Penny, Louise «Un outrage mortel» (2017)

La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 12 : Un outrage mortel (paru au Canada – Flammarion Québec – le 10 aout 2017)

Résumé : Quittant sa retraite de Three Pines, Armand Gamache accepte de reprendre du service à titre de commandant de l’école de police de la Sûreté. À cette occasion, Olivier lui offre une curiosité : une carte centenaire qui était emmurée dans la salle à manger du bistro du village. Il n’en faut pas plus pour mettre l’ancien enquêteur sur la piste d’un passé qu’il préférerait sans doute oublier. C’est alors qu’entrent en scène quatre étudiants de l’école de police et un professeur… découvert assassiné. Dans la table de nuit de la victime, une copie de la carte de Gamache fait peser de lourds soupçons sur ce dernier. D’autant que son comportement avec une recrue au profil inquiétant désarçonne tout le monde, y compris le fidèle Beauvoir. Le commandant a ses secrets, mais les outrages du passé ne sont-ils pas plus dangereux lorsqu’on veut les occulter ?

Mon avis : Alors moi.. je suis une inconditionnelle ! J’adore la famille Gamache et la bande de Three Pines… Le Commandant prend les rênes de l’Ecole de la Sureté. il n’est pas au bout de ses peines.. Lutter contre la corruption n’est pas chose facile… et réformer de l’intérieur n’est pas simple non plus.. Surtout quand personne ne comprend ou il veut en venir et que lui ne veut pas expliquer ces intentions… Faut dire qu’il ne cherche pas la facilité non plus… Et il doit en plus affronter le passé… Un roman sur l’endoctrinement des jeunes malléables, sur la peur de vivre et celle de mourir…

Certains ne voient pas ce que cette série a de fascinant et moi au contraire je suis admirative de ce personnage à la force tranquille, qui transforme ses doutes en certitudes, qui repousse les limites de la haine, aspire à voir le bien l’emporter sur le mal et veut toujours donner / laisser sa chance au plus démunis ….

Extraits :

Mais ce qu’il appréciait par-dessus tout, c’était la possibilité qu’il avait désormais de façonner l’avenir au lieu de simplement réagir au présent.

Malgré tout, certaines rides menaient ailleurs. Vers la cambrousse, vers la nature sauvage. Où de terribles événements s’étaient produits. Certaines des rides de son visage débouchaient sur des événements inhumains et abominables.

Et peut-être, lorsqu’ils seraient pareillement cartographiés, la bonté se lirait-elle sur leurs visages à eux aussi.

La force ou la faiblesse de toute chose est d’abord et avant tout humaine.

Dans la demi-obscurité, il ne distinguait que des livres. Les murs en étaient tapissés. Ils étaient empilés sur des tables. L’unique fauteuil, éclairé, était recouvert de livres ouverts. Capitonné de récits.

Elle aurait plutôt dû craindre les mots, les idées. Amelia le savait, elle. Et elle savait aussi que c’était ce qui rendait les drogues si dangereuses. Elles faisaient éclater l’esprit et non le cœur. L’esprit d’abord. Ensuite, le cœur. Enfin, l’âme.

« Ne croyez pas tout ce que vous pensez. »

Il éteignit les lumières et se dirigea d’un pas prudent vers la chambre en se demandant laquelle des deux gueules de bois, le matin venu, serait la plus pénible. Celle de l’alcool ou celle des émotions ?

Les mystères ne sont pas tous des crimes, répondit le commandant. Par contre, tout crime débute par un mystère. Un secret. Une réflexion ou un sentiment cachés.

Nous enquêtons sur des crimes, mais d’abord sur des personnes. Sur ce qu’elles nous cachent. Les secrets ne sont pas des trésors, vous savez. Ils ne vous confèrent pas de pouvoirs. Ils vous affaiblissent. Ils vous rendent vulnérables.

Comment ferez-vous pour chercher la vérité chez les autres si vous n’acceptez pas d’être vous-même ?

Les premières cartes étaient celles des cieux, vous savez. Ce que les anciens pouvaient voir. Là où habitaient leurs dieux. Toutes les cultures ont cartographié les étoiles. Ensuite, elles ont baissé les yeux. Sur le monde qui les entourait.

Un meurtrier se nourrit du chaos, de la division et de la diversion. Des querelles intestines, en somme. Il vous distrait, sape votre énergie. Vous devez apprendre à collaborer. Avec tout le monde. Sans exception.

Les professionnels savent que l’arme, dès qu’un crime est commis, cesse d’être un fusil, un couteau ou un gourdin et devient un nœud coulant. Elle s’accroche au meurtrier. Il se croit malin en l’emportant avec lui, mais il est plus difficile de s’en débarrasser qu’on l’imagine parfois. Plus longtemps il la garde en sa possession, plus le nœud se resserre, et plus la chute est terrible.

l’enfant maltraité cherche désespérément à plaire à l’agresseur. Il veut l’apaiser. Il apprend, très tôt et très vite, que, dans le cas contraire, il y a un prix à payer. Aucun enfant ne court le risque de mécontenter le parent qui le maltraite.

Notre histoire, notre cuisine, nos chansons et nos récits sont issus de l’endroit où nous vivons.

L’histoire d’un lieu est tributaire de sa géographie. Si le terrain est montagneux, par exemple, il est plus difficile à conquérir. Les habitants sont plus indépendants, mais aussi plus isolés. Il est entouré d’eau ? Dans ce cas, il est sans doute plus cosmopolite.

Une fille percée, rapiécée. Comme l’Homme de fer-blanc dans Le magicien d’Oz. À la recherche d’un cœur.

Elle frappait à la porte. Réclamait la vérité. Exigeait de connaître les alliés et les ennemis.
Une autre guerre mondiale. Son monde à elle. Sa guerre.

Les vrais criminels, les pires criminels, ne se trouvaient pas dans les ruelles glauques. Ils étaient assis dans nos cuisines, à nos tables.
Peu spectaculaires et toujours humains.

Quelques années plus tôt, il aurait été consterné par des échanges comme celui-là, mais, maintenant qu’il avait appris à connaître les autres villageois, il n’était plus dupe : c’était simplement une sorte de pas de deux verbal.

Un portrait révèle la vie intérieure, la vie secrète d’une personne. C’est ce que les peintres s’efforcent de saisir. Le faire pour d’autres, c’est une chose ; retourner l’arme contre soi, c’en est une autre.

Être perdu est beaucoup plus difficile que de suivre le mauvais chemin. C’est pour cette raison que tant de gens refusent de s’en écarter.

Il y a toujours un chemin de retour. À condition d’avoir le courage de le chercher et de l’emprunter. « Je m’excuse. Je me suis trompé. Je ne sais pas. »

Elle avait peint la force de la jeunesse. Fragilisée, affaiblie par la peur. Par la stupidité des vieux, leur cruauté et leurs décisions.

 

Penny, Louise : La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

 

 

2 thoughts on “Penny, Louise «Un outrage mortel» (2017)

  1. En lisant ce livre, je m’imaginais, blotti au coin du feu, du pub du village de Three Pines, sirotant un café qui n’aurait été apporté par Olivier. Je me voyais discuter de cette carte avec, Marie-Reine, Myrna, Clara et peut-être aussi Ruth, dépendamment de son humeur.

    Le coeur m’a faisait mal en voyant l’inspecteur de la GRC jouer avec les preuves afin qu’elles ne désignent qu’un seul coupable, Armand qui lui restait calme et zen. J’aurais aimé le secouer afin qu’il se défende, qu’il réagisse.

    Comme toujours, tout en restant calme et intègre, il a réussi à trouver le coupable et déjouer tous les complots, tout en nous laissant l’espoir de le revoir.

    J’aimerais bien trouvé ce village, qui n’apparaît nul part, et m’y installer afin de pouvoir, enfin,me blottir au coin du feu, du pub du village de Three Pines, sirotant un café qui n’aurait été apporté par Olivier et de discuter avec Marie-Reine, Myrna, Clara et peut-être aussi Ruth, dépendamment de son humeur.

    Si vous ne connaissez pas Armand Gamache, je vous le recommande, courez vite vous procurez cette série de Louise Penny, et vous aussi vous tomberez en amour avec le village de Three Pines et de ses habitants.

    • Merci à toi , mon amie canadienne, de m’avoir fait découvrir Three Pines et tous ceux qui aiment ce petit coin de terre canadienne. C’est toujours un bonheur de passer un moment avec eux 😉

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