Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «Résurrection» (2021)

Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «Résurrection» (2021)

Auteurs : Eric Giacometti, écrivain, a été journaliste d’investigation, puis chef de service à la rubrique économie au Parisien I Aujourd’hui en France. Il a enquêté à la fin des années 1990 sur la franc-maçonnerie, dans le volet des affaires sur la Côte d’Azur. En 2016, il est devenu le nouveau scénariste des aventures de Largo Winch en bande dessinée. Jacques Ravenne, lui aussi écrivain, spécialiste de l’étude de manuscrits, est maître franc-maçon.
Il intervient régulièrement dans des conférences et colloques sur la franc-maçonnerie. Conscient du fantasme suscité autour de sa fraternité, et de ses dérives, il reste attentif à une description rigoureuse de cet univers et de ses rituels. Amis depuis l’adolescence, férus de symbolique et d’ésotérisme, ils ont inauguré leur collaboration littéraire en 2005 avec Le Rituel de l’ombre, premier opus de la série consacrée aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas. Voir le sujet sur la série : « Série Commissaire Antoine Marcas »
Ce duo, unique, du profane et de l’initié, a vendu plus de 2 millions d’exemplaires en France. La série, traduite dans 17 langues, du Japon aux Etats-Unis, a été adaptée en bande dessinée par les Editions Delcourt. L’Empire du Graal a paru en 2016 aux Editions JC Lattés. Il est suivi, en 2017, de Conspiration. Leur nouvelle série, Soleil noir, a paru en 2018 chez le même éditeur.

Série Soleil noir : Tome 1, Le Triomphe des ténèbres – Tome 2, La nuit du mal – Tome 3, La Relique du Chaos – Tome 4, Résurrection – Tome 5, 669

La saga du soleil noir (Tome 4)
JC Lattès – 14.04.2021 – 421 pages /Livre de poche 13.04.2022 – 512 pages

Résumé :

1291, Terre sainte. Un groupe de templiers, chargé d’une mission secrète, est massacré au milieu du désert. Un seul chevalier en réchappe, miraculeusement.
1943. Des ténébreux châteaux allemands aux couloirs troubles du Vatican, Tristan Marcas s’engage malgré lui dans une nouvelle quête. À la recherche d’un mystère qui le conduira jusqu’aux portes de l’enfer.
Un thriller vertigineux, qui explore les arcanes oubliés de l’Histoire.

De l’action à gogo, des rebondissements à foison et des coups de pied occultes de Stalingrad à Berlin en passant par Rome : avec un tel cocktail, Éric Giacometti et Jacques Ravenne n’ont rien à envier aux cadors du thriller anglo-saxon. Paris Match.

Le duo réconcilie une fois encore avec bonheur le roman d’aventure et le document historique. L’Alsace.

 

Mon avis : Alors autant j’avais été transportée par les trois premiers de la série autant j’ai ramé avec ce quatrième tome ! Il faut attendre d’arriver à la moitié du livre pour que cela démarre (un peu) … Avant c’est lent, relativement confus et j’ai vraiment hésité à continuer… Mais comme j’ai tellement aimé « Série Commissaire Antoine Marcas » et les premiers de cette série, je me suis dit : faut continuer … surtout que le 5ème est sorti …

Bon voilà la bonne nouvelle : Tristan n’était pas mort ; il est de retour… en Russie…

Bien sûr il y a des moments pas inintéressants (la scène de l’exorcisme par exemple : la Pape veut exorciser le démon à la croix gammée…) dans la première partie mais c’est loin d’être palpitant… et c’est décousu.
Alors la deuxième moitié m’a parue moins longue … mais ce n’est pas ça quand même… Un tour dans les enfers de la mythologie grecque, la traversée du Styx revue et corrigée dans un tableau … Et comme tant Hitler qu’Himmler ont toujours été fascinés par les mythes, l’astrologie, les croyances, le légendes, l’ésotérisme… on nage en plein dedans … et à la fin on hallucine tout court ! Mais cela bouge quand même plus … même si j’ai un peu eu l’impression d’être baladée d’un endroit à l’autre, de sauter d’un point à un autre trop rapidement, même s’il y a un fil rouge(sang) … Au final nettement moins passionnant que les autres livres de ces deux auteurs, mais vous l’aviez compris.
J’espère vivement que le prochain tome va me réconcilier avec la série … Heureusement qu’il y a le coté historique et que j’y apprends toujours quelque chose

Extraits :

— Abruti… Un fasciste est toujours énervé, sinon c’est pas un fasciste

Un corrompu démasqué est bien plus utile à son poste. Un homme dont on tient l’existence entre ses mains peut rendre bien des services…

Que serait le Louvre sans les marbres et les toiles raflés par Napoléon de Madrid à Rome ?

Jamais dans l’histoire de l’Ordre un religieux n’avait été admis à l’une des cérémonies du rameau laïc. Une tradition séculaire instituée pour protéger l’Église. Au cours des siècles, les méthodes employées par le bras armé de l’Ordre ne devaient pas éclabousser le Vatican. Du recrutement à l’initiation de ses membres, tout était décidé en cercle fermé.

Par principe, le cardinal était hostile à ces confréries secrètes, officiellement au service exclusif du pape, mais qui finissaient souvent par échapper à tout contrôle. L’Église en avait fait la tragique expérience avec les templiers. Sauf que dans le chaos politique que traversait l’Italie, le Vatican avait un besoin impérieux de l’Ordre pour protéger un de ses secrets les plus menacés.

Dans tous les rituels ésotériques, depuis l’Antiquité, l’initié devait toujours mourir symboliquement pour atteindre un nouvel état de conscience, ce qui correspondait aux symboles inversés de l’Oméga à l’Alpha inscrits sur la barque. De la fin au début. La boucle symbolique était bouclée.

À mes yeux, cet homme est un outil. Un outil n’a pas besoin de savoir à quoi on l’utilise.

Des détails jaillissaient de toute part qui, déjà, sollicitaient son imagination. D’un coup, il retrouvait sa passion des énigmes. Voilà pourquoi il était devenu un corsaire de l’art : pour avoir la chance de découvrir des trésors perdus.

L’Église avait affronté et triomphé de bien des ennemis depuis sa création : hérétiques, rois, empereurs, sultans… Mais cette fois, ses adversaires détenaient une puissance militaire jamais atteinte dans l’histoire de l’humanité. Et contrairement au récit de l’Apocalypse il n’y avait pas un antéchrist, mais deux. Hitler et Staline. Les jumeaux de l’enfer qui ne cachaient pas leur haine de l’Église. Et le premier pouvait, sur un coup de folie, rayer le Vatican de la surface de la terre. Il lui suffisait d’envoyer une escadrille de bombardiers au-dessus de Rome pour déclencher l’Armageddon de la cité sainte.

Tout en lui, de son caractère à son profil, avait le tranchant d’un couteau. Une lame faite pour porter sa pointe au cœur des puissances obscures.

« Tauraunarum, ou Taurinorum, origine du nom de la ville de Turin. S’appelait ainsi en référence à la tribu celtique des Taurins implantée au IIIe siècle après Jésus-Christ. Le blason de la ville représente un taureau doré. »

— Je l’espère, mais je n’ai aucune confiance dans la parole d’un SS. Autant exiger de la compassion de la part d’un scorpion.

Comme tous les dictateurs, son sens de l’humour s’arrêtait à la pointe de ses bottes cirées.

Depuis plusieurs semaines, il limitait à l’extrême les conversations. Son mutisme déconcertait, inquiétait tout son entourage. Lui, en revanche, savait combien le silence était une arme de pouvoir : créer le doute, la peur, permettait de prendre la véritable mesure de ses collaborateurs. Ceux qui tremblaient avaient sûrement quelque chose à se reprocher, ceux qui fanfaronnaient aussi. Une manière discrète et efficace de faire le tri.

— L’Hirondelle ?
— Oui, c’est le surnom du Messerschmitt Me 262, l’avion le plus révolutionnaire du monde. 880 kilomètres-heure au compteur… Presque le mur du son. En comparaison, les Spitfire anglais sont des escargots arthritiques.

Information : note de la fin du roman :

L’unité Hexen. Le commando des sorcières…
L’unité SS de sorcières Hexen a vraiment existé. De 1935 à 1944, quatorze chercheurs – sous les ordres non pas d’une femme, mais d’un homme, le Sturmbannführer Rudolf Levin – ont collecté en Allemagne, en Autriche, puis dans toute l’Europe tout ce qui se rapportait aux procès en sorcellerie, et par extension aux livres de magie. 34 000 fiches ont été rédigées. Selon Himmler, il s’agissait de prouver que l’Église catholique, et derrière elle les juifs, voulaient exterminer les femmes aryennes détentrices d’un savoir païen. Une interprétation fausse, mais qui collait avec la vision des nazis. Voir le livre de Cécile Desprairies et Emmanuel Le Roy Ladurie : L’héritage allemand de l’occupation, Armand Colin, 2019.

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