Dicker, Joël « Le livre de Baltimore » (2015)

Résumé : Joël Dicker ne quitte pas la côte Est. Le Livre des Baltimore se situe toujours à flanc d’océan. Et l’on retrouve surtout Marcus Goldman en personne, le héros de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert.

Il quitte pour cela New York et son hiver glacé pour la touffeur tropicale de Boca Raton en Floride. C’est là qu’il décide d’écrire sur sa propre famille. Marcus vient des Goldman de Montclair: classe moyenne, maison banale à Montclair, petite ville dans la banlieue de New York. Rues à la Hopper, avec maisons de briques. Marcus a grandi dans la fascination pour l’autre branche de la famille, les Goldman de Baltimore, le grand port sur l’Atlantique, porte d’entrée historique pour de nombreux migrants. Ces Goldman-là habitent une grande demeure somptueuse dans la banlieue riche de la ville. L’oncle Saul est un avocat de renom. Tante Anita est médecin à l’Hôpital John Hopkins. Il y a aussi Hillel, leur fils, provocateur inspiré, et Woody, fils adopté par le couple, sauvé des gangs et qui rêve d’une carrière dans le football.

Mon avis : J’avais un peu de crainte après le premier. Et bien rassurée. Toujours aussi sympa à lire. Je crois même que je l’ai préféré. Mais c’est un vrai « scénario » de cinéma.. Je suis certaine qu’il va être adapté. Une écriture fluide, une histoire sympa, rien à redire. Un bon roman.. pas un chef d’œuvre mais on passe un très bon moment de détente. Par contre, c’est pas trop une suite…

Extraits :

De l’âge de dix à dix-huit ans, nous fûmes tous les trois absolument inséparables. Nous constituâmes ensemble une entité fraternelle triface, triade ou trinité

Le problème des gens qui achètent un chien, c’est qu’ils ne réalisent souvent pas qu’on ne choisit pas un chien, mais bien l’inverse : c’est lui qui décide de ses affinités. C’est le chien qui vous adopte, feignant d’obéir à toutes vos règles pour ne pas vous peiner. S’il n’y a pas de connivence, c’est foutu.

Les enfants de vos enfants regarderont les livres avec la même curiosité que nous regardons les hiéroglyphes des pharaons. Ils vous diront : « Grand-père, à quoi servaient les livres? » et vous leur répondrez: « À rêver. Ou à couper des arbres, je ne sais plus. »

Désormais les gens veulent de l’image ! Les gens ne veulent plus réfléchir, ils veulent être guidés ! Ils sont asservis du matin au soir, et quand ils rentrent chez eux, ils sont perdus : leur maître et patron, cette main bienfaitrice qui les nourrit, n’est plus là pour les battre et les conduire. Heureusement, il y a la télévision. L’homme l’allume, se prosterne, et lui remet son destin.

Mon récit le fit éclater de rire et son rire me fit du bien. C’était son rire d’avant. Un rire solide, puissant, heureux.

Longtemps, je crus avoir été le plus tendre des fils. Pourtant, je me montrais violent à leur égard chaque fois que j’éprouvais de la honte envers eux.

J’avais besoin de ta présence, alors nous restions au téléphone pendant des heures, sans rien dire. Juste pour que tu me tiennes compagnie. »

— Vous le paierez !
— C’est une menace?
— Non, c’est une promesse.

… nous nous jetâmes dans les bras les uns des autres. Et pendant de longues secondes, nous serrâmes du plus fort que nous pûmes l’amas de corps, de muscles, de chair et de cœurs que nous formions ensemble.

Rêve, et rêve en grand ! Seuls survivent les rêves les plus grands. Les autres sont effacés par la pluie et balayés par le vent.

tu commenceras à vivre vraiment quand tu cesseras de remuer le passé.

Tout commence comme tout finit et les livres commencent souvent par la fin.

Je garde de ces derniers moments avec lui le souvenir de sa vivacité et de son sens de l’humour, même aux portes de sa dernière demeure.

Après nous être manqués pendant si longtemps, par où devions-nous commencer pour nous raconter nos histoires? Par le silence. Ce silence puissant, presque magique.

Nous arrivâmes à l’heure, mais comme elle était en avance elle considéra que nous étions en retard.

Les souvenirs, c’est dans la tête. Le reste n’est que de l’encombrement.

Ils avaient cessé de rêver : ils s’étaient laissé dévorer par une forme de renoncement à la vie. Ils étaient rentrés dans le rang.

Qui est-elle? Une femme qui a vieilli.
Elle veut lui plaire, elle fait tout pour ça. Mais il ne la regarde plus.

J’attrapais les souvenirs dans le filet à papillons de ma mémoire.

Beaucoup d’entre nous cherchons à donner du sens à nos vies, mais nos vies n’ont de sens que si nous sommes capables d’accomplir ces trois destinées : aimer, être aimé et savoir pardonner. Le reste n’est que du temps perdu.

 

 

 

 

 

 

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