Van Cauwelaert, Didier «J’ai perdu Albert» (2018)

Van Cauwelaert, Didier «J’ai perdu Albert» (2018)

Auteur :  Didier van Cauwelaert cumule prix littéraires et succès public depuis ses débuts. Prix Goncourt pour Un aller simple en 1994, il a publié récemment « Le principe de Pauline » (2014) ,  «Jules» (2015) , On dirait nous (2016)  et « Le Retour de Jules » (2017)  exceptionnels succès de librairie. En tant que metteur en scène, il vient de réaliser pour le cinéma « J’ai perdu Albert » (Roman sorti en 2018)

Albin Michel, 28.03.2018 – 216 pages

Résumé : « Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. »
Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein…
Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, Didier van Cauwelaert invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux.

 

Mon avis : Encore un livre de cet auteur que j’aime beaucoup : plein d’humour, de personnages savoureux, d’idées charmantes et qui aborde des sujets importants comme la disparition des abeilles ; de fait l’auteur semble bien connaitre la vie d’Albert Einstein qui avait lui-même fait la prédiction suivante : « Le jour où les abeilles disparaîtront, l’homme n’aura plus que quatre années à vivre. »

L’autre sujet abordé est l’importance que les puissants de ce monde (et les autres) accordent aux visions des voyantes… et aussi l’importance démesurée que les mediums accordent à leurs visions au point de ne plus vivre une vie ou leurs gestes sont guidés par leur propre réflexion. Le sujet de l’amour est également abordé : l’importance d’etre aimé pour soi et non pour ce que l’on représente. Et l’importance de se faire confiance… Une comédie qui sortira au cinéma en automne 2018…

Le personnage principal ? Un esprit … celui d’ Einstein qui migre d’un corps à un autre et qui lie de ce fait deux êtres en vrac… Deux personnes que rien ne rapproche si ce n’est le fait qu’ils sont paumés, et trainent leur mal de vivre et leur manque d’amour. J’ai adoré ce lien fantastique et ce qui va en découler, même si ce n’est pas mon livre préféré de cet auteur, c’est une jolie fable pleine de poésie qui m’a fait sourire bien des fois.

 

Et si la vie d’d’Einstein  vous intéresse, profitez-en pour lire le roman de Seksik, Laurent  : Le cas Eduard Einstein (2013)

 

Extraits :

En interprétant de travers une image prémonitoire, j’avais contribué à ce qu’elle devienne réalité. C’était là tout le paradoxe de la voyance – les relations ambivalentes de l’espace et du temps

L’avenir est une force en mouvement, pas une donnée stable. Y a aucune certitude. C’est ton moral, ta volonté de te battre ou non, tes espoirs ou tes doutes qui décident du moment…

Mais on s’en fout de la démonstration ! Ce qui compte, c’est le résultat.
– Décidément, mademoiselle, vous n’êtes pas faite pour la physique.

il est sa raison d’être, on ne peut pas s’attaquer comme ça au seul pilier de sa vie…
– Mais il va lui tomber sur la gueule, son pilier !

Je ne savais pas à quel point il est difficile de trancher, de se prononcer toute seule. Comment font les gens, quand aucune voix intérieure ne les guide ?

En fait, l’avenir n’est pas forcément une fatalité que je capte, c’est peut-être le produit de mes choix. Pourquoi s’en priver ?

– J’aimerais être aimé pour moi-même. C’est con, hein ?
– J’sais pas. Ça m’est jamais arrivé.

J’ai passé une nuit hallucinante de douceur. Comme si nos vides affectifs étaient devenus un terrain d’entente, un patrimoine commun. On était les mêmes, à des années-lumière. Issus de mères en béton armé et de pères trop tôt disparus, on s’était toujours crus indignes d’être aimés. Résignés à ne pouvoir combler que des profiteurs ou des manipulatrices. Condamnés aux plantages à court terme qui justifiaient nos complexes.

Jusqu’au lâcher-prise, à la confiance mutuelle, au début du plaisir en copilotage. Pour finir dans une bulle de tendresse, serrés l’un contre l’autre, avec ses mots truffés de silence renouant le fil de nos angoisses

 

 

 

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