Van Cauwelaert, Didier «Jules» (2015)

Van Cauwelaert, Didier «Jules» (2015)

Auteur :  Didier van Cauwelaert cumule prix littéraires et succès public depuis ses débuts. Prix Goncourt pour Un aller simple en 1994, il a publié récemment « Le principe de Pauline » (2014) ,  «Jules» (2015) , On dirait nous (2016)  et « Le Retour de Jules » (2017)  exceptionnels succès de librairie. En tant que metteur en scène, il vient de réaliser pour le cinéma « J’ai perdu Albert » (Roman sorti en 2018)

Résumé : « À trente ans, Alice recouvre la vue. Pour Jules, son chien guide, c’est une catastrophe. Et en plus on les sépare. Alors, il se raccroche à moi. En moins de vingt-quatre heures, ce labrador en déroute me fait perdre mon emploi, mon logement, tous mes repères. Il ne me reste plus qu’une obsession – la sienne : retrouver la jeune femme qui nous a brisé le cœur. »

Entre une miraculée de la chirurgie et un vendeur de macarons, une histoire de renaissance mutuelle et de passion volcanique orchestrée, avec l’énergie du désespoir, par le plus roublard des chiens d’aveugle.

il y a une suite si jamais : Van Cauwelaert, Didier « Le Retour de Jules » (2017)

Mon avis : Il n’y a pas à dire .. c’est un auteur que j’adore ! Une fois de plus, je suis sous le charme.. Magnifique ! Plein de tendresse ! Un roman sur l’amour, l’amitié, la reconstruction. Un livre aussi sur l’importance de l’amour que nous portent les animaux. Le personnage principal ? Un chien d’aveugle. Les chantiers de reconstructions ouverts : une vie qu’un viol a chamboulée, la renaissance après une opération, la remontée dans l’estime de soi après avoir été démoli par la cupidité. L’influence de l’argent (petit clin d’œil : Trouville, Ladurée, Louboutin , de l’appartenance sociale(le monde diplomatique, les intellectuels, les personnes qui ont des relations) , de l’apparence physique ( beau ou pas, arabe ou pas, jeune ou pas,)…Un livre tout en délicatesse qui fait la part belle aux solitaires- solidaires, à l’instinct, à la fidélité, à la confiance.. Il faut croire en soi et en les autres, avoir un but, ne pas se laisser rabaisser, être soi-même… et surtout dans la vie, il faut se sentir utile, important pour autrui pour se sentir bien dans sa peau…

Un livre qui fait du bien, plein de sourires, d’éclats de rire, mais aussi de vérités… Et hop .. dans les coups de cœur…

Extraits :

Hauts talons canari, minishort rouge et top turquoise, elle ne risquait pas de se faire écraser par temps de brume.

j’ai une conception trop haute de l’amour pour y mêler notaires ou avocats. Je préfère garder les bons souvenirs en évacuant le reste. Ce que ma mère appelle « se faire piétiner » – alors que, justement, je survole.

Trois titres universitaires en arts martiaux m’ont donné un ascendant naturel que j’évite généralement d’exercer, parce que j’y prends un plaisir malsain qui me reste ensuite sur l’estomac pendant trois jours. Sauf dans les cas d’urgence, il est tellement plus gratifiant d’abandonner à son adversaire l’illusion de la victoire tout en sachant combien il serait facile de l’écraser.

Il doit être sexy comme une pâte à tarte, mais bon.

Dans l’immédiat, ça me fout le cerveau en jacuzzi et j’ai l’impression d’être expulsée de mon crâne par la montée des eaux.

Dans la réalité, j’ai lu poliment la Bible et le Coran, mais je préférais Jules Verne et Alexandre Dumas

A défaut de me reconnaître, je me redécouvrais.

Je veux vivre, c’est tout. Arrêter de compenser, de recréer, de me faire avoir par les apparences – les pires : celles que j’ai projetées.

Uniformisés, formatés, aseptisés par le politiquement correct, la sinistrose chronique, la dictature du bio, la mauvaise conscience et le nombrilisme actif. Ce « développement personnel » dont les médias leur bourrent le crâne, et qui n’est qu’un élevage en batterie.

Bien sûr, je t’aime toujours. Mais autrement. Avec un « bien sûr », et un « toujours » qui signifie « encore ».

Mon chien me manque. Terriblement. Lui seul savait anticiper mes détresses, désamorcer mes coups de blues, amplifier mes joies, les faire siennes…

C’est fou comme je ressemble à ce chien. Diffamé, désaffecté, abandonné, indésirable. Et pourtant prêt à repartir comme avant, à décrocher la lune dès qu’on m’en croit capable.

Voilà que, feuille après feuille, je m’autorise à revisiter le passé, à le remettre en forme, moi qui ne vivais qu’à l’indicatif présent et au futur simple. Je revois ma vie d’avant le noir, je renoue le fil, je mesure le changement. J’essaie de fixer les émotions. D’exprimer l’essentiel.

Un seul grand principe : c’est notre désir de communiquer qui crée la liaison mentale. Les animaux n’attendent que ça, et le captent aussitôt. Leur grand problème, voyez-vous, c’est leur difficulté à se faire entendre.

Ce sont nos rêves impossibles qui gouvernent nos vies, vous ne croyez pas ?

La reconnaissance et l’ingratitude s’affrontent en moi. La stabilité que je lui dois et l’envie de prendre le large. Elle n’est pas ma bouée, non. Elle est mon ancre.

Tout a un sens, pour peu qu’on ait un but. Le hasard sourit aux gens préparés, comme dit le proverbe arabe.

Le dîner s’alourdit comme un entracte qui n’en finit plus.

Je ne sais pas où on va. Mais quel bonheur d’y aller à l’aveuglette.

je ne supportais pas la violence que je percevais en lui. La violence pure, au service des grands idéaux et des grands mythes. La pire, peut-être. Celle qui veut notre bien et contre laquelle on ne gagne jamais.

 

En couverture : ma chienne, une labrador ( pas golden 😉 mais labrador quand même..

5 Replies to “Van Cauwelaert, Didier «Jules» (2015)”

  1. « Jules »… je l’adore aussi !
    A chaque fois que je lis un roman de van Cauwelaert, je me retrouve transportée dans une atmosphère particulière qui rend la vie plus belle.
    Il a l’art de dénicher des situations inédites et ses personnages sont toujours attachants
    J’adore ! ! !
    Cet auteur reste l’un de mes chouchous 😉

  2. J’ai mis du temps à attaquer Jules mais je me suis enfin décidée et j’ai bien fait.

    Un étalage de macarons qui s’écroule, des escarpins Louboutin déchiquetés… on dirait que Jules prend plaisir à s’attaquer à mes péchés mignons dans une ville que j’aime beaucoup : Trouville.

    Un roman qui fait du bien et qui rappelle que la vie, ce n’est pas uniquement les horreurs de l’actualité mais que c’est aussi une succession de petits bonheurs.

    Vivement la suite !

  3. Pour ma part c’est ma première lecture de cet auteur et je ne regrette pas mon choix. J’ai passé un super moment avec Jules et tous ses amis et ne vais pas tarder avant de les retrouver dans la suite de leurs aventures.

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