Calmel, Mireille «Les Lionnes de Venise» (2017)

Calmel, Mireille «Les Lionnes de Venise» (2017)

Tome 1 – Paru chez XO mai 2017 – 352 pages

Auteur : française, Née à Martigues , le 08/12/1964

Romans : Le Lit d’Aliénor, 2001 – Les tréteaux de l’enfance, 2003 – Le Bal des louves, 2003 (la chambre maudite – la vengeance d’Isabeau) – Lady Pirate, 2005 (les valets du roi – la parade des ombres) – La Rivière des âmes, 2007 – Le Chant des sorcières, 2008-2009: 3 tomes – La Reine de lumière, 2009-2010 (Elora – Terra Incognita) – Aliénor, le règne des Lions, 2011 – Aliénor, l’alliance brisée, 2012 – Richard Cœur de Lion (l’ombre de Saladin, 2013 – Les Chevaliers du Graal, 2014) – Aliénor, un dernier baiser avant le silence, 2015 – La marquise, 2014 (roman libertin sur la marquise de Sade) – Les Lionnes de Venise tome 1 (2017) – Les Lionnes de Venise tome 2 (2017) – La Fille des Templiers (2018)

Résumé : Quand désir et pouvoir côtoient le plus intrigant des mystères.

Venise, campo Santa Fosca, octobre 1627. Lucia, jeune et espiègle Vénitienne, se retrouve au milieu des flammes qui dévastent la modeste imprimerie familiale. Sous ses yeux, son père est enlevé par trois hommes armés. Qui donc se cache derrière ce crime ? La veille, la magnifique Isabella Rosselli, la plus rouée des espionnes de la cité des Doges, est venue faire reproduire une étrange gravure.
Lucia est décidée à percer cette énigme et à sauver son père. Dans une quête effrénée, elle s’immisce parmi les puissants, se mêle au bal des faux-semblants du carnaval, s’enfonce dans les arrière-cours des palais. Une Venise fascinante, oppressante, où le pouvoir se confond avec l’amour, où les étreintes succèdent aux duels et les baisers aux complots.
Dans ces bas-fonds de la cité lacustre, amis et ennemis avancent masqués. Lucia joue de ses charmes, de son épée, de son poignard aussi qu’elle porte au mollet. Elle ruse, croise le fer avec Giorgio Cornaro, le fils du doge, homme corrompu et dangereux, prête à tout pour découvrir la vérité sur cette gravure dont tous, à Venise, sont convaincus qu’elle recèle le secret du pouvoir absolu.
Après le succès de sa série sur Aliénor d’Aquitaine, Mireille Calmel nous plonge avec maestria dans la Venise trouble du XVIIe siècle.
Un formidable roman de cape et d’épée qui entraînera le lecteur de la cité des masques aux terres des mousquetaires.

 

Interview de l’auteur et les avis de la Presse : http://www.xoeditions.com/livres/les-lionnes-de-venise/

Mon avis : Je renoue avec plaisir avec cette romancière. J’avais lu les premiers : Le lit d’Aliénor Le Bal des louves (la chambre maudite-la vengeance d’Isabeau) – Lady Pirate (tomes 1 et 2) et ensuite je l’avais un peu oubliée ( mais je vais combler mes lacunes) ; je redécouvre son écriture fluide et agréable, et je découvre avec plaisir une flamboyante aventurière à Venise, Lucia (en lieu et place de retrouver la charmante Léonora de Frédéric Lenormand) . Coté historique car ce roman mêle personnages historiques et de fiction, nous côtoyons Giorgio Cornaro (Corner), Camillo Valaresso, Don Giovanni de Médicis et Livia Vernazza, Marco Docciolini (un Maître d’armes réputé), la courtisane Isabella Rosselli, Claude de Mesmes, tous ces noms – plus ou moins connus – qui ont fait l’histoire de Venise. Très bon roman d’évasion, qui nous fait visiter Venise, nous entraine sans aucun temps mort dans une aventure pleine de rebondissements, nous invite dans la Venise du Carnaval et des règlements de compte en faisant aussi un petit tour par Murano (in dialetto veneziano Muran). Une Venise vivante, tant par ses personnages que son climat, qui remue la lagune, comme le Sirocco  précède l’acqua alta. Et ce que j’ai aimé c’est que tous les personnages sont fascinants ou attachants, les principaux comme les secondaires. Palpitant! Vivement le tome 2 !

Extraits :

La langueur amoureuse n’était pas un état à Venise. C’était une règle. Et, à en juger par la sensualité animale qui se dégageait d’elle, cette femme en maîtrisait toutes les nuances.

Parfois de petits objets peuvent prendre beaucoup de place

aux armes préférer la ruse, dirait papa. Espérons que ce soit assez.

 Voici donc où elle se trouvait : dans un de ces couvents où l’on recueillait des orphelines, des veuves et où des hommes comme Cornaro venaient s’en satisfaire en échange d’une participation à leur entretien.

— Tu ignores donc qui je suis ?
— Sûrement une grande dame pour avoir autant d’or et d’ennemis.

Situé à son extrémité sud-est, le quartier des pêcheurs s’enroulait autour de l’église Santa Marta, la plus sobre de la Sérénissime.

Ils se quittèrent sur un regard. D’un fils à un père et d’un père à un fils. Même si les liens du sang n’existaient pas.

Comme un rongeur remonté dans ses entrailles, le doute grignotait sa raison.

Il n’avait pas prononcé un mot. Elle avait gardé les siens.
Par respect.

Muran n’était pas une île, mais une étoile de mer à quatre branches traversée par une artère palpitante et fourchue. Chacun de ses bras semblait autonome, mais, telle que son modèle, elle n’existait que par son cœur, le quartier des maîtres verriers, chassés de Venise en 1201 par le Sénat à cause des nombreux incendies que leurs fours provoquaient.

elle se contenta d’écarter son mantel et d’accrocher un rayon de lune à ses lames, pour les décourager d’attaquer.

Venise était devenue oppressante, tableau de poussière mouvante, ondulante, poudrant les silhouettes des bâtisses sous le halo des quelques lampions restants.

Le vent transformait les ruelles en instruments. Leurs bouches s’ouvraient de chaque côté de la frêle embarcation. Le sable frappait en continu les cloches des églises, arrachant des harmoniques là où seule aurait dû monter une complainte hurlante.

l’annonce du jour ramenait sur cette eau tranquille des reflets apaisants, comme si après avoir voulu avaler la cité, elle ne songeait plus qu’à la répercuter à l’infini dans son miroitement.

 

Photo : © Michael Kenna 1987

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