Alors intéressant mais longuet. Nettement moins aimé que les précédents car pas de sympathie pour les personnages. Et tout est voilé de gris, révèle une tristesse indescriptible… 

Avec cet auteur je visite Split au fil des années : tout  commence en 1989 avec  L’eau rouge», en 2006 avec La femme du deuxième étage et nous voici à l’automne 2022 avec Mater Dolorosa. 

Extraits:

Qu’ils soient assis ou couchés, qu’ils mangent ou qu’ils regardent un film, qu’ils entrent dans un bus ou dans une salle d’attente, ils sortent aussitôt leur portable et se plongent dedans comme s’ils allaient puiser dans cet écran noir une révélation divine.

Une mère comprend ça. Et Katja sait que la Vierge la comprend. Elle la comprend comme une mère comprend une autre mère, car les fils sont toujours un malheur, mais, quoi qu’il arrive, une mère ne donne pas son fils.

Elle racle son passé à la brosse métallique jusqu’à ce que la contre-lame de la culpabilité ne vienne la rattraper.

 

One Reply to “Pavičić, Jurica « Mater Dolorosa » (2024) 408 pages”

  1. Tu écris : « Comment réagir en tant que proche d’une personne que l’on soupçonne d’être un horrible meurtrier ? Se sent-on coupable de le soupçonner et de ne pas avoir confiance en cette personne ? Ou alors est-on prêt à le défendre, à manipuler des preuves, à le couvrir ? La relation mère-fils ou soeur-frère est-elle au-dessus de tout ? Pas si simple les liens du sang …. »

    Voilà qui devrait rendre un roman intéressant. Mais, par les temps qui courent, les lecteurs préfèrent les romans qui font environ 300 pages, avec des chapitres de 2000 à 2500 mots. Le lecteur veut pouvoir finir un chapitre entre deux obligations du quotidien.
    Donc 401 pages, c’est trop pour attirer le lecteur au temps du fast-read.

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