Bonnefoy, Miguel « Le voyage d’Octavio » (01/2015)

Éditeur : Payot & Rivages – Nombre de pages : 128 (premier roman – Il a remporté le prix du Jeune Ecrivain, en 2013, grâce à une nouvelle intitulée « Icare ») – Finaliste du Goncourt du Premier Roman et lauréat de nombreuses distinctions (dont le prix de la Vocation, le prix des cinq continents de la francophonie « mention spéciale »),

Résumé : Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu’il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques », menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d’un hôte mystérieux, dans ceux d’un peuple qu’il ignore. Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant n’est pas sans faire songer à ceux de Gabriel García Márquez ou d’Alejo Carpentier.

Avis : Et bien moi, je n’ai pas embarqué.. Certes c’est très bien écrit, l’idée est belle, mais heureusement que c’est tout petit… car l’émotion n’était pas au rendez-vous. Tout est bien écrit, bien décrit, trop peut-être… Octavio, va rencontrer l’amour et apprendre à écrire. Il va trahir la femme qui lui a tout apporté et partir… puis revenir… On part avec lui à la recherche de son âme.. mais je me suis ennuyée…

Extraits :

Dans ce pays, on écrit encore sur les journaux après les avoir imprimés.

Ce n’est pas de vivre dans la misère qui rend misérable, mais de ne pas pouvoir la décrire

Il faisait partie de ces hommes qui, comme les arbres, ne peuvent que mourir debout.

Il portait l’odeur d’un demi-siècle de silence.

Elles étaient coiffées selon la mode d’hier. Vieilles filles, elles conservaient les habitudes d’une autre époque, parlaient en proverbes, chantaient des valses de veuves et avaient cette curieuse manie de se recoiffer avant de décrocher le téléphone.

Ainsi, elle avait traversé la vie comme on traverse un désert, sans cortège, pleine d’aplomb et de dignité, avec ce sang-froid qu’on distingue chez certaines femmes que trop d’hommes ont regardées.

Tout le monde savait qu’il venait de loin et que sa patrie était dans une infinité de villes vite quittées

Je vous parle ici de cambrioler une maison comme on écrit un poème. Cela s’ordonne avec finesse, dans un souffle d’inspiration, à la frontière délicate entre un mal nécessaire et un mot nécessaire.

il n’y avait personne, et pourtant chaque pièce était habitée.

Un matin, il se surprit de voir que « mujer » s’écrivait aussi simplement. – J’aurais pensé que pour un personnage aussi considérable, y’avait un mot plus difficile, s’était-il exclamé.

La littérature devait tenir la plume comme une épée, mêlée à l’immense et tumultueuse communauté des hommes, dans une lutte obstinée pour défendre le droit de nommer, pétrie dans la même glaise, dans la même fange, dans la même absurdité que ceux qui la servent. Elle devait avoir les cheveux détachés, de l’héroïsme et des déchirures, une machette à la ceinture ou une escopette à l’épaule.

L’air, autour d’eux, les enfermait comme les pages d’un livre

Dans sa marche, il avait pour le monde un dévouement presque poétique. Certains parlaient d’un géant né d’un torrent, d’autres d’un esclave arraché à la liberté. Quand on lui demandait, il répondait qu’il venait de la terre.

Mais à peine avait-il fermé les yeux que le silence le réveilla.

L’analphabétisme avait isolé le village du monde. Faute d’instituteur, on ne savait lire que les caprices du ciel

l’air avait une odeur de regrets

Comme un ermite dans sa cabane, la barbe longue, les cheveux touchant les épaules, assis en tailleur, il rédigeait l’histoire à sa façon. Son corps était recouvert de marques, composées une à une, comme les lettres d’un même récit. L’écriture se manifestait à son cœur par le vernis et l’acide, la peinture et le bois, l’or et le plomb. Il décapait, raclait, façonnait l’espace, constituait une grammaire

4 thoughts on “Bonnefoy, Miguel « Le voyage d’Octavio » (01/2015)

  1. Tout à fait d’accord avec toi Cath, le même ressenti. J’ai attendu tout le long du bouquin ce qui n’est jamais venu…aucune émotion, un livre dont je ne me souviendrai plus d’ici quelques semaines !

  2. C’est vrai que ça n’est pas vraiment un grand livre et aussi ,j’ai toujours attendu un événement, un fait captivants qui ne sont pas venus . j’ai apprécié de l’avoir dans mon sac pour le lire en attendant ….

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