Miller, Madeline « Circé » (2018)

Miller, Madeline « Circé » (2018)

Autrice : née le 24 juillet 1978 à Boston dans le Massachusetts, est une écrivaine américaine. Son premier roman Le Chant d’Achille, paru en 2011 a remporté le Baileys Women Prize for Fiction.
Elle étudie le latin et le grec dans l’enseignement secondaire et obtient un Bachelor of arts (équivalent d’une licence) puis un Master of arts (équivalent d’un master) en latin et en grec ancien au Brown College.

Editions Rue Fromentin – 18.05.2018 – 448 pages / Pocket – 2-05- 2019  – 571 pages

Résumé : Après Le chant d’Achille, Madeline Miller s’empare d’une autre figure mythologique : Circé, la sorcière, experte en sorts et poisons, celle qui fut la compagne d’Ulysse. Elle en tire un véritable roman, mené avec un sens du suspens unique et explore toutes les facettes de cette femme. Circé, rejetée par sa famille, tiraillée entre les hommes et les dieux, fascine par son indépendance, sa liberté et son courage.

Fruit des amours d’un dieu et d’une mortelle, Circé la nymphe grandit parmi les divinités de l’Olympe. Mais son caractère étonne. Détonne. On la dit sorcière, parce qu’elle aime changer les choses. Plus humaine que céleste, parce qu’elle est sensible. En l’exilant sur une île déserte, comme le fut jadis Prométhée pour avoir trop aimé les hommes, ses pairs ne lui ont-ils pas plutôt rendu service ? Là, l’immortelle peut choisir qui elle est.
Demi-déesse, certes, mais femme avant tout. Puissante, libre, amoureuse…

Circé : Dans la mythologie grecque, Circé (en grec ancien Κίρκη / Kírkē, « oiseau de proie») est une très puissante magicienne, décrite par les auteurs antiques comme une déesse (Homère, Virgile), mais a ensuite été estampillée pour des motifs idéologiques ultérieurs comme une sorcière ou enchanteresse.

Mon avis : Comme j’ai toujours adoré la mythologie, un livre sur Circé ne pouvait que me tenter. Et j’ai aussi été attirée par la magnifique couverture des Editions Pocket (je sais cela ne veut rien dire sur le livre !)
Alors j’au eu le coup de cœur ! J’ai eu l’impression qu’on m’embarquait dans un merveilleux voyage, qu’on me racontait des histoires, j’ai été plongée dans un univers enchanté, et en même temps je savais que l’histoire était inventée, certes, mais instructive, car elle racontait un pan de la mythologie grecque. Que peut-on souhaiter de plus que d’être transportée dans un autre monde par la lecture ?
Circé, sorcière d’ Ææa (en grec ancien Αἰαία / Aiaía) est un personnage fascinant, une femme libre… et c’est sûr que cela dérange !
Je vous livre tout en vrac : venez partager son émerveillement à la découverte de l’amour d’un mortel, des plantes et de leur pouvoir ; approchez grâce à elle les Dieux et les personnages hors-normes comme Dédale, Icare, Thésée, Médée, Jason, Calypso, Scylla, les Parques   et bien sûr Ulysse, Pénélope, Télémaque et Télégonos ! ; assistez à la naissance du Minotaure…
Je me suis régalée !

Extraits :

 

Je ne serais plus un oiseau en cage, trop borné pour s’envoler alors même que les portes sont ouvertes.

Laissez moi vous expliquer ce que la sorcellerie n’est pas : ce n’est pas un pouvoir divin, qui vient en un clin d’œil, d’une simple pensée. Elle nécessite d’agir de manipuler, de planifier, rechercher, fouiller, sécher, couper et moudre, bouillir, parler et chanter. Et même après toutes ces étapes elle peut échouer, ce qui n’arrive pas aux dieux.

La sorcellerie n’est rien d’autre que des corvées de ce genre. Chaque herbe doit être prélevée dans son habitat, récoltée à temps, déterrée, sélectionnée, essayée, lavée et préparée. Elle doit être manipulée dans tous les sens, pour déterminer où réside ses pouvoirs. Jour après jour, patiemment, on doit jeter les essais ratés et recommencer.

Les gens ne sont pas naturellement bêtes, c’est juste qu’ils sont pris entre deux scorpions.

« Dans une existence solitaire, il existe des moments rares où une autre âme plonge tout près de la vôtre, comme les étoiles qui s’approchent de la terre une fois par an. Pour moi, il avait été ce genre de constellation là. »

On peut apprendre à une vipère à vous manger dans la main sans pour autant lui enlever le goût de mordre.

Rien de ce qu’elle dit n’a une signification unique, ou une intention unique, et pourtant, elle est stable. Elle se connaît.

Bien que toute ma vie n’ait été qu’opacité et profondeurs, je ne faisais pas partie de cette eau sombre. J’étais simplement une créature vivant de l’intérieur.

N’écoute pas tes ennemis, m’avait jadis dit Ulysse. Observe-les. Tu apprendras ainsi tout ce que tu as besoin de savoir.

Une idylle, voila comment j’avais appelé notre temps ensemble. Mais illusion était sans doute un terme plus approprié.

Cela dit, peut-être qu’aucun parent n’est capable de voir son enfant ainsi. En les regardant, nous ne voyons que le reflet de nos propres défauts.

La vie n’est pas aussi simple que ton métier à tisser. Ce que l’on tisse, on ne peut pas le défaire d’un seul geste.

One Reply to “Miller, Madeline « Circé » (2018)”

  1. Pour ma part je suis en plein milieu de l’histoire de Achille et de Patrocle avec « Le chant d’Achille » de la même romancière et sa version du récit mythologique me plait beaucoup.

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