Parel, Francis « Le jour et l’heure » (2022)

Parel, Francis « Le jour et l’heure » (2022)

Auteur : Journaliste et photographe Francis Parel fut durant une trentaine d’années producteur et présentateur à la Radio Suisse Romande.
Outre de nombreuses émissions, on lui doit des reportages aux quatre coins du monde et des expéditions aux pôles Nord magnétique et géomagnétique en traîneaux à chiens. « Le Jour et l’Heure » est son troisième roman.

Romans : Ondes de choc (2015)- Trait pour trait (2017) – Le jour et l’heure (2022)

Editions Slatkine – 04.04.2022 – 368 pages

Résumé :

Genève été 1995. Dans les sous-sols de la cathédrale Saint-Pierre une équipe d’archéologues travaillant sur le site de fouilles découvre trois corps emmurés au coeur d’un caveau datant du XIe siècle. Selon toute vraisemblance, il ne s’agit pas des restes d’ecclésiastiques et encore moins de bâtisseurs de cathédrales à qui l’on aurait offert une sépulture. Des individus solidement entravés et qui furent très probablement emmurés vivants il y a une douzaine d’années.

Le commissaire Fournier va devoir remonter le temps afin d’identifier ces corps en partie momifiés, et découvrir qui est cet homme qui arpente les sombres ruelles de la vieille ville, non loin des remparts que tentèrent d’escalader les soldats du duc de Savoie quatre siècles plus tôt… Un passe-muraille tout droit sorti d’un film d’horreur ou un simple mortel amoureux des Lettres et de la belle Estelle…

Un roman qui plonge le lecteur dans les entrailles de la cité, au coeur de ces galeries souterraines oubliées de Dieu et des hommes. Sauf pour celui qui va en faire son terrain de chasse…

Mon avis :

C’est toujours avec grand intérêt que je découvre les auteurs suisses et surtout les auteurs genevois. J’aime me dire « ah je connais cet endroit », me souvenir d’y être passée. Et ce roman ne fait pas exception à la règle car j’ai été visiter les fouilles de la cathédrale il y a longtemps. Et comme en plus j’adore l’archéologie… la description de la trame du roman tombait pile poils pour m’intriguer.

Un moment de lecture très plaisant. L’écriture est fluide et je me suis laissée par la plume de l’auteur.
Quand on fouille sous les Cathédrales, dans des bâtiments datant du Xème siècle, on peut raisonnablement s’attendre à trouver des ossements. Quand on tombe sur des cadavres, momifiés mais portant des Swatch, dans une crypte édifiée avant le Xième siècle et reconstruite entre le XIIIème et le XVème, il y a de quoi se poser des questions…
J’ai tout de suite été en empathie avec les personnages et pour moi c’est un énorme atout. Sauf les trois méchants du début bien sûr. Mais sinon, que ce soient les membres de la Police ou les membres de la famille de Sophie, tous m’ont touché. Les policiers sont humains, le personnage du profileur m’a beaucoup plu. On peut s’identifier en partie à chaque personnage et même le justicier est tout à fait fréquentable, même si sa façon d’agir est un tantinet discutable… Mais tellement intelligente et bien menée qu’il ne peut susciter qu’admiration et respect. Il fallait y penser et avoir le savoir-faire…
L’important dans le livre, ce n’est pas le justicier, ce n’est pas de trouver le coupable. On comprend dès le début qui va endosser ce rôle. Non, l’important c’est comment il va agir et le suspense est : va-t-il se faire prendre ?
Ce que j’ai aussi trouvé intéressant est la partie communication des forces de l’ordre et du Parquet. Les relations avec la presse, le peuple … que dire ? que cacher ? et pourquoi ?

Avec en prime une promenade dans les sous-sols de la cathédrale : cela ne se refuse pas. Saviez-vous qu’il y a près de 7km de galeries datant du Moyen Age sous la vieille ville ? Alors si vous êtes à Geneve, renseignez-vous sur le site archéologique de la Cathédrale St Pierre et n’oubliez pas que le week-end de l’Escalade, il est possible d’emprunter le Passage de Monetier.

Une fois encore je remercie les Editions Slatkine de me faire découvrir un auteur et de m’inciter à lire des livres que je n’aurais pas lu autrement.

 

Extrait

Lorsque quelqu’un vous aime, ça oblige à rester vivant

Tes photos sont simplement magnifiques. On y découvre ta sensibilité et un brin de mélancolie. C’est pour ça qu’elles sont en noir et blanc ?
– Un peu, la couleur c’est la réalité, il n’y a plus trop de place pour l’imaginaire. En revanche, j’ai toujours trouvé au noir blanc un certain mystère, comme une poésie à laquelle chacun apporte ses propres mots

 

Image :
Autour des fouilles de la cathédrale de Genève – Site centrechastel Paris Sorbone

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