Cummins, Fiona «Le collectionneur» (2018)

Cummins, Fiona «Le collectionneur» (2018)

Autrice : Fiona Cummins est une ancienne journaliste du ‘Daily Mirror’. Elle vit dans l’Essex (Royaume-Uni) avec sa famille.
Série « Le collectionneur » : « Le Collectionneur«  est le tome 1 de la série . Le tome 2, « L’ossuaire » est paru en 2020.

Slatkine & Cie – 9.10.2018 – 508 pages / Poche – 25.09.2019 – 528 pages – Titre original « Rattle » (The Bone Collector #1) –

Résumé :  Le collectionneur mène une double vie. Monsieur Tout-le-monde dans l’une, il est, dans l’autre, le gardien d’un musée secret qu’ont constitué son père et son grand-père avant lui, une collection d’ossements humains. Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Et il y a à Londres deux enfants atteints d’une maladie génétique orpheline qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, la maladie de l’homme de pierre. 
Avec un style-cutter aussi efficace que glaçant, Fiona Cummins plonge dans l’âme du psychopathe. Les Anglais ont adoré.

Mon avis :  Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre c’est qu’en plus de nous plonger dans un suspense qui tient toutes ses promesses, il met en lumière une maladie orpheline, peu connue « le Syndrome de l’Homme de pierre ». Cette maladie est juste effrayante… et elle nous est présentée avec force détails, mais en donnant toujours sa part à l’espoir et à l’intégration des enfants qui sont un peu différents. Cela ajoute une dimension supplémentaire au roman en faisant intervenir la notion de temps compté, non seulement pour trouver le tueur en série mais aussi pour retrouver l’enfant vivant. J’ai également beaucoup apprécié le fait que la psychologie de tous les personnages prenne une place importante dans toute l’histoire. Ils sont tous faillibles, torturés, avec des douleurs bien enfouies au fond du cœur : tant les femmes que les hommes, que ce soient les victimes, le coupable, l’inspectrice. Je ne vais pas aller plus avant dans le déroulement de l’intrigue mais sachez qu’il n’y a pas de temps mort et qu’il n’y a pas que le collectionneur qui sache se servir d’un scalpel… L’autrice aussi est percutante et attaque avec une grande maitrise les endroits où cela fait mal… On vit les affres des familles dont les enfants ont disparu, la douleur des parents et des enfants atteints de maladies, la tension qui habite l’inspectrice et la volonté de punir les coupables et de permettre aux parents de pouvoir retrouver leur enfant ou faire leur deuil. Le tueur a aussi de qui tenir, mais je dois dire que je n’ai ressenti aucune empathie pour lui. Cela ferait un super film !

Extraits :

Il a toujours réussi à se convaincre qu’il avait du temps devant lui, mais à mesure que son tour de taille s’épaissit et que ses cheveux se clairsèment, il a la très désagréable impression que sa vie est, selon toute probabilité, plus proche de la fin que du commencement.

Un homme avec une chemise chiffonnée et un visage assorti appuie contre son œil droit un sachet de maïs doux en train de décongeler.

Il a lu dans un supplément du week-end quelconque qu’un mariage survivait rarement dès que le mépris s’installait de manière insidieuse. Dans leur cas, le mépris ne s’est pas installé insidieusement, il piétine tout avec une grosse paire de bottes.

Ses paupières sont lourdes, comme si quelqu’un avait cousu des poids miniatures à l’intérieur. Elle est tout le temps fatiguée, mais elle voit la lumière grise qui entre par la fenêtre, alors elle sait qu’on est le matin.

le chagrin, à force d’user le caractère, en avait fait une pointe acérée, où il se sentait étouffé autant que rejeté.

Il veut lui faire comprendre que les mots ne sont pas des confettis qu’on lance pour s’amuser et que le vent emporte, mais des blocs de béton qui peuvent terrasser un homme.

Même si elle les adorait, la lumière tremblotante de leur vieux téléviseur était la seule tache de couleur et de vie dans leur existence grise de banlieusards. Et aujourd’hui, elle leur ressemble : elle passe toutes ses soirées devant la télé, ou devant l’ordinateur dans le cas d’Erdman, à jouer pendant des heures ou à envoyer des messages à des inconnus.

Les regards et les remarques des autres l’ont aidée à souder chaque expérience douloureuse en un noyau d’acier.

Pendant qu’elle dort, il voit la tristesse sur son visage vieillissant. Un quadrillage de fils aussi fins que des lames, certains incrustés dans le tissu de sa peau, d’autres plus récents, imprimés depuis peu. 

Désormais, elle passait tout son temps libre au travail. Et lui aussi. Ils se faufilaient entre les fissures de leurs vies respectives.

des recherches approfondies menées sur des serial killers avaient montré qu’un grand nombre d’entre eux avaient reçu une éducation religieuse très stricte, et que beaucoup, une fois capturés, citaient des passages de la Bible pour justifier leurs crimes.

elle utilise la brûlure de sa colère pour cautériser la peur qui menace d’obscurcir son raisonnement, de la priver de toute lucidité, de tout recul.

Si un propriétaire de chien finit par ressembler à son animal, on peut logiquement penser qu’il en va de même avec une maison.

Il a toujours aimé la manière dont la nuit cède la place à la splendeur du jour, sans heurt. Il imagine un aspirateur gigantesque qui avale l’obscurité afin de dévoiler la blancheur hivernale de l’aube.

Sentant le regard de sa femme posé sur lui, il lève la tête. Ses yeux sont assombris par… quoi donc ? La culpabilité, décide-t-elle. La couleur de la lubricité n’est pas le rouge, finalement, mais un bleu pâle, délavé.

À l’hôpital, le temps a la particularité de fusionner et les frontières entre les secondes, les minutes et les heures, entre la nuit et le jour s’effacent.

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