Vingtras, Marie «Blizzard» (RL2021) 181 pages

Vingtras, Marie «Blizzard» (RL2021) 181 pages

Autrice :  Française, née à Rennes en 1972.  Elle emprunte son nom de plume à Arthur Vingtras (1855-1929), de son vrai nom Caroline Rémy, une journaliste et écrivaine française connue comme la première femme à diriger un quotidien de renom, le journal intitulé Le Cri du peuple. (source Wikipedia )

Editions de l’Olivier – 26.08.2021 – 181 pages

Résumé :
Le blizzard fait rage en Alaska. Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.
Avec ce huis clos en pleine nature, Marie Vingtras, d’une écriture incisive, s’attache à l’intimité de ses personnages et, tout en finesse, révèle les tourments de leur âme.

 

Mon avis :

Il y a Bess, il y a Benedict, il y a Cole, il y a Freeman, il y a le petit garçon disparu dans la tempête et il y a aussi un autre personnage, naturel celui-ci : le Blizzard… déchainé, fâché, en colère, qui s’acharne contre les personnages humains du roman.
Tous les protagonistes du roman sont des fugitifs… qui ont choisi de vivre isolés… dans un territoire ou il ne faut rendre de comptes à personne et en contrepartie accepter que les éléments se déchainent…
Belle idée de départ seulement voilà… je me suis rarement aussi ennuyée à la lecture d’un roman…  Certes l’idée de la confrontation entre l’être et les éléments jumelée avec la confrontation entre l’être et soi moi intérieur qui devient de plus en plus violente et profonde au fil des heures et le fait que les secrets remontent au fur et à mesure que les êtres s’enfouissent dans la neige est intéressante, mais ne dit-on pas qu’on souhaite se mettre en accord avec soi-même à l’approche d’une possible disparition ?
La tempête et le blizzard… pas assez présent, tout comme la nature. L’Alaska ? absent… Le côté nature ? pour ainsi dire inexistant … Et malheureusement pour moi, en voyant le titre et la couverture, je pensais que ce serait concrètement le 5ème personnage de ce roman…C’est le prétexte pour que quatre paumés racontent leurs vies… Et comme aucun des personnages n’est sympathique, que leur vie ne m’a pas interessée… j’ai été ravie que le livre soit court…
Alors oui ce livre est une déception ; j’en avais tellement (trop) entendu parler en bien que je suis tombée de haut…

Extraits :

J’ai toujours aimé les tempêtes, et surtout le moment juste avant, quand il faut tout protéger, boucher les interstices, rentrer assez de bois pour tenir quelques jours et se faire un espace clos, le plus hermétique possible. Et puis, quand la tempête est là, se claquemurer avec la cibi qui grésille, une tasse de café brûlant pour se réchauffer les mains et le feu dans la cheminée qui se rebelle à cause de la neige qui tombe dans le conduit et du vent qui s’y engouffre. J’entends la maison qui craque et qui gémit comme un petit vieux.

C’est quelque chose qui ne s’invente pas, savoir survivre.

ici tout a un sens, parce que chaque geste vous coûte un effort et que Dame Nature, elle vous fait jamais de cadeaux.

J’ai perdu tant de temps à espérer que quelque chose se débloque, à guetter les indices, alors que j’arrive à un âge où le temps est un luxe qui vient à manquer. Ici, vous pouvez tout oublier et être oublié.

Je suppose qu’ils aiment la nature, les grands espaces, comme si l’expression en elle-même était une sorte de formule magique qui résolvait tout. De grands espaces, il y en a partout dans le monde et on ne s’y ennuie pas autant. Moi, j’ai toujours préféré la foule. Je ne me suis jamais sentie perdue au milieu des gens, comme un poisson au milieu de ses congénères.

Il en sait tellement sur ce que l’on apprend dans les livres et si peu sur ce qui permet de vivre ici. Ça sert à quoi d’être incollable sur cette histoire de tectonique des plaques, si vous ne savez pas quoi faire en cas de tremblement de terre ?

Les bonnes femmes, c’est que des ennuis. Elles sont jamais contentes. À croire que le bon Dieu les a créées imparfaites pour nous faire tourner en bourrique.

Si vous étiez prêt à vivre au milieu de nulle part, à travailler dur, quel que soit le temps, et à pas vous plaindre, il y avait une place pour vous. Ça m’allait bien parce que des trucs cachés sous le tapis, j’en avais quelques-uns. On s’en sort pas dans la vie sans casser quelques œufs.

La guerre reste la guerre. Elle terrifie et galvanise en même temps. Elle banalise le fait que vous puissiez tuer d’autres êtres humains, juste parce qu’on vous a dit que vous aviez une bonne raison de le faire, que vous étiez le tenant du bien contre le mal.

La guerre nous avait pris notre fils et elle ne nous avait restitué que le négatif de la photo, juste une ombre blanche sur un fond désespérément sombre.

Être de passage, telle une comète, puis disparaître, toujours repartir, toujours sur la route.

Il m’avait dit un jour que mon univers restreint était ma propre prison dont je ne cherchais même pas à connaître les limites, tant j’étais trouillard et avais peur de la civilisation.

Quelquefois le poids des secrets est si lourd qu’on ne sait même plus comment s’en débarrasser sauf en disparaissant avec eux.

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