Collette, Sandrine «Juste après la vague» (2018)

Collette, Sandrine «Juste après la vague» (2018)

Auteur : Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Elle décide de composer une fiction et sur les conseils d’une amie, elle adresse son manuscrit aux éditions Denoël, décidées à relancer, après de longues années de silence, la collection « Sueurs froides », qui publia Boileau-Narcejac et Sébastien Japrisot. Il s’agit « Des nœuds d’acier », publié en 2013 et qui obtiendra le grand prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le roman raconte l’histoire d’un prisonnier libéré qui se retrouve piégé et enfermé par deux frères pour devenir leur esclave. En 2014, Sandrine Collette publie son second roman : « Un vent de cendres » (chez Denoël). Le roman commence par un tragique accident de voiture et se poursuit, des années plus tard, pendant les vendanges en Champagne. Le roman revisite le conte La Belle et la Bête. Pour la revue Lire, « les réussites successives Des nœuds d’acier et d’Un vent de cendres n’étaient donc pas un coup du hasard : Sandrine Collette est bel et bien devenue l’un des grands noms du thriller français. Une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches »( 2015) « Il reste la poussière » obtient le Prix Landerneau du polar 2016. En 2017, elle publie « Les Larmes noires sur la terre ». En 2018 elle sort « Juste après la vague ». «Animal » sort en 2019.

Denoël –  18/01/2018 – 301 pages

Résumé :  Une petite barque, seule sur l’océan en furie. Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. Un combat inouï pour la survie d’une famille. Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et soeurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée.

Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île. Et l’eau recommence à monter. Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous.

Il va falloir choisir entre les enfants. Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.

Mon avis : Quatrième livre de cette auteure que je lis  :  un énorme coup de cœur « Les Larmes noires sur la terre »… deux déceptions … « Des nœuds d’acier » , « Un vent de cendres », et celui-ci « Juste après la vague »

Un volcan s’écroule dans l’océan, la vague engendrée recouvre tout sur son passage … Tout, sauf une famille qui habite un peu sur les hauteurs … un couple et 9 enfants. Et l’eau continue de monter, les vagues de déferler, les tempêtes de se succéder…

Pour survivre, il leur faudra fuir, mais la barque ne peut pas accueillir tout le monde… Abandonner 3 enfants… Quel choix cornélien ! et comment choisir ? En raisonnant utile ? ou autrement ? et comment le leur faire admettre ?

La construction est intéressante et l’auteure donne la parole à tous les protagonistes : les parents, les enfants qui sont du voyage et ceux qui sont restés à terre. La bagarre pour la survie sur l’eau et sur la terre ferme… La puissance de la nature, les éléments déchainés, pas de répit une fois que le lecteur est embarqué dans l’aventure. Et les descriptions sont juste hallucinantes, magiques, terrifiantes, glaçantes… bienvenue en enfer…

Et j’ai fait comme les membres de la famille … je me suis accrochée, j’ai ramé… mais je n’ai pas chaviré … trop sombre, trop stressant, trop factuel… On ressent bien l’importance de tous les membres de cette famille, l’amour qui les relie, le déchirement éprouvé par ceux qui sont partis, l’incompréhension de ceux qui sont restés car ils sont certains de l’amour de leurs parents…

Je vous recommande ( quand même mais avec un bémol donc) de lire ce livre … il a tout pour vous emporter mais, il y a un mais,  coté affectif, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages – mis à part le personnage de Louie qui a tout pour vous prendre par le bout du cœur. Je suis restée spectatrice… Je ne sais pas pourquoi mais cette auteure ne me rend pas ‘empathique’ avec ses personnages…

Extraits :

Bref, les vieux avaient eu raison, parce que le ciel et les saisons s’étaient déréglés, et qu’une ère de tempêtes et de petits ouragans avait commencé.

La vague, levée tel un monstre liquide, lui avait arraché un cri de terreur. Elle avait obscurci le ciel à des kilomètres de lui, ouvert une gueule béante et s’était lancée à l’assaut du monde, des hommes et des bêtes.

pas besoin de mots pour entailler l’âme et la chair n’est-ce pas, le silence suffit, quand il se charge de tant de choses

Il y a un vide effrayant au fond d’eux qui les empêche de penser, de bouger, de parler parfois.

L’abandon commence.
Seul l’épuisement les calme.

Quelque chose en eux perçoit que la tristesse s’estompe pendant le sommeil, ce sont des heures gagnées, des heures volées pendant lesquelles ils n’ont pas besoin de vivre, si petits répits, et si nécessaires.

Quand les bruits se taisent, le silence le dresse.

L’eau autour de lui l’oppresse, une sorte d’être vivant qui cherche les interstices pour se faufiler, ronger les fondations de la maison, celles de la tour, creuser en silence jusqu’à ce que tout s’effondre d’un coup.

Elle n’imagine pas que la nécessité puisse avoir raison de la douleur de cette façon-là, avec tant d’indifférence et tant de renoncement.

Il sait comme le malheur arrive toujours au dernier moment, quand on croit qu’on est sauvé, quand on crie victoire trop tôt

Il y a l’absence,  il y a la douleur ; mais quelque chose d’autre aussi, d’encore plus puissant, qui transcende la peine.
La joie d’être sauvé.

Des regrets, oui, du chagrin, fort. Mais demain. Pour l’heure, seuls comptent les vivants – les vifs, se dit-il dans un sourire, les vivaces. Les plus forts.

Il ne craint pas qu’elle s’épanche, qu’elle lui déverse ces torrents de souffrance et de mal-être que son corps exsude : elle ne répond jamais. C’est pour cela qu’il pose encore la question, parce qu’il sait qu’elle restera muette – sa douleur, il n’en supporterait pas davantage.

Est-ce donc lui qui la rend si transparente ? Si c’était son regard à lui qui ne savait plus la voir.

 

6 Replies to “Collette, Sandrine «Juste après la vague» (2018)”

  1. Hello Catherine,

    J’aime beaucoup la nouvelle mise en page de ton site, j’y suis déjà passée souvent pour puiser de l’inspiration quand à mes choix de lecture, vu qu’à première vue nous avons à peu de choses près les mêmes coups de coeur littéraires ! J’ai un peu honte de n’avoir pas laissé de commentaire plus tôt…mais faute avouée…tu connais la suite !

    Amicalement.
    Corinne

    1. Ah je suis très contente de te lire. J’espère que maintenant tu vas laisser des petits commentaires alors? Et contente que tu apprécies la nouvelle mise en page.

  2. Coucou la miss, le blog me plaît bien avec cette nouvelle déco plus contemporaine.

    Ce livre m’attire par tes commentaires d’une part et que j’ai particulièrement un faible pour les livres de survie. Étonnamment ce bouquin t’a accrochée, tu ramais, stressais avec eux suspendue à leur sort et tu dis pourtant que tu n’arrives pas à expliquer ton manque d’empathie avec les personnages. Une contradiction qui me rend curieuse.
    P.S : je vois qu’avec ce nouveau blog tu as réussi à contrer le problème des notifications par email quand il y a de nouveaux commentaires. Ça c’est vraiment trop bien !

    1. Oui … étrange non ? bien que ballottée je suis restée à quai… Tu me diras ton avis.
      Alors la nouvelle mouture du blog, c’est ma douce moitié.. tout le mérite lui revient ! Avec les améliorations…

  3. Bon, tu dis être restée à quai et moi j’ai ramé, ramé, ramé pour le terminer. Pourtant tous les ingrédients devaient être là pour m’embarquer avec ce thème de la survie que j’affectionne. Mais là, la sauce ne prend pas, c’est plat, aucun relief dans cette intrigue où pourtant le style est intéressant. Et puis pourquoi omettre volontairement dans la syntaxe les sujets des verbes. Si c’est pour donner une dynamique, c’est râtè, il en ressort un côté bancal.

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