Parks, Alan « Janvier noir » (2018)

Parks, Alan « Janvier noir » (2018)

Auteur : Alan Parks est né en Ecosse non loin de Glasgow où il a ensuite fait ses études. Après avoir travaillé dans la musique à Londres où il s’est occupé de promotion artistique et de la direction du label 679 Recordings, il se tourne vers l’écriture.
Passionné par le roman noir et entre autres les œuvres de William McIlvanney et James Ellroy, il projette de dépeindre la ville de Glasgow à travers la série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney.

Rivages Thrillers – 07.03.2018 – 365 pages/ Rivages Noir poche – 05.02.2020 – 300 pages – Olivier Deparis (Traducteur)

Série : Inspecteur Harry McCoy  (série en 12 tomes prévue) – « Janvier noir » (tome 1) – « L’enfant de février » (tome 2) – « Bobby Mars forever » (tome 3)

Résumé : « Le regard du gamin se fixa soudain, comme s’il venait seulement de remarquer sa présence. Son bras pivota dans sa direction, le pistolet se braqua droit sur sa tête. McCoy se figea tandis que le gamin affinait sa visée. Une détonation sèche retentit. Une nuée de moineaux s’envola du toit et la foule paniqua pour de bon. » Dans l’un des secteurs les plus passants de Glasgow, devant la gare routière, un garçon d’à peine vingt ans ouvre le feu sur l’inspecteur McCoy et sur une jeune femme, avant de retourner l’arme contre lui.
La scène se déroule sous les yeux de Wattie, l’adjoint de McCoy. Qui est ce mystérieux garçon ? Quel est le mobile de son acte ? C’est ce que les deux policiers vont s’efforcer de découvrir, malgré l’opposition de leurs supérieurs. Une enquête en forme de déambulation dans une ville âpre, noire, parfois désespérée et pourtant palpitante d’humanité. Une ville qui vous saute à la gorge et ne vous lâche pas.

Premier opus d’une série mettant en scène l’inspecteur McCoy et son adjoint Wattie dans le Glasgow des années 1970, sur fond de musique, drogues et gangs, dans la lignée de William McIlvanney. Quand une jeune femme est abattue par un garçon de 18 ans en pleine rue à Glasgow non loin de la gare routière, l’inspecteur Harry McCoy y voit autre chose qu’un acte de violence isolé. Son enquête le met sur la piste d’un réseau de drogue et surtout l’amène à croiser la route de Teddy Dunlop, fils dégénéré d’une riche famille de Glasgow, qui fait la pluie et le beau temps dans la ville.

Mon avis :
Un Glasgow froid, gris, sous la neige, la misère et le glauque…
Le meurtre d’une jeune fille, le suicide de son meurtrier – un jeune garçon – le tout sous les yeux d’un flic qui avait été convoqué la veille par un détenu pour lui demander de faire en sorte que la jeune fille en question ne soit pas tuée le lendemain… Pourquoi ? mystère…
On nage dans le noir (le gris sacrément foncé pour l’ambiance) le plus complet…
Pour ce qui est de se mouvoir en eaux troubles, on est servis. Dans les bas-fonds de Glasgow, avec pour principaux acteurs des policiers largement corrompus, des souteneurs, des drogués, la pègre, des politiciens véreux, des prostitués, les sans-abris, bref on est dans la lie de la société. D’un côté la misère noire, et en face la caricature des riches qui se croient tout permis et intouchables…
Dire que les agissements du principal personnage, l’inspecteur McCoy sont borderline, c’est bien en dessous de la réalité. Mais il faut reconnaitre que ce flic, qui traine derrière lui une enfance et un passé bien chargé est terriblement humain et attachant. Une enfance qu’il partage avec un caïd local… Dans ce livre, on fait connaissance avec lui et son adjoint, un jeune flic qui est pour la première fois sur le terrain. Il va falloir qu’il s’accroche !
Et en toile de fond la Glasgow des années 70, ville sinistrée, désindustrialisée et en perdition, des quartiers en ruine, une population défavorisée à l’extrême, une peinture impitoyable de la société glasgowienne qui fait froid dans le dos ( manière dont sont traités les orphelins placés chez les religieux), une ville sous l’emprise de la drogue et de l’alcool, de la violence et de la corruption.
J’ai aimé et je vais m’empresser de passer à la suite.
Je pense que ceux qui apprécient Rebus, le héros de  Ian Rankin ( voir La série des enquêtes le John Rébus (et de Malcolm Fox) devraient apprécier : la différence principale : on est à Glasgow et non à Édinbourg.. et c’est nettement plus noir..

Extraits :

« L’usage des surnoms est dégradant et dépersonnalisant. Il doit être éliminé progressivement. »

Ici, c’est Glasgow, la grande méchante ville. Les choses s’y passent différemment. Il faut faire avec, sinon on serait en guerre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On se sert d’eux, ils se servent de nous.

Si tu veux tirer ton épingle du jeu, il te faut une porte d’entrée, quelqu’un à qui parler, un contact de l’autre côté de la barrière.

Incroyable, l’effet que pouvait avoir une soirée de beuverie, on les aurait dits devenus super potes. Les deux mousquetaires. La tradition écossaise, fallait-il croire : bourrez-vous la gueule ensemble et vous voilà amis pour la vie.

En oubliant pendant tout ce temps à quel point les riches étaient intouchables.

Glasgow était une ville faite de villages, de territoires délimités par les gangs qui se disputaient telle ou telle rue.

 

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