Garrido, Antonio « La Scribe » (2009)

Garrido, Antonio « La Scribe » (2009)

Auteur : Il fait des études d’ingénieur industriel à l’université polytechnique de Las Palmas. Il est ensuite professeur à l’Université CEU Cardinal Herrera de Valence, puis à l’Université polytechnique de Valence. Il vit à Valence.

Il amorce sa carrière littéraire en 2008 avec le roman policier historique La Scribe (La escriba), dont l’action se déroule dans la Franconie, en l’an 799, à la veille du sacre de Charlemagne. Theresa, la fille d’un scribe byzantin, se réfugie dans l’abbaye de Fulda et devient la scribe du moine Alcuin d’York, grâce auquel elle participe à des enquêtes sur des morts suspectes. L’ouvrage devient un best-seller traduit dans une douzaine de langues. Le Lecteur de cadavres (El Lector de Cadáveres), paru en 2011, est un second roman policier historique, dont le héros, inspiré d’un personnage réel de la Chine impériale du XIIIe siècle, a le don d’expliquer les causes d’un décès grâce à un examen minutieux des corps. Le dernier paradis est son troisième roman.

Résumé : Un thriller médiéval à mi-chemin entre Le Nom de la rose et Les Piliers de la terre, best-seller en Espagne.

Et si une jeune scribe tenait entre ses mains le destin de l’Occident ?

Franconie, an 799, à la veille du sacre de Charlemagne. Fille d’un célèbre scribe byzantin, Theresa est apprentie parcheminière. Contrairement aux jeunes femmes de son âge dont le rêve est de fonder une famille, elle n’aspire qu’à une chose : vivre parmi les livres. Mais un drame l’oblige à quitter sa ville et à se réfugier dans la cité abbatiale de Fulda. Là, elle devient la scribe du moine Alcuin d’York, véritable Sherlock Holmes en robe de bure. Alors que Theresa l’assiste dans ses enquêtes, elle découvre qu’à son insu elle a emporté dans sa fuite un précieux parchemin qui pourrait bien sceller l’avenir de la chrétienté…

A travers les aventures de Theresa, jeune femme hors norme et attachante, La Scribe évoque une page décisive du christianisme au Moyen Age. Coups de théâtre, érudition et étonnants personnages fictifs ou réels sont les ingrédients de ce roman historique au rythme trépidant.

 

Mon avis : Nous voici au VIIIème siècle . J’avais adoré « les piliers de la terre », les romans de Ildefonso Falcones (La Cathédrale de la mer ( la suite est annoncée pour l’été 2016) – Les révoltés de Cordoue La Reine aux pieds nus)  , de Tim Willocks (La religionLes douze enfants de Paris)  . J’avais aussi beaucoup aimé « Le lecteur de cadavres» (2014) de Garrido qui se passait en Chine médiévale. Dans la lignée, j’ai dévoré « la scribe ». J’aime ces romans historiques, qui me permettent de voyager à une autre époque, de vivre des aventures, de découvrir des pans d’histoire que je connais mal. Pour ce qui est du livre « Le nom de la rose », c’est un des rares livres que je n’ai jamais réussi à lire… je lis quelques pages et je bloque… et même le film ne m’a pas tenue en haleine… Pourtant j’apprécie l’auteur..

Dans « la scribe » j’aime aussi – je suis incorrigible – l’histoire d’amour, les personnages sont attachants., et aussi l’intrigue, le polar historique … Et comme j’aime les livres et la calligraphie… évidemment la naissance de la « Caroline » me plait bien… Rendez-vous prochainement pour commenter le 3ème livre de l’auteur..

 

Un peu d’histoire : Alcuin, l’un des personnages principaux de La Scribe, a réellement existé et a joué un rôle prépondérant dans l’élaboration de l’écriture caroline. C’est d’ailleurs ce que découvre Theresa dans un codex dont les lettres sont « plus petites et plus faciles à déchiffrer que d’habitude ». Savant et religieux anglais né à York vers 735, Alcuin fut l’un des plus proches conseillers de Charlemagne, qui le plaça à la tête de l’école palatine d’Aix-la-Chapelle, future capitale de l’empire, en 782. En 796, il fut nommé abbé du monastère bénédictin de Saint-Martin de Tours, où il fonda un scriptorium, c’est-à-dire un atelier où les moines réalisaient des copies de manuscrits. La réputation de ce scriptorium s’étendit à tout l’empire carolingien. Théologien, exégète, hagiographe et poète, Alcuin fut un acteur majeur de la renaissance carolingienne. (Source : Site Presses de la Cité)

Calligraphie : la « Caroline » : http://college.belrem.free.fr/idd/carol/carol.htm

Extraits :

Peu après, un vortex de nuages boucha le firmament, puis vomit brutalement des trombes d’eau qui éveillèrent l’effroi des paysans les plus aguerris, persuadés de voir survenir la fin du monde.

À vos yeux, l’existence est un banquet auquel vous avez été invités, une fête où vous pourrez savourer les liqueurs et les mets les plus raffinés.

Beaucoup imaginent qu’il n’y a qu’une seule sorte de mort, mais ils se trompent. La mort d’un enfant frappe aussi ses parents. C’est ainsi que par un tour ironique plus la vie est vide, plus elle paraît pesante.

Chaque mensonge en entraînait un autre, et à ce dernier succédait un nouveau, encore plus énorme.

Toutes les maladies tirent leur origine des quatre humeurs, le sang, la bile jaune, la bile noire et le flegme. Quand elles augmentent dans des proportions anormales, les maladies se déclarent. Le sang et la bile jaune provoquent les maux aigus, alors que le flegme et la bile noire sont à l’origine des maux chroniques.

« Médecine » vient de « mesure », de modération pour ainsi dire, le principe qui doit guider tous nos actes. Les Grecs furent les pères de cet art qu’Apollon initia et que son fils Esculape perpétua. Plus tard, Hippocrate reprit et améliora cet art. C’est à lui que nous devons de comprendre la guérison, en nous fondant sur le raisonnement, l’expérimentation et l’observation.

La lecture est un processus complexe, qui requiert des efforts et exige des capacités que tous ne possèdent pas. Pour extraordinaire que cela paraisse, il existe des copistes aptes à reproduire des lettres avec une maîtrise absolue, sans en comprendre la signification. Bien sûr, ceux-là sont incapables d’écrire sous la dictée. Donc, il y a ceux qui peuvent écrire, ou plus précisément transcrire, mais ne peuvent lire. Ceux qui, sachant moyennement lire, n’ont pas appris à écrire.

Ce qui me plaît vraiment, c’est lire ! Quand cela m’arrive, j’ai l’impression de voyager dans d’autres pays, d’apprendre d’autres langues, de vivre plusieurs vies. Je crois qu’il n’existe rien de comparable. Parfois, j’imagine que j’écris. Pas comme un scribe ou un copiste, mais pour exprimer mes propres pensées.

Alcuin acheta une douzaine de noix, expliquant à Theresa qu’en brûlant les coquilles et en mélangeant leurs cendres avec de l’huile il obtiendrait une encre de bonne qualité.

Quand on faisait un pâté sur un parchemin, il était possible de se rattraper en grattant l’endroit abîmé jusqu’à éliminer la tâche. En appliquant ce traitement à toute la peau, on obtenait un parchemin qui semblait neuf, prêt à être réutilisé. Toutefois, il était moins épais et plus clair. C’était ce que les scribes appelaient un palimpseste.

En général, à la tête d’un monastère ou d’une abbaye, on trouve un abbé. Lorsque celui-ci doit s’absenter, le prieur le remplace. S’il n’y a pas d’abbé, le monastère est dirigé par un prieur, et prend alors le nom de prieuré.

— Aux yeux de Dieu, les deux sexes sont égaux, mais évidemment pas aux yeux des hommes. Un homme produit biens et argent. Une femme engendre enfants et problèmes.

Le pape de Rome dirige le patriarcat d’Occident, auquel il convient d’ajouter les quatre patriarcats d’Orient : Constantinople, Antioche, Alexandrie et Jérusalem. Chacun exerce sa tutelle sur plusieurs royaumes et nations. Dans chaque territoire, le doyen des archevêques dirige l’archidiocèse principal, qu’on appelle aussi primauté, et relaie l’autorité du patriarche.

— Le comportement humain comprend autant de nuances que le temps qu’il fait. Parfois tiède et ensoleillé, il fournit de la chaleur et de bonnes récoltes. D’autres fois, il apporte le froid et la tempête.

Mais qu’est-ce que la politique, sinon l’appétit de pouvoir, l’envie qui a poussé Caïn à tuer son frère ?

One Reply to “Garrido, Antonio « La Scribe » (2009)”

  1. Livre captivant qui m’a réconcilié avec ce sacré Charlemagne ,avec son époque surtout.
    Très bien documenté comme tous les livres Antonio Garrido remarquable auteur espagnol .

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