Piacentini, Elena «Vendetta chez les Chtis» 2010

Piacentini, Elena «Vendetta chez les Chtis» 2010

Les polars du Nord – Série : Pierre-Arsène Leoni

Les enquêtes de Léoni : Les enquêtes de Léoni : Un Corse à Lille – Art brut – Vendetta chez les Chtis Carrières noires Le Cimetière des chimères Des forêts et des âmes – Aux vents mauvais (2017)

Un flic corse exilé à Lille. Un héros que je découvre et qui m’est extrêmement sympathique. Avec la « famille corse » qui n’est pas bien loin, et une grand-mère corse comme on les imagine.

Enquête 3 : Vendetta chez les Chtis

Résumé : Plusieurs meurtres sordides sont commis dans la région lilloise. Les victimes sont des femmes enceintes qui avaient décidé d’avorter. Sur les cadavres, l’assassin laisse des messages codés qui renvoient vers un tueur disparu depuis une dizaine d’années. Pourquoi cet individu recherché par Interpol réapparait-il dans le Nord ? Pierre-Arsène Leoni, commandant de la PJ de Lille, s’interroge. Il a l’impression que les messages lui sont personnellement destinés. Avec son équipe, il part sur les traces du dénommé Moloch. Les recherches s’orientent vers son passé et ses amis de Corse. Qui en veut à Leoni ?

Mon avis : Ah que oui ! Emaillé de quelques expressions corses, de personnages savoureux (l’amant italien est parfait) nous intégrons le Commissariat de Lille en compagnie du commandant de la PJ de Lille, un Corse et de sa tribu… la médecin légiste en disponibilité qui va mener l’enquête de son côté, les amis corses de toujours, la grand-mère.. Un mélange de gros durs et de grande sensibilité, une enquête qui faite remonter le passé, des rebondissements, une journaliste qui n’est pas étouffée par le sens moral… Une série que je vais m’empresser de lire ( les précédents et les suivants) … Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les deux premiers pour être totalement conquise par les personnages…

Extraits :

– Tu n’arrivais pas à dormir ?
– Dans le même lit que toi ? Impossible ! Qui combattais-tu ? Le diable ?
– Juste mes démons personnels.

Dans le mouvement, ses articulations se plaignirent et craquèrent sinistrement.

il était partagé entre colère et gourmandise, deux péchés capitaux.

Lorsqu’il songeait à sa grand-mère, l’image d’un grand chêne rassurant et bruissant d’histoires s’imposait à lui. Il avait grandi adossé à elle.

La morale et la bienséance ? Des subterfuges inventés à des fins de dissimulation ou de manipulation. L’information était juste ou fausse. Sa mission ne consistait pas à en évaluer le contenu ou les conséquences

Un Corse ne s’exile pas, il s’absente.

La première demi-heure de son séjour avait été consacrée à échanger consciencieusement des nouvelles d’une banalité consternante. Une fois ce rituel achevé, chacune des conversations qui suivirent lui avait paru plus empruntée que la précédente : du « prêt-à-parler » sous cellophane, insipide, caoutchouteux.

« Parfois, tu sais, j’ai l’impression angoissante que nous ne partageons pas les mêmes souvenirs. Comment est-il possible de perdre aussi irrémédiablement quelqu’un de si proche ?

Son humeur s’assombrit aussi brusquement qu’un ciel d’août.

Il laissa le silence s’incruster entre eux. Les minutes semblaient s’effilocher à l’infini sans qu’il manifestât la volonté d’en stopper la maille.

Ses muscles se ramassèrent et roulèrent sous sa peau hâlée avec la grâce fatale du fauve qui lance son dernier assaut.

– Et bien sûr il était plutôt grand, avec de l’allure, je me trompe ?
– Affirmatif ! Les portefeuilles bien garnis grandissent leurs propriétaires tandis que pour nous autres, fonctionnaires, nos misérables salaires nous tassent !

Elle s’assit, prit son visage entre ses deux mains et le fit pivoter doucement jusqu’à rencontrer son regard.
– Tu as tes yeux de cendre.
– Alors, c’est que mes yeux ne mentent pas.

– Ce que tu as appris ce soir, tu ne peux plus le désapprendre. Tu sais où est ta limite et tu sais que tu ne veux pas la franchir.

Depuis le début de cette enquête quelque chose me turlupine, j’ai l’impression qu’on m’enfonce un clou dans la tête.
– C’est ton inconscient qui te travaille.
– Si c’est le cas, il bosse mal et lentement. Tu connais un moyen de le rendre plus efficace ?

– Dans mon métier, un soupçon de paranoïa vaut mieux qu’un gilet pare-balles.

Ils ne sont pas titillés par leur conscience, juste par la trouille de se faire prendre la main dans le compte en banque.

Les salauds, c’est comme le chiendent, tu arraches d’un côté et ça repousse de l’autre, il n’y a pas de répit. Jamais.

La terre, ça ne ment pas. Ça te dit exactement quel genre de jardinier tu es.

Dans ce monde agité de pulsions primaires, l’élégance du langage est une petite coquetterie, futile mais sophistiquée, que je m’autorise pour tenir le sordide à distance.

Argent et amitié font un pied de nez à la justice (proverbe corse)

Et puis un Corse, c’est même pas la peine de lui courir après ! Il suffit de l’attendre dans son village ou chez un autre Corse.

Ces gars-là sont des bombes à retardement. Comme les chiens trop longtemps abandonnés, une fois redevenus sauvages, ils n’acceptent plus aucun maître.

La chose pleine d’angles et de lames qu’elle avait abritée des années dans son ventre venait de réintégrer son antre, signant son retour d’une piqûre vicieuse. La peur était un locataire vindicatif. Et salvateur.

Elle devint aussi molle et flasque qu’une méduse échouée. « Si ton ennemi s’attend à de la résistance, abandonne, la force changera de camp. »

un petit côté… « Schweppes agrumes ». Oui, c’était ça. C’était le mot. Pétillante avec juste ce qu’il faut de piquant et d’amer pour vous titiller l’imagination.

Les vainqueurs se relâchent. C’est juste après la victoire qu’ils commettent les pires erreurs.

 

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