Kellerman, Jonathan et Jesse «Exhumation » (2018)

Kellerman, Jonathan et Jesse «Exhumation » (2018)

Auteurs : Jonathan Kellerman, né en 1949 à New York, psychologue clinicien spécialisé en pédiatrie, est l’auteur de plus de trente thrillers traduits dans le monde entier. Une figure incontournable du genre, superstar en Grande-Bretagne et aux États-Unis, lauréat de nombreux prix, dont un Edgar Award pour Le Rameau brisé. Il vit à Los Angeles avec son épouse, la romancière Faye Kellerman.

Le Seuil – 8.11.2018 – 400 pages – Traduit par : Julie Sibony

Clay Edison : la nouvelle série des Kellerman père & fils ( tome 1)

Résumé : « À un moment, vous devez prendre une décision. Vous devez cocher des cases. Le fait qu’il existe un nombre infini de manières de mourir mais seulement cinq catégories de mort en dit long sur notre désir de simplicité.
Homicide.
Suicide.
Naturelle.
Accidentelle.
Indéterminée.
Mon boulot commence avec les morts mais continue avec les vivants. »

 

San Francisco. Un jeune coroner, Clay Edison, enquête sur la mort suspecte d’un excentrique professeur de Berkeley. Ce décès en apparence naturel va obliger Clay à déterrer le passé, car ce mort en cache un autre, bien plus ancien, et bien plus sordide.

Mon avis :

Première fois que je lis un livre de Kellerman. Clay Edison est appelé sur une scène de crime. A première vue, il s’agit d’un accident. Un homme est mort suite à une chute dans l’escalier. Affaire classée. Sauf que… la fille de la victime est persuadée du contraire et elle relie la mort de son père avec un décès survenu des années plus tôt dans l’entourage professionnel de son père. Et comme Clay ne semble pas indifférent à la fille en question, il va se mettre à enquêter avant de boucler le dossier. En fait l’idée de voir une enquête à travers les yeux du coroner est sympa. Pas tout à fait policier. Remuer le passé va déranger bien des gens.

J’ai bien aimé même s’il y a des longueurs et un peu beaucoup de pistes à suivre. Mais au final c’est un bon moment de lecture et maintenant que j’ai fait connaissance avec Clay, je pense que je vais le suivre.

 

Extraits :

Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, pourquoi n’est pas une vraie question. C’est une expression de désespoir. Même si je connaissais la réponse, je ne suis pas sûr que quiconque pourrait l’encaisser.

Plus le cerveau est souple, plus il se laisse facilement asservir par ce féroce petit dictateur sanguinaire qu’est le cœur.

Le cycle des saisons. Fini l’effervescence estivale, supplantée par une quiétude à la fois apaisante et désolée, avec pour seul mouvement celui des feuilles mortes voletant dans le vent.

Une des bizarreries de la nature humaine est que nous avons rarement peur des choses qui peuvent vraiment nous tuer. À l’exception de Zaragoza, peu de gens font des cauchemars sur le cancer, les maladies du cœur ou le diabète. Les meurtres sur des inconnus, aussi rares soient-ils, sont la quintessence de l’aléatoire et attisent une quantité disproportionnée de terreur. Et ce qui va de pair avec la terreur : la couverture médiatique.

À l’ouest de San Pablo Avenue, le quartier changeait. Pas en pire, exactement ; mais en plus fatigué. Des mauvaises herbes en rang de bataille. Des meubles d’intérieur vivant en extérieur. Une âme créative avait érigé une « clôture » en grillage de soixante centimètres de haut dont les piquets étaient des cages à tomates, le tout maintenu par des tortillons en fil de fer.

Dans le contrecoup d’un deuil, on s’agite dans tous les sens, on amasse les souvenirs. On croit que c’est ça qu’on veut : la moindre trace. Mais en vérité c’est seulement par un acte d’ignorance délibérée qu’on réussit à avancer.

Saisir l’image qu’on se fait du défunt. L’encadrer et ne plus y toucher.

Toute nouvelle information vous oblige à réviser cette image. À briser le verre et à dégeler le temps. Ça vous rappelle que, malgré tout l’amour que vous pouviez avoir pour quelqu’un, il y a certaines choses de lui que vous ne connaîtrez jamais. Cet écart irréductible entre deux personnes, déjà douloureux dans la vie, s’agrandit de façon insupportable.

Tu sais ce que ça veut dire, Ph. D. ?
– Philosophiæ doctor.
– Pharamineuse Déception.

Le jeu que Linstad avait choisi comme stimulus s’appelait Bloodbrick 3D.
Un truc où il faut buter le maximum de gens.

Ce qui est vrai pour un lancer franc l’est aussi pour un coup de poing : plus la trajectoire est rectiligne, plus elle doit être précise. Essayez de m’atteindre à la tête et, même si vous ratez, vous pourrez peut-être me casser la clavicule. Visez pile mon nez et votre marge d’erreur rétrécit.

– Je ne m’y risquerais même pas en rêve.
– Oh, ne dites pas ça, ne dites jamais ça. Qu’avons-nous d’autre dans la vie que nos rêves ? »

Mais ce n’est pas pour rien qu’on dit de ces années de la vie qu’elles sont formatrices. Les souvenirs gardent toute leur intensité. Les visages et les caractères vous marquent, revêtant un poids disproportionné. Le contexte avait changé ; nous n’étions plus les mêmes personnes qu’alors. Pourtant, ces personnes demeuraient tels des moules qui nous auraient préparés pour cet instant présent, réincarnés sous des formes plus compatibles.

la vérité, comme toute substance vitale, peut s’avérer fatale à hautes doses.

On est une famille. Dans les familles, on ne se traite pas comme ça. »
Je songeai : Peut-être pas dans la vôtre.

 

 

Image : Bloodbrick 3D

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