Salem, Carlos « Japonais grillés » (2015)

Salem, Carlos « Japonais grillés » (2015)

Résumé : Dans ma boîte, je suis le meilleur, mais je sais aussi que je vais bientôt devoir prendre ma retraite. Et je veux laisser ma place à quelqu’un d’aussi bon que moi, un héritier, si tu veux. Il s’appelle Juan.
Ce boulot, c’est celui d’un tueur à gages, qui termine sa carrière après avoir gravi les échelons de la hiérarchie comme dans tout bonne multinationale qui se respecte. À Barcelone et Madrid, côté rue le jour, et côté bar la nuit, se croisent des prostituées, un flic sur le déclin, un candidat au suicide… Autant de personnages truculents qu’un tourbillon de péripéties précipite aussitôt dans des situations rocambolesques. Humour et dérision sont la marque de fabrique de Carlos Salem. Cette fois encore, l’écrivain argentin ébouriffe le polar d’une loufoquerie jubilatoire.

Avis global sur les 5 nouvelles (80 pages) . Du Salem pur jus. Jubilatoire, déjanté, humour noir. J’adore ! Mais les nouvelles, faut que j’aime l’écrivain car c’est pas du tout du tout mon truc . Je n’arrive pas à me mettre dans l’histoire que je suis déjà éjectée… C’est comme si on me propose le strapontin et qu’on me refuse le canapé…

1. Japonais grillés : Ou comment faire place nette et préparer sa succession quand on est tueur à gage…
Extraits
« Je ne compte pas me faire publier, mais l’écriture me sert à regarder ma vie, mon boulot sous un angle plus excitant »
« pour une mission très spéciale on fait appel à une entreprise très spéciale, non ? Une multinationale de l’assassinat, un truc comme ça, où chaque employé aurait un numéro qui indiquerait son importance dans la hiérarchie »
« la règle d’or concernant les Japonais en voyage : quand il y en a un qui fait des photos de groupe, il y en a toujours un autre qui prend la photo de celui qui prend la photo, tu comprends ? Ces enfoirés photographient tout, putain ! «
« J’arrive juste à saisir le nom des lieux et celui de l’hôtel où ils occupent à eux seuls tout un étage, d’après ce que répète l’un d’eux dans sa langue comme si c’était la première étape d’une invasion »
« pourquoi ne pas en profiter pour bavarder un peu et se rappeler le bon vieux temps où les marchés étaient de vrais marchés et où les profs n’avaient qu’un seul travail »

2. Petits paquets : Petit tour dans un atelier clandestin…
Extraits
« Il étudiait ou il avait étudié l’architecture, il était jeune et il dessinait ses rêves »
« C’était un pont pareil à tous les autres : ils ne mènent nulle part mais les gens ne le savent pas et passent leur vie à les traverser »
« Que quelqu’un vous aime, c’est une bonne chose même si ça ne sert pas à grand-chose. Mais que quelqu’un vous ait aimé, ça ne sert directement à rien. C’est une question de temps verbaux «

3. Comme voyagent les nuages : Petite incursion dans le monde des suicidaires…
Extraits
« Tu as remarqué comme certains visages peuvent te rappeler des périodes de ta vie, des figures et des noms, des mots et des parfums ? — Quand je bois du cognac, oui. Mais évite de le faire, après ça te casse la tête… »
« Elle a lustré le robinet de la baignoire comme si elle le masturbait mais avec plus de rage que de désir «
« Elle est restée là longtemps, à regarder passer le temps, injuste et lent comme un escargot qui dépose sa bave sur le plus beau des rêves »
« ils ont tous deux rêvé de ce qui s’était passé. De ce qui ne s’était pas passé. Maintenant, mal à l’aise, ils craignent que le moindre mot entraîne des explications qui n’expliqueraient rien »
« Mais le plus important, ce n’est pas la manière dont tu te suicides, mais ta détermination à le faire. C’est ce qui différencie les suicides sérieux des suicides improvisés. Les gens croient que la responsabilité passe par le choix de la méthode. Et ils perdent de vue que l’essentiel, c’est d’assumer le projet, de se convaincre de son bien-fondé et de le considérer comme une consolation. »

4. Des marguerites dans les flaques : Souvenirs, regrets, passé…
Extraits
« Dans le monde de la nuit, il y a toujours quelqu’un prêt à te raconter l’histoire d’un autre sans qu’on le lui demande. »
« Mes facultés déclinent et l’alcool m’affecte plus qu’avant. Le nuage. Le putain de nuage dans ma tête. J’oublie les choses et je perds patience. Allez, remplis mon verre et sers-t’en un, parce qu’à partir de ce soir, j’arrête de boire. Promis. »
« Mon bar est l’un de ceux où, à force d’épuiser les nuits, le temps glisse lentement. L’un de ces endroits où tu passes des années à attendre qu’il arrive quelque chose d’inhabituel et où il n’arrive jamais rien. »
« Comme s’il pleurait à l’intérieur depuis des années et qu’il venait de découvrir une porte de sortie pour toutes ces larmes perdues »

5. Mais c’est toi qu’elle aimait le plus : Et coté trahison ????

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