Besson, Philippe “La maison atlantique” (2014)

Besson, Philippe “La maison atlantique” (2014)

Auteur : Philippe Besson a publié : En l’absence des hommes, Son frère (adapté par le réalisateur Patrice Chéreau), L’Arrière-saison, Un garçon d’Italie, les jours fragiles, Un instant d’abandon, L’enfant d’octobre, Se résoudre aux adieux, Un homme accidentel, La Trahison de Thomas Spencer, Retour parmi les hommes , Une bonne raison de se tuer, De là, on voit la mer , La Maison atlantique, Un tango en bord de mer , Vivre vite, Les Passants de Lisbonne et « Arrête avec tes mensonges » et est devenu un des auteurs incontournables de sa génération.
S’affirmant aussi comme un scénariste original et très personnel, il a signé le scénario de Mourir d’aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise Rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine de Josée Dayan interprété par Gérard Depardieu, et de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling. Un homme accidentel sera prochainement adapté au cinéma. Un tango en bord de mer, sa première pièce en tant que dramaturge, a été jouée à Paris à l’automne 2014 et publiée parallèlement chez Julliard puis reprise à l’automne 2015 au Théâtre du Petit Montparnasse.

Résumé : Un père et son fils, que tout sépare, séjournent dans leur maison familiale au bord de l’Atlantique. Un huis clos étouffant dans la torpeur d’un été durant lequel les contentieux oubliés et les chagrins inconsolés refont surface. Le jeune homme passe d’une hostilité sourde à une haine pure et dangereuse envers son père.

«J’ai souvent repensé à la mise en place du piège qui allait se refermer sur nous. À cet étrange ballet à quatre, dans lequel parfois s’immisçait un étranger. À ces va-et-vient d’une maison à l’autre, du jardin à la chambre, de la fraîcheur de la véranda à la chaleur de la plage ; ces déplacements infimes que nous accomplissions et qui tissaient à leur manière une toile où nous allions nous empêtrer. À cette langueur de juillet, lorsqu’on succombe à la paresse et que le désir s’insinue. À ces abandons progressifs : de la morale, du discernement, du sens commun. Nous aurions pu facilement tout empêcher mais aucun d’entre nous n’a pris la décision d’arrêter la machine folle. Aucun d’entre nous n’y a songé.»

Mon avis : Dès le départ, nous savons qu’un drame va se produire. Là n’est pas la vraie problématique du livre. C’est un livre sur un adolescent qui se cherche. Il a perdu sa mère qui a succombé à une over dose de médicaments. Pour lui, le responsable c’est son père, homme d’affaire coureur, charismatique, prédateur de femmes et qui a abandonné femme et enfant. Il se retrouve en vacances avec son père, cet homme qu’il déteste sur le lieu du décès (suicide ??) de sa mère. Ce jeune, qui n’a jamais osé dire ce qu’il avait sur le cœur, qui se fait horreur quand il voit en lui des ressemblances avec son père va être le narrateur sans nom de trois semaines de vacances à la plage. Un jeune couple loue la maison voisine. Une idylle va naitre entre la jeune femme et son père… Amour d’été ? Plus ? La jeune femme est solaire, l’antithèse totale de sa mère, elle est le double féminin de son père (sensuelle, libre – ne veut pas d’enfants – ) ; son mari ressemble à sa maman ( doux, innocent, ne voyant le mal nulle part). Un autre personnage, une jeune fille avec laquelle il a une amourette (elle le domine , lui qui fait tout pour ne pas ressembler à son père) et un jeune garçon avec lequel il aura une aventure ( est-ce pour se démarquer de son père ? ) qui provoquera un clash père – fils ou tout ce que le garçon gardait au fond de lui ressortira.

Un style fluide, une belle analyse des rapports ambigus entre deux générations, un drame aui se noue sous nos yeux… et un narrateur anti héros qui n’a même pas de nom… pour montrer à quel point il est en retrait bien que partie prenante…

Extraits :

“J’ai soulevé le couvercle du vieux coffre installé dans ma chambre. Le désordre des souvenirs entassés m’a décontenancé. Je croyais que le passé était mieux rangé que ça.”

“Parfois, j’ai l’impression de n’avoir jamais été rien d’autre que cela : un gosse agenouillé devant un coffre ouvert, devant les photos de sa mère, et qui ne réussit pas à se relever.”

“Ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas vu la lumière s’approcher, l’obscurité se dissiper peu à peu, le glauque devenir moins glauque, une pâleur se dessiner. Les fonds sont restés sombres jusqu’au dernier moment (avait-il gardé les yeux fermés ?). En tout cas, quand le jour lui est apparu, quand l’horizon a surgi, il n’a pas été aveuglé, il n’a pas eu besoin d’accommoder le regard, tout a été très clair.”

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