Collette, Sandrine – Un vent de cendres (02.2014)

Auteur : Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Elle décide de composer une fiction et sur les conseils d’une amie, elle adresse son manuscrit aux éditions Denoël, décidées à relancer, après de longues années de silence, la collection « Sueurs froides », qui publia Boileau-Narcejac et Sébastien Japrisot. Il s’agit « Des nœuds d’acier », publié en 2013 et qui obtiendra le grand prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le roman raconte l’histoire d’un prisonnier libéré qui se retrouve piégé et enfermé par deux frères pour devenir leur esclave. En 2014, Sandrine Collette publie son second roman : « Un vent de cendres » (chez Denoël). Le roman commence par un tragique accident de voiture et se poursuit, des années plus tard, pendant les vendanges en Champagne. Le roman revisite le conte La Belle et la Bête. Pour la revue Lire, « les réussites successives Des nœuds d’acier et d’Un vent de cendres n’étaient donc pas un coup du hasard : Sandrine Collette est bel et bien devenue l’un des grands noms du thriller français. Une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches »2015) « Il reste la poussière » obtient le Prix Landerneau du polar 2016. En 2017, elle publie « Les Larmes noires sur la terre ».

Résumé de l’éditeur ( un peu tronqué pour préserver un peu du suspense): Des années plus tôt, un accident l’a défiguré. Depuis, il vit reclus dans sa grande maison. Jusqu’au jour où surgit Camille…Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa sœur Camille d’un œil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l’endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n’en démord pas. L’étrange fascination d’Octave pour Camille, pour ses cheveux d’un blond presque blanc, le met mal à l’aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.

Mon avis: J’avais entendu tellement de bien de son précédent roman que quand j’ai eu la possibilité de le lire « tout chaud, dès sa sortie », j’ai pas hésité ! Quelle déception ! A part le dernier chapitre, c’est plat… alors je veux bien que ce soit une relation psychologique entre deux personnages mais alors cela ne m’a pas du tout convaincue. Un avantage, écriture fluide et se lit très vite. Pour le reste, je vais lire le précédent pour me rassurer quant à l’engouement des amis car là le flop total en ce qui me concerne !

 Extraits:

Il sent bien que quelque chose glisse hors de lui, quelque chose comme de la vie, mais il ne peut rien y faire, pas même l’expliquer aux gens qui l’entourent

Il n’y a rien à dire de cet espace qui vit encore, replié sur lui-même comme pour endormir la douleur. Une bribe d’existence. Une étincelle éteinte dans une solitude absolue.

Jamais cela ne s’apaisera, car aucun remède n’existe. L’image simple et terrible que lui a donnée un médecin le hante : la mort de Laure est une blessure. Comme toute blessure, elle guérira, de gré ou de force. Mais elle laissera une cicatrice. Qui lui fera mal par mauvais temps, quand la pression atmosphérique sera trop haute. Ou quand il y aura du vague à l’âme, comme on dit qu’il y a du vent. Une cicatrice refermée qui restera l’endroit le plus fragile de son corps et de son âme.

De loin il surveille les choses, pâle et reclus, suit la vie comme un étrange spectateur qui prendrait soin de rester à l’écart, pour qu’elle ne le touche pas

Un corps-mort au milieu du divorce des vieux, dansant sur les vagues, toujours au-dessus. Une bouée dans son océan, elle qui a si peur de l’eau.

Le jour s’est levé sur un soleil de fin d’été éclatant, un soleil d’Orient, bleu derrière et voilé encore, promesse d’un temps magnifique

De toutes ses forces, il repousse les nuages bas aux confins du monde.

Elle l’attire comme le chant d’une sirène ; comme un tourbillon descendant tout au fond de l’eau, et qui ne rend jamais les corps.

Alors elle acquiesce, envoûtée par l’attraction qu’exercent les monstres et qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de les regarder, ni de croire qu’ils pourraient se transformer en princes et être sauvés

Devant lui la campagne est taiseuse, tapissée d’attente. Les herbes, les arbres font des réserves de rosée pour la journée et les hortensias dont les feuilles s’étaient flétries de sécheresse la veille ont repris de la vigueur pendant la nuit.

Des yeux délavés comme s’il avait été sous la pluie avec eux, du gris des nuages bas et laiteux, qui la sondent sans retenue

Rouvrir la blessure pour être certain de ne jamais l’oublier, même si son visage s’estompe et qu’il doit regarder sa photo chaque jour pour se rappeler

Tu vois qu’on peut revenir en arrière. Il suffit de tout casser.

Il existe des temps suspendus, ces temps d’un autre monde qui précèdent les tempêtes et dont, si nous n’étions pas fous, nous nous garderions avec prudence. Ces instants et ces heures qui endorment toute méfiance, qui nous font croire à la possibilité de faire table rase du passé, de tout recommencer ; ces temps de mensonge

(Il) l’imagine comme une vague immense, avalant tout sur son passage, et qui comme toutes les vagues ira échouer sans force et sans avenir, vomissant ses violences, sur une plage inerte

 

2 thoughts on “Collette, Sandrine – Un vent de cendres (02.2014)

  1. Suite à ton commentaire et parce que j’ai lu des avis similaires, je vais passer mon chemin. Pourtant son premier roman, « Des nœuds d’acier », était excellent !

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