Thilliez, Franck « Train d’enfer pour Ange rouge » (2004)

Thilliez, Franck « Train d’enfer pour Ange rouge » (2004)

Auteur : né le 15 octobre 1973 à Annecy, écrivain français, auteur de romans policiers et de thrillers, également scénariste., Franck Thilliez étudie a ISEN Lille afin de devenir ingénieur en nouvelles technologies, vit à Mazingarbe, petite commune proche de Béthune dans le Pas-de-Calais. Romancier, il est également scénariste et a coécrit, avec Nicolas Tackian, les dialogues du téléfilm intitulé Alex Hugo, la mort et la belle vie inspiré du roman américain Death and the Good Life de Richard Hugo, relocalisé en Provence pour l’adaptation à la télévision.

Romans : Série Sharko & Henebelle : 2004 : Train d’enfer pour Ange rouge – 2005 : La Chambre des morts – 2006 : Deuils de miel – 2007 : La Mémoire fantôme – 2010 : Le Syndrome E – 2011 : Gataca – 2012 : Atomka – 2014 : Angor – 2015 : Pandemia – 2017 : Sharko – 2019 : Luca – 2021 : 1991

Romans One-shots : 2002 : Conscience animale – 2006 : La Forêt des ombres – 2008 : L’Anneau de Moebius – 2009 : Fractures – 2011 : Vertige – 2013 : Puzzle – 2016 : Rêver – 2018 : Le Manuscrit inachevé – 2020 : Il était deux fois

La Vie du Rail « Rail Noir » / Pocket, 2004 428 pages / Pocket – 10.05.2007 –  432 pages / Pocket – 07.11.2016 – 436 pages

Série Sharko & Henebelle : Tome 1

Résumé : Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Mon avis :

Je viens s’attaquer la série par le tome 1 après avoir lu le préquel (1991) récemment.  Il n’y a pas à dire, pas de temps mort, pas de longueurs, du rythme. C’est efficace et on n’a pas le temps de s’ennuyer !

Tout à fait compréhensible que les gens soient accros à Sharko.
D’accord c’est violent et gore. On plonge dans les tréfonds de la noirceur et de l’horreur, mais ce qui tient la série, c’est le personnage de Sharko !

Certes on remarque que c’est un premier roman, avec parfois des phrases écrites pour « bien faire » et qui sont lourdes, défaut qui a été corrigé depuis. Il faut se rappeler que ce roman a bientôt 20 ans… Mais on pardonne très facilement le léger manque de fluidité. Une intrigue sophistiquée, qui ne fait pas dans la dentelle, nous entraine au bout de l’horreur et nous fait pénétrer dans des mondes que personnellement je n’ai pas envie de connaitre…
On est plongés dans l’univers noir du vice, de l’horreur, de la violence, des sado-maso, du crime sanglant et de la pornographie, des pervers, de la mafia du sexe…
Et pour faire monter la tension, Sharko est au centre de l’enquête, non seulement à titre professionnel mais aussi à titre personnel.
Les personnages qui entourent le Commissaire sont également attachants : sa voisine africaine, une psycho-criminologue de talent.
Le seul bémol : par moment cela tombe tellement dans l’horreur qu’il m’a fallu prendre du recul. J’espère que tous les suivants ne sont pas aussi durs et sanglants…
A suivre…

Extraits :

Elle vient souvent me rendre visite, dans mes rêves. Elle descend de tout là-haut, devancée par son parfum qui caresse mes cheveux comme le feraient des mains d’enfant. Mais à chaque fois, lorsque son regard embrasse le mien, des lames de rasoir coulent de ses yeux, des serpents aussi fins que des pailles tombent de sa bouche et de son nez et, de l’orifice béant qui troue sa poitrine, jaillit l’odeur pestilentielle de la mort.

Il n’y a rien de classique dans la façon dont a été perpétré le crime. Bordel, ces assassins sont pires que les virus ! Tu en combats un, un autre prend le relais, deux fois pire que le premier. Regarde la peste noire, puis la variole, le choléra et la grippe espagnole juste derrière. On dirait que le Mal s’auto-alimente de ses propres défaites.

—    Vous voulez dire qu’il… a signé son crime comme une espèce d’œuvre d’art ?
—    Disons qu’il a apporté un soin particulier à l’agencement de la scène du crime. »

« Du point de vue mythologique, le défunt offre sa pièce à Charon, le nocher du fleuve des Enfers, afin de pouvoir traverser le Styx. Sans pièce, le mort est condamné à errer pour l’éternité dans le Tartare, sous terre. »

Il existe deux types de fantasmes. Les sexuels, comme les tiens, les miens et comme, tu as raison de le souligner, ceux de la plupart des gens. A ceux-ci viennent s’accoler les fantasmes dits de toute-puissance : le mythe de la performance, du pouvoir absolu, de la domination extrême. Les rêves de belles voitures, de déesses sur les plages, d’immenses richesses… »

Si tu éveilles en celui à qui tu parles la flamme qui fait briller ses yeux, ce petit quelque chose qui fait vibrer son cœur, alors tu en feras l’un de tes plus chers alliés. Tu n’auras plus deux bras, ni deux jambes, mais quatre, parce qu’il sera toujours à tes côtés quand tu auras besoin de lui.

Quand on franchit les portes de la Crim’, on oublie d’être humain, on devient des Dead Alive, des esclaves condamnés à combattre ce qui ne meurt pas ou renaît de ses cendres. On erre entre deux mondes, entre le commun et l’irréel, entre la chaleur d’un sourire et la pire noirceur terrée en chacun des esprits qui peuplent ces terres…

Une batterie technologique à la recherche de l’invisible, à la conquête du rien qui contient le tout.

Difficile, lorsque l’on ne sait pas ce que l’on veut, d’obtenir des résultats. Un peu comme un chercheur dans une grande pièce vide se disant, qu ‘est-ce que je vais faire aujourd’hui ? J’espérais peut-être l’évidence, mais madame Évidence avait décidé de rester blottie loin de moi et je devais faire avec.

L’ignorance me rongeait comme un acide à la douceur de l’hydromel, lent et indolore, efficace dans sa traîtrise. L’immensité bleue qui s’ouvrait devant moi accueillait mes pleurs dans son silence marin, les entraînait avec elle au loin et les gardait précieusement au fond de ses eaux, comme des coffres destinés à ne jamais être ouverts.

Cette science du ligotage nous vient du Japon. Elle représente, à l’origine, un art sur corps à base d’entraves. Sachez que certains bondageurs japonais sont aussi célèbres que de grands sportifs ; les places pour leurs séances de ligotage se monnaient à prix d’or et ils ont pour public des chefs d’entreprise, des avocats ou des cadres frustrés du nœud. Bien entendu, cet art originel s’est vite dégradé lorsqu’il s’est répandu dans les milieux sadomasochistes. Le bondage propose un panel impressionnant de techniques, un peu comme le Kâma Sûtra qui évolue de la position simpliste du missionnaire jusqu’à des combinaisons beaucoup plus évoluées, genre la brouette japonaise ou renfoncement du clou. »

Une grande partie des tueurs en série ont un désir de célébrité, allant même jusqu’à reconnaître des actes qu’ils n’ont pas commis pour gonfler leurs palmarès.

Mais sachez que les tueurs en série agissent sans mobile apparent. Ils n’entretiennent aucune relation avec les victimes, contrairement aux tueurs de masse. Ils peuvent se tapir dans l’ombre des mois, voire des années, puis recommencer.

Vous connaissez ces escouades de la mort, ces insectes nécrophages qui arrivent par salves successives sur les cadavres pour se nourrir et qui, l’heure venue, abandonnent leur place aux escouades suivantes ? Nous sommes un peu comme eux. Nous travaillons dans le sillage de la mort. Nous arrivons sur le cadavre quand il est trop tard, bien trop tard, et nous nous nourrissons des restes que le tueur veut bien nous laisser…

—     Il faut faire durer le plaisir, sinon que deviennent les rêves si l’on obtient tout ce que l’on souhaite ?

Une étincelle, deux silex que l’on frotte, illumina mon esprit.

Tu sais, je n’ai pas le flair du policier.
—    Non, tu as celui d’un chien de chasse.

—    Prenez un phare en pleine mer. Par une nuit calme, pouvons-nous affirmer que l’édifice est ferme ? Non. Par contre, si la tempête se déchaîne sur lui, alors nous saurons s’il tient bon. L’épreuve reflète la nature profonde des choses, c’est le miroir de la personnalité ! »

Une fleur reste ce qu’elle est, même privée de ses feuilles, même fanée ou brûlée par l’œil rouge du soleil. Les souvenirs s’estompent mais ne disparaissent pas, ils vont et viennent comme ces langues d’écume qui s’échouent sur une plage avant de repartir grandies par leur substance même. Ils tissent ce que nous sommes, bien plus que ce que nous avons été…

Je me demande si parfois la mort ne serait pas préférable à la vie. Le Grand Voyage facilite tellement les choses. Qu’il eût été simple de fermer les yeux, de donner dans un dernier effort un petit coup d’index sur une gâchette et de se jeter dans le grand tunnel blanc…

Vocabulaire :

Muscles conoïdes : Qualifie les ligaments qui servent à attacher la clavicule à la scapula

La stéganographie est l’art de la dissimulation : son objet est de faire passer inaperçu un message dans un autre message. Elle se distingue de la cryptographie, « art du secret », qui cherche à rendre un message inintelligible à autre que qui-de-droit. Pour prendre une métaphore, la stéganographie consisterait à enterrer son argent dans son jardin là où la cryptographie consisterait à l’enfermer dans un coffre-fort — cela dit, rien n’empêche de combiner les deux techniques, de même que l’on peut enterrer un coffre dans son jardin.
C’est un mot issu du grec ancien στεγανός / steganós (« étanche ») et γραφή / graphế (« écriture »).

La stéréotaxie est une technique utilisée en neurochirurgie pour atteindre des zones du cerveau de manière précise. Elle permet de définir la position d’une structure grâce à un système de coordonnées 3D dans l’espace et de l’atteindre pour procéder à un traitement, une biopsie, etc. La méthode assure une meilleure précision tout en étant moins invasive qu’une intervention classique : elle ne cible que les cellules malades ou toxiques.

 

Image : Fleur « Suzanne »: La Suzanne se caractérise par ses superbes fleurs plates, jaune orangé vif au cœur noir intense ou pourpre-brun, faisant 3 à 4cm de diamètre. Cette liane a besoin de chaleur (7 à 10°C minimum) mais ne résiste pas au moindre 0°C. Facile de culture, la Suzanne fera merveille dans votre jardin ou dans un pot.

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