Martin, Madeline « La librairie des rêves ensevelis » (2022) 342 pages

Martin, Madeline « La librairie des rêves ensevelis » (2022) 342 pages

Autrice: américaine, née le 3 avril 1980 . Elle vit à Jacksonville en Floride avec son mari et ses deux filles. 

Romans: « La librairie des rêves ensevelis » (2022)  « La gardienne des livres interdits » (2025) 

Charleston éditions – 15.02.2022 – 295 pages – /Poche J’ai lu – 05.04.2023 – 342 pages ( « The Last Bookshop in London », 2021 – traduit par Elisabeth Luc)

Résumé:
Août 1939. Grace Bennett a toujours voulu s’installer à Londres, mais le travail qu’elle décroche dans une petite librairie est bien loin du glamour dont elle rêvait. Les étagères croulent sous les livres où s’entasse la poussière, le propriétaire est aussi austère que son établissement exigu, et dehors, la guerre gronde déjà. Pourtant, entre les black-out et les évacuations, Grace trouve dans la lecture un trésor insoupçonné. 

Lorsque le Blitz ravage la ville et que la panique gagne les abris, Grace puise dans les merveilles de la littérature pour apporter aux autres, et à elle-même, l’espoir de jours meilleurs. Un roman inspirant et vibrant sur le pouvoir des livres.

Mon avis: ❤️❤️❤️❤️❤️

Je ne vais pas trop vous en dire car il ne faut pas divulgâcher et vous laisser ressenti tout le bonheur eu à la lecture de ce roman. 

Avec Grace Bennett nous allons vivre à Londres entre août 1939 et la fin de la guerre.
Grace va s’installer à Londres avec sa meilleure amie, Viv dans la maison d’une amie de sa mère, récemment disparue. Les deux jeunes filles sont des amies inséparables  Grace a dû quitter sa campagne (Drayton) car elle s’est fait plus ou moins chasser par son oncle qui a emménagé dans la maison et Vic fuit des parents autoritaires.
Leur première préoccupation est de trouver un travail. Vic a un certificat et va se faire embaucher chez Harrods mais c’est moins évident pour Grace qui n’a aucun papier malgré le fait qu’elle ait travaillé pendant plusieurs années dans la quincaillerie de son oncle.
Sa logeuse, Mrs Weatherford , va lui trouver un emploi pour 6 mois dans une librairie vieillotte et pleine de poussière dont le propriétaire est un libraire tout sauf aimable qui accepte de l’employer par amitié pour sa logeuse… Cette librairie est  loin de valoir les librairies de Paternoster Row, au cœur de la City de Londres . De plus ce travail est loin de l’enchanter, elle qui ne lit pas !
Grace va décider – en forçant la main de son employeur, Monsieur Evans de rendre la librairie attractive et conviviale… Et elle va découvrir la lecture et va faire partager son amour des livres aux personnes qui l’entourent, à sa façon à elle. 

C’est l’époque où le gouvernement demande aux gens d’arracher leurs fleurs et le transformer en potager , à «cultiver la victoire» , où  les enfants sont envoyés à la campagne loin des parents, où les jeunes sont envoyés au front…  Sous les bombes et en plein Blitz nous allons partager la vie de Grace, ses joies, ses peines, ses engagements.
Un livre sur l’amour des livres, l’amour des gens, l’amitié et l’amour dans une ambiance dantesque, sous les bombes qui pleuvent sur la ville de Londres. Et un livre sur l’entraide, la solidarité, l’espoir…
J’ai découvert Paternoster Row, au cœur de la City de Londres, la naissance du livre de Poche…

Il faisait partie du Top 5 des lectures 2024 de ma sœurette N@n , alors il ne pouvait que me plaire… et c’est chose faite. J’ai adoré ce roman qui mêle amour des livres et Histoire. 

Pour finir cette petite chronique, je ne résiste pas. Je vous met une petite liste des livres cités  dans le roman : – John Dickson Carr « Les Yeux en bandoulière » – « Le Naufrage du Titanic »

– Alexandre Dumas « Le Comte de Monte-Cristo » – Emily Brontë  « Les Hauts de Hurlevent »
– Charles Dickens  « Le Conte de deux cités » –  « Un chant de Noël «  – « Les aventures de Mr Pickwick » – Jane Austen « Emma » – « Raison et sentiments » –  Mary Shelley «  Frankenstein » – Daphné du Maurier « Rebecca » – Nancy Milford « Tir au pigeon » – William Somerset Maugham  « Servitude humaine » – George Eliot. « Middlemarch » – Virginia Woolf « Les Vagues» – Winifred Holtby « South Riding » – Thackeray « La Foire aux vanités » – William Harrison Ainsworth « Old St. Paul’s » – Kathleen Winsor « Ambre » – Francis Scott Fitzgerald « Gatsby le magnifique »

Extraits:

— La guerre est proche et les gens achèteront bientôt autre chose que des livres.
Grace réunit les rubans arrachés et se redressa — Ils auront aussi besoin de se divertir, objecta-t-elle.

— La connaissance est le meilleur moyen de lutter contre la peur.

Paternoster Row, histoire de trouver quelques bonnes idées.
— Cette rue est un haut lieu de l’édition, répondit-il. On y trouve non seulement des librairies, mais aussi des imprimeurs, des relieurs et plusieurs éditeurs. Certains sont spécialisés dans la religion, ce qui n’a rien d’étonnant compte tenu de l’histoire des lieux.

— Lire, c’est… c’est voyager sans prendre le train ou le bateau, c’est découvrir de nouveaux mondes merveilleux, c’est mener une vie à laquelle on n’est pas destiné, avoir une chance de voir les choses avec les yeux d’un autre, c’est apprendre sans risquer l’échec et ses conséquences. Quel meilleur moyen de réussir ? Je crois qu’il existe au fond de chacun d’entre nous un vide à combler. Pour moi, ce sont les livres qui jouent ce rôle, avec les expériences multiples qu’ils nous procurent.

« Illuminez votre black-out à l’aide d’un bon livre. »

— Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler les hommes, cita le libraire.

Elle se contentait de survivre. Pour elle, la vie n’était plus qu’un livre dont toutes les pages restantes étaient vierges. Elle était impatiente d’arriver à la fin pour le refermer enfin.

Enfin, elle ouvrit le livre. Le dos encore intact se brisa et le volume se révéla telle une porte dérobée donnant accès à un monde secret.
Lorsqu’elle tourna les pages vers le premier chapitre, le bruissement du papier envahit le magasin. Elle huma l’odeur indescriptible de l’encre et du papier, connue seulement des véritables lecteurs. Elle porta le livre ouvert à son visage et ferma les yeux pour en savourer le parfum merveilleux. 

Elle aimait les aventures qu’elle vivait au fil des pages. Plongée dans un livre, elle oubliait la fatigue, les bombardements, le rationnement. À mesure qu’elle s’introduisait dans l’esprit des personnages, elle comprenait mieux l’âme humaine, un recul qui faisait d’elle une femme plus patiente et tolérante. Si tout le monde avait eu une telle sollicitude envers les autres, la guerre n’aurait pas existé.

La mesquinerie était un trait de caractère acquis et non inné. Peut-être avait-il enduré des épreuves qui l’avaient rendu méchant.

Elle découvrit un petit livre à couverture verte, d’un format inhabituel, à peine plus grand que sa main.
— Ils sont produits en Amérique spécifiquement pour que les soldats puissent les ranger dans leur poche, expliqua-t-il avant même qu’elle ne l’interroge. C’est une excellente idée, je trouve.

Image : Paternoster Row After Bombing art print by Cecil Beaton 

2 Replies to “Martin, Madeline « La librairie des rêves ensevelis » (2022) 342 pages”

  1. Très contente que cette jolie pépite humaniste, mêlant l’amour des livres à des sentiments positifs, malgré le sombre contexte historique, t’ait plu, Soeurette ! 😉

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