Jerusalmy, Raphaël “Sauver Mozart” (2012)

Jerusalmy, Raphaël “Sauver Mozart” (2012)

Auteur : Raphaël Jérusalmy est issu de l’École normale supérieure. Après ses études, il s’engage dans l’armée israélienne, au sein de laquelle il évolue rapidement vers le service de renseignement. Après une quinzaine d’années, il prend sa retraite de l’armée et mène des actions éducatives et humanitaires, puis devient négociant en livres anciens à Tel Aviv. Il est également expert sur la chaîne de télévision I24news.

Œuvres : Shalom Tsahal : confessions d’un lieutenant-colonel des renseignements israéliens (2002) « Sauver Mozart »(2012) , « La Confrérie des chasseurs de livres » , « Les obus jouaient à pigeon vole » (2016) . En 2017, il publie « Évacuation« , en 2018 « La Rose de Saragosse« ,  en 2022 « In Absentia »

 

Résumé : De juillet 1939 à août 1940, le journal d’Otto J. Steiner, critique musical salzbourgeois reclus dans un sanatorium en déshérence au cœur d’un monde qui tombe en miettes. En orchestrant la vengeance de la musique contre l’Histoire, Raphaël Jerusalmy signe le roman irrésistiblement cruel et drolatique d’un destin à deux doigts de changer celui du siècle.

Mon avis : Ce court roman ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire. Incisif, sans concession, brutal et profond.  Des phrases courtes. Un événement historique auquel il se retrouve mêlé de près.

Cet homme malade, atteint de tuberculose vit dans une clinique. Tout part en miettes et se délite dans sa vie.. Lui, en proie à la maladie, ses conditions de vie, le monde qui l’entoure.. Ce qui va le maintenir en vie : le festival de Musique de Salzbourg. Il ne faudrait pas qu’en plus Mozart y soit massacré ! et un autre objectif : la mort… au départ il veut se tuer et son désir de mort  va changer de cible au vu des circonstances : tuer Hitler.

Extraits :

La douleur se fait moins précise. Elle se répand comme l’eau dans la cale d’un navire. Elle m’engourdit les membres. J’ai de moins en moins la force de résister. Aux courants.

Dans la cour, les arbres sont nus. Leurs branches défeuillées se balancent au vent, comme si elles tremblaient de froid elles aussi.

Le génie musical, c’est le souffle qui traverse La Flûte enchantée avant même qu’elle n’émette un seul son. L’attente qui précède l’entente. C’est le geste, l’attitude, l’émotion. Rien à voir avec les notes

Pouvoir tuer qui on veut, quand on veut. Tant de gens ont ce pouvoir. Les généraux, les infirmières, les conducteurs de tram qui roulent trop vite. Rien de plus banal qu’un homicide. C’est à la portée de tout le monde. Un motif n’est pas toujours nécessaire. Plutôt un état d’esprit. Une envie

C’est à Salzbourg qu’il revient de rédimer Mozart. Puisqu’il l’a trahi. Le prochain Festspiele est notre dernière chance. Pas de sauver notre âme, il est trop tard, mais la sienne. Et celle de la musique tout entière. Elle doit y être jouée, et non exécutée.

Je vis en eau trouble. Comme un galet dans un torrent. Un galet qui roule encore

Mais le dimanche est un jour magique. Même pour nous. Juste parce que c’est dimanche. Pour les Arabes, c’est le vendredi, et les juifs, le samedi. Les trois ensemble, ça fait ce que les Américains appellent un long week-end.

 

et son autre livre (coup de cœur lui aussi) : Jérusalmy, Raphaël « La Confrérie des chasseurs de livres » (2013)

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