Trouillot, Lyonel «Le doux parfum des temps à venir» (03.2013)

Auteur : Lyonel Trouillot (né à Port-au-Prince, Haïti, le 31 décembre 1956) est un romancier et poète haïtien d’expressions créole et française. Il est également journaliste et professeur de littératures française et créole à Port-au-Prince.

Paru dans La Collection « Essences » d’Actes Sud – Mars 2013 – 64 pages

Résumé : Pour la collection “Essences”, Lyonel Trouillot s’est prêté au jeu des réminiscences olfactives. Sans précision de lieu ni d’époque, une mère parle à sa fille. Fugitive marquée au fer d’une fleur de honte, elle revisite les parfums violents de ses haltes et de ses errances. Un voyage dans le souvenir de cités délabrées, de paysages désertiques, de musiques barbares, de corps défaits et de rêves interdits qui fait naître en elle, comme après chaque épreuve, dans la promesse de l’enfant à naître à qui elle raconte aujourd’hui son histoire, le doux parfum des temps à venir.

Mon avis : C’est la première fois que je lis cet auteur et je suis sous le charme. Un long poème, une ode à la Mère. Le parfum, oui… mais celui de la vie, celui que l’on donne aux souvenirs, que l’on transmet, chargé d’espoir, comme la promesse de l’aube nouvelle… Parfum d’avenir, de vie à inventer et à re-sentir en lieu et place du deuil et de la noirceur… Merveilleuse mère qui fait chanter l’existence, qui donne de l’espoir, de la lumière, de l’envie de vivre … Tout en finesse, en délicatesse, sublimissime…

Et quel bonheur de savoir que de nouvelles publications sont programmées pour cette fin d’année dans cette petite collection « Essences » au parfum de nostalgie, d’espoir, de vie …

Extraits :

 

À toi, demain, quand je serai partie,
la lumière du jour et le silence des étoiles.

Pour moi j’ai appris à être forte.
Et si fragile je fus, c’est mon secret le mieux gardé.
Nul ne m’a vue ramper ni appeler au secours.
J’ai fait face à toutes les épreuves, résolue et lucide.
Mais j’ai eu peur pour ton innocence,
peur de te voir grandir trop vite à ce mauvais côté de l’histoire
qui donne sa santé au malheur.

Ce n’est pas avec la grandeur du passé qu’on fabrique les lendemains.

Je ne regrette pas tous ces songes inventés.
Il y a un temps pour l’illusion qui nous permet d’aimer la vie.

La vérité.
Les guerres.
Les petites.
Celles qu’on dit d’intérieur,
tueuses de corps et d’âme

pour donner à chaque aube son parfum de promesse,
il te faudra vaincre la haine.

 

La Collection « Essences » d’Actes Sud (voir page sur le blog)

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