Aphatie, Jean-Michel «La liberté de ma mère» (2018)

Aphatie, Jean-Michel «La liberté de ma mère» (2018)

Auteur : né le 8 septembre 1958 à Moncayolle-Larrory-Mendibieu dans les Pyrénées-Atlantiques2, est un journaliste politique français.
Il travaille principalement sur la radio RTL de 2003 à 2015, tout en étant chroniqueur politique dans Le Grand Journal de Canal+ de septembre 2006 à juin 2015.
Le 27 mai 2015, il change de radio pour Europe 1, où il anime pendant un an la tranche 12 h-14 h en compagnie de Maxime Switek. Le 26 juin 2018, après avoir effectué ses interviews politiques matinales sur France Info durant deux ans, Jean-Michel Aphatie revient sur Europe 1

 20.06.2018 – J’ai lu – 108 pages

Résumé : Mai 68 a cinquante ans et continue d’effrayer les nostalgiques des temps anciens. Catherine et Jean-Pierre ont vécu Mai 68 dans la campagne basque. Sans bruit et sans esbroufe, ils ont été des combattants décidés de leur liberté. Ils ont fait de Mai 68 une belle chose. Catherine était ma maman. Jean-Pierre était mon papa.

 Mon avis :  Ce livre est un témoignage sur la période des années 50-60. C’est la libération de la femme au travers la vie de sa mère, Catherine qui va prendre son envol en tant que femme libre, d’abord en Solex, puis en passant le permis de conduire. C’est l’époque de la liberté sexuelle, de la pilule …

L’auteur nous raconte sa famille … Ses grands parents fermiers, ses parents qui font construire une maison avec en point d’orgue une salle de bain, la vie à l’usine, le plein emploi, la démocratisation des loisirs. Il nous raconte comment son passage à l’armée va conditionner le reste de sa vie.  Les années 60 : l’avènement du monde moderne ; le pays Basque se désenclave, tout comme la campagne. Paris est toujours la France mais la France entre dans les villages par le biais de la télévision.

Joli témoignage en hommage à l’esprit de liberté qui a soufflé sur la vie de ses parents, en particulier de sa maman.

 Extraits :

Il a pris, lui aussi, un travail à l’usine. Le couple qu’il forme désormais avec Catherine ressemble aux millions d’autres qui assurent à la France prospérité et stabilité.

Leur ambition, c’était d’accéder à une forme de paradis inédite pour des gens d’extraction modeste. Faire construire une maison, un toit, des murs, pour abriter dedans une petite famille, mon frère et moi, et leur amour.

Mai 68 s’est enraciné d’abord dans cette salle de bains

D’où m’est venu le goût de la lecture ? Mystère.

D’un coup, la vie torrentueuse entrait dans ce foyer ordinaire et me rendait surtout sensible à la banalité de nos existences.

Pourquoi Paris ? Parce que la télévision.

La télévision nous racontait la France, mais la France qu’elle nous montrait, c’était Paris, Paris et encore Paris.

Alors moi, issu de cette longue lignée de paysans qui n’avaient jamais quitté la Soule, je nourrissais mes envies et mes rêves d’habiter un jour dans la grande ville au nom de cette évidence : la France, c’était Paris.

Le plus raisonnable, cependant, était d’imaginer un futur semblable aux siens, borné physiquement dans l’espace de ce Pays basque, borné aussi pour l’esprit, car la culture et le divertissement prenaient peu de place dans cet univers.

Solex, antique vélo déséquilibré par un petit moteur situé à l’avant.

À la fin de cette décennie, ce sera la maison, et tout ce que la modernité de l’époque peut offrir à un couple modeste et besogneux qui connaît, par le miracle de l’endettement, une ascension sociale et matérielle considérable.

Et c’est là, dans cette fulgurance sociale qui brise l’ordre ancien, qu’éclôt l’aspiration individuelle.

Toutes ces expériences, plus sombres que lumineuses, car rien ne peut vraiment refermer les plaies de l’enfance, l’avaient pour une partie muré en lui-même.

Lucien Neuwirth, c’était son nom, expliqua à Charles de Gaulle que le progrès est une bête opiniâtre. Mieux valait l’encadrer que l’ignorer.

On disait qu’elles avaient « fauté », alors qu’elles avaient seulement « aimé ».

cette recherche individuelle qui nous donnerait la force de construire nos vies par la seule force de nos choix.

Mais la prospérité était là, et il devenait légitime de consacrer un peu de son temps aux loisirs, voire à la culture, sans subir l’opprobre ou susciter la moquerie.

 

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