Lenormand, Frédéric « Leonora agent du doge » (2008)

Lenormand, Frédéric « Leonora agent du doge » (2008)

Les mystères de Venise  – Une série policière à Venise au XVIIIème siècle – Tome I « Leonora agent du doge » (2008)

Résumé : En 1762, à l’apogée de sa splendeur, la Cité des Doges illumine l’Europe. Sortie du couvent où elle a été élevée, Leonora s’apprête à être mariée par son père, un riche aristocrate vénitien. Quand ce dernier est enfermé dans la célèbre prison des Plombs, la jeune fille s’efforce de démêler les fils d’une intrigue machiavélique. Avec l’aide de quelques amis, elle part à la découverte des secrets de la Sérénissime République, des complots et des luttes d’influence qui composent les mystères de Venise. Dans cette nouvelle série policière, Venise, infiniment romanesque, apparaît dans sa subtile ambivalence, à l’image de ses reflets marins, de son décor théâtral et de ses masques.

Mon avis :
Je ne comprends pas comment je suis passée à côté jusqu’à maintenant ! et je me rattrape.. Il faut dire que tous les ingrédients y sont ! J’aime les romans policiers historiques, j’aime le XVIIIème et j’aime l’Italie (Florence et Venise). Ce premier tome nous présente à la fois les personnages récurrents et la Venise de l’époque. Et je dois avouer que si j’ai bien aimé l’intrigue, ce qui m’a enchanté a été de me documenter sur la vie de la société vénitienne en m’attachant aux pas de la jeune Leonora et de la faune pittoresque qui l’entoure. De plus le côté historique n’étant pas trop didactique, la lecture est fluide et captivante. Léonora a beau sortir du couvent, elle va vite montrer qu’elle est loin d’être une oie blanche ! Elle est inventive, passionnée, courageuse, aventurière, déterminée… et on ne s’ennuie pas un instant… Et côté décor et documentation, on s’y croit ! On navigue en eaux troubles, on pénètre dans l’intimité des grands, on participe aux festivités.. grande et petite histoire se mêlent parfaitement. Il n’y a pas le petit « bémol » (pour moi)  que j’avais pu relever en lisant le livre de Adrien Goetz, «Intrigue à Venise», où je trouvais que l’intrigue passait au second plan, noyée sous les détails historiques. Vivement la suite…

Extraits :

L’énumération de ses sujets de désillusion s’interrompit heureusement quand elle s’endormit, vaincue par la fatigue et par ses émotions.

Il était extraordinaire de se trouver à l’intérieur d’une maison et de voir l’eau lécher le porche entre les poteaux bicolores.

Ma première leçon sera de vous enseigner l’art d’obtenir des réponses sans poser de questions.

à Venise, le premier rang appartient aux familles ducales, c’est-à-dire celles qui ont un jour donné un doge à la République.

Voilà encore un effet de vos promenades en gondole : vous ne voyez rien de près, vous visitez la ville dans un brouillard confus.

« Étrangers » était le mot générique pour désigner toute personne née ailleurs que dans la lagune, et même tous ceux qui ne pouvaient se prévaloir d’au moins trois générations d’ancienneté vénitienne. Autant dire que l’univers entier était la proie de barbares imperméables au raffinement millénaire cultivé par les Vénitiens de pure souche.

Il entrevoyait sans joie un séjour dans de lointaines contrées presque intouchées par la civilisation, telles que Bologne ou même Florence,

… une partie de chasse où les chasseurs servaient de cibles les uns aux autres.

– Je connais maintes personnes plus attirantes que vous, dit-il. Mais de plus déconcertantes, point.

Les ursulines le lui avaient bien appris : la séduction est l’arme favorite du démon.

L’expression de Lunardo laissa entendre qu’il ne se considérait pas comme une occasion sur laquelle on pouvait sauter.

Telle était l’hypocrisie du système, qui punissait le crime lorsqu’il devenait scandale, mais le tolérait le reste du temps afin de compenser des lois trop contraignantes, impossibles à réformer.

Telle était Venise, qui ne voulait penser qu’à la joie et tournait le dos aux contrariétés petites ou grandes, ce qui n’allait pas sans mal quand elle appliquait ce même principe à l’exercice de la politique.

Série Les mystères de Venise : voir la présentation

2 Replies to “Lenormand, Frédéric « Leonora agent du doge » (2008)”

  1. Et bien écoute je pense que tu m’as bien appâtée là…Parce que ce qui me fait reculer pour ce genre de livres, c’est la teneur trop lourde en références historiques qui, personnellement, me gêne dans un polar. Si tu me dis que ce n’est pas le cas, alors du coup, banco !!

  2. Comme toi je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour lire ce livre le premier des mystères de Venise, il y a également tout ce que j’aime dans ce livre,je vais me « jeter » sur les autres ,en plus je les ai!!! Après les deux tomes du meurtre du commandeur que j’ai beaucoup aimé ,les livres de Frédéric Lenormand me détendent .

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