Lemaître, Pierre « Alex » (2011)

Lemaître, Pierre « Alex » (2011)

Auteur : écrivain et scénariste français, né à Paris , le 19/04/1951. Fils d’employés de sensibilité politique de gauche, il passe son enfance entre Aubervilliers et Drancy.
Psychologue de formation, et autodidacte en matière de littérature, il effectue une grande partie de sa carrière dans la formation professionnelle des adultes, leur enseignant la communication, la culture générale ou animant des cycles d’enseignement de la littérature à destination de bibliothécaires.
Ses polars : Verhoeven, tétralogie incluant : Travail soigné, Alex, Rosy & John, Sacrifices – Robe de marié (2009) – Cadres noirs (2010) – Trois jours et une vie (2016) –
Trilogie de l’entre deux-guerres : Au revoir là-haut(2013) – Couleurs de l’incendie (2018) – Miroir de nos peines (2020)

Tétralogie VerhoevenTravail soigné, Alex, Rosy & John, Sacrifices (coll. « Le Livre de poche. Thrillers » 2015, 1191 p.) – Tome 2 : « Alex »  Albin Michel 02.02.2011- 392 pages / Le livre de poche 02.05.2012- 396 pages

« Alex » (Tétralogie Verhoeven tome 2)

Résumé : Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Mon avis : Epoustouflée ! Dans le premier tome nous avions fait connaissance de la brigade Verhoeven. On retrouve ici Camille qui est revenu aux affaires, quatre ans après le drame qui l’a frappé. Dans un premier temps, il ne veut pas être chargé d’un cas d’enlèvement mais il va se laisser forcer la main. C’est un roman en trois parties bien distinctes. On va suivre la vie d’une jolie jeune femme, Alex qui va être enlevée. Par qui ? pourquoi ? est-ce un hasard ? une vengeance ? Je ne vais rien vous dire de plus car le suspense est total et je ne veux rien dévoiler… Tétralogie ? et bien c’est parti pour la suite donc…

Extraits :

Ils se sont dit des tonnes de choses dans ce silence, mais ça ne valait quand même pas des mots.

Ça leur a fait de la peine à tous les deux d’être ainsi séparés. Et puis le temps a passé. Ensuite, quand les choses ont commencé à aller mieux, c’était trop tard. Passé le deuil, ce qui reste est un peu désertique.

Malgré le désespoir de la situation, elle cherche à retrouver un peu de calme. Le sang-froid ne suffit pas toujours mais sans lui, vous êtes promis à la perdition.

Il n’y a pas de physique propre aux pharmaciens mais une manière d’être, ça oui.

Vous travaillez des années et des années avec des gens et finalement vous ne les connaissez pas. Que survienne un accident, un drame, une maladie, une mort et vous découvrez à quel point ce que vous saviez d’eux était circonscrit à des informations proposées par le hasard.

Qu’on le retourne dans n’importe quel sens, nos parents, ce qu’ils faisaient ensemble reste souvent un mystère.

Ils ont compris qu’à la faim, à la soif, au froid, il suffit d’ajouter la terreur.

Et Maud avait raison, le problème de Camille, c’est toujours de trouver la bonne distance, il est trop près ou il est trop loin. Ou il s’immerge et ne voit plus rien, il se débat, à la limite de se noyer, ou il reste loin, prudemment, et se condamne à ne rien comprendre. « Ce qui manque alors, c’est le grain des choses »

Une photo, ce n’est que du réel. Un dessin, c’est de la réalité, la vôtre, habillée par votre imaginaire, vos fantasmes, votre culture, votre vie.

Il a été élevé dans les meilleurs collèges, il a un oncle archevêque et un autre qui est député d’extrême droite, c’est dire qu’il a appris très jeune à faire la part des choses entre la morale et la pratique. Il a fait aussi ses petites classes chez les jésuites. Côté duplicité, il est surentraîné.

Devant un miracle, on est toujours un peu réticent.

Elle sait s’y prendre, devant cette adversité qui vient des profondeurs. Elle renifle, se mouche, resserre le peignoir autour d’elle, se sert un grand verre de saint-émilion et un plateau infâme, une folie de nourriture, chocolat, pâté de lapin en bocal, biscuits sucrés.

Hormis quelques classiques, elle jette régulièrement. En quittant la porte de Clignancourt, elle a jeté tout Blixen, tout Forster, en partant de la rue du Commerce, ç’a été le tour de Zweig et Pirandello. Quand elle a quitté Champigny, elle a balancé tout Duras. Elle a des engouements, comme ça, quand elle aime, elle lit tout (sa mère dit qu’elle n’a pas de mesure), et après, ça pèse des tonnes dans les déménagements…

Physiquement, c’est une femme qui a été belle, qui a voulu le rester et c’est ce qui a tout gâché. Le résultat des opérations esthétiques vieillit parfois mal. Ici, difficile de savoir ce qui ne va pas, on a l’impression que tout s’est déplacé et que le visage, tout en essayant de ressembler encore à un visage, échappe maintenant à toute exigence de proportion. C’est une sorte de masque hypertendu avec des yeux de serpent noyés dans les creux, des centaines de ridules qui convergent vers des lèvres d’un volume stupéfiant, le front est tellement tiré que les sourcils semblent arqués en force et les bajoues ont reculé loin vers l’arrière de la tête et pendouillent sur les côtés, comme des rouflaquettes.

C’est propre au handicap, à un certain moment, il n’y a plus que les autres pour s’en apercevoir.

Il boit comme un Polonais donc c’est un bon Français. Du genre qui veut garder la nationalité française. Du coup, il fait dans le bistro.

Si les nuages n’ont pas encore l’aspect farouche du Déluge de Géricault, il y a tout de même plus qu’une menace dans l’air.

En fait, plus que des habitudes, ce sont des rituels. Des manières de se reconnaître. Avec lui, la vie est une perpétuelle célébration, sauf que personne ne sait ce qu’on célèbre.

Dans cette famille, il n’y a pas plus de nièce que de communiante dans un boxon.

Le 1er janvier 2002, Dieu est descendu sur terre, Il s’est incarné sous la forme du passage à l’euro. Et quand Il se déplace en personne, Dieu n’est pas le genre de type à lésiner sur les miracles. Après la multiplication des pains, multiplication du pognon. Par sept. Du jour au lendemain. Dieu est un génial simplificateur.

À quoi ça sert, d’essayer de se souvenir ? À gagner du temps.

Comme devant tous les morts, on sent dans la pièce la présence d’un mystère.

Comme toujours les hommes vaniteux, ce qu’il doit à la chance, aux circonstances, il l’attribue à son talent.

les jeunes filles sentimentales et les grandes meurtrières sont des êtres au cœur fragile.

L’atmosphère rappelle les fins de journée d’été, quand l’orage s’annonce brutalement, que personne ne l’a vu arriver et que, tout à coup, on se rend compte qu’on est sorti sans précaution, que le ciel est déjà noir et qu’on est encore loin de la maison.

3 Replies to “Lemaître, Pierre « Alex » (2011)”

  1. Je suis ravi que tu aies beaucoup aimé. Je te l’avais recommandé il y a une année je crois car je pense que c’est un des meilleurs polars que j’ai lus ces dernières années. Et, ce qui ne gâche rien, il est très bien écrit.

    1. Super tétralogie… J’ai adoré Alex et travail soigné; un peu moins les deux suivants. Tu avais totalement raison; vous avez été plusieurs à me dire de le lire; il y avait aussi Corinne et Zoé.

  2. J’ai beaucoup aimé Le livre Alex ,je n’avais pas beaucoup envie de lire les deux autres ,je vais attendre ou ne pas les lire??? Si Catherine les a moins aimé ,cela m’influence dans le sens de m’abstenir !!!

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