Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «La nuit du mal» (2019)

Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «La nuit du mal» (2019)

Auteurs : Eric Giacometti, écrivain, a été journaliste d’investigation, puis chef de service à la rubrique économie au Parisien I Aujourd’hui en France. Il a enquêté à la fin des années 1990 sur la franc-maçonnerie, dans le volet des affaires sur la Côte d’Azur. En 2016, il est devenu le nouveau scénariste des aventures de Largo Winch en bande dessinée. Jacques Ravenne, lui aussi écrivain, spécialiste de l’étude de manuscrits, est maître franc-maçon.
Il intervient régulièrement dans des conférences et colloques sur la franc-maçonnerie. Conscient du fantasme suscité autour de sa fraternité, et de ses dérives, il reste attentif à une description rigoureuse de cet univers et de ses rituels. Amis depuis l’adolescence, férus de symbolique et d’ésotérisme, ils ont inauguré leur collaboration littéraire en 2005 avec Le Rituel de l’ombre, premier opus de la série consacrée aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas. Voir le sujet sur la série : « Série Commissaire Antoine Marcas »
Ce duo, unique, du profane et de l’initié, a vendu plus de 2 millions d’exemplaires en France. La série, traduite dans 17 langues, du Japon aux Etats-Unis, a été adaptée en bande dessinée par les Editions Delcourt. L’Empire du Graal a paru en 2016 aux Editions JC Lattés. Il est suivi, en 2017, de Conspiration. Leur nouvelle série, Soleil noir, a paru en 2018 chez le même éditeur.
Série Soleil noir : Tome 1, Le Triomphe des ténèbres – Tome 2, La nuit du mal – Tome 3, La Relique du Chaos

La saga du soleil noir (Tome 2)
JC Lattès – 15.05.2019 – 480 pages /Livre de poche 03.06.2020 – 576 pages

Résumé : Ce second volet de la saga du Soleil Noir nous entraîne à la recherche de la troisième Swastika, une croix gammée antique aux pouvoirs mystérieux, dont la légende raconte que celui qui la détient deviendra le maître du monde.
Novembre 1941. L’Allemagne est sur le point de gagner la guerre. L’armée du Troisième Reich est aux portes de Moscou. Pour Himmler, le chef des SS, la victoire sera définitive s’il parvient à s’emparer d’une swastika sacrée disparue en Europe. Pour Churchill, il faut absolument retrouver cette relique avant les nazis. Chacun compte sur Tristan Marcas, agent double au passé obscur. Au coeur de cette guerre occulte entre les forces du Bien et du Mal, Laure, la résistante française, et Erika, l’archéologue allemande, vont s’affronter dans une lutte sans merci.
De Berlin à Londres, de la Crête mystérieuse à l’Italie de Mussolini, qui l’emportera dans ce duel entre l’ombre et la lumière ? Et si la vérité se trouvait dans la jeunesse aux secrets interdits d’un certain Adolf Hitler ? En bonus : le premier chapitre du troisième volet de la saga.

Mon avis :
J’ai lu avec plaisir et intérêt ce deuxième tome et retrouvé avec plaisir Tristan, Erika, Laure. Comme toujours les deux auteurs sont passé maitres pour nous prendre par la main et nous entrainer dans des aventures pleines de suspense et de rebondissements. Un Marcas chasse l’autre mais j’ai toujours une préférence pour Antoine que j’espère bien retrouver un jour ; Tristan a évolué et pris beaucoup d’importance ce que j’ai beaucoup apprécié. Je me demande quel est le lien entre les deux Marcas et j’espère en savoir davantage dans la suite.
J’ai beaucoup apprécié le coté historique et le portrait d’Hitler et l’analyse de son accession au pouvoir. Comme dans le tome précédent, les auteurs nous présentent les tristes personnages du nazisme.
La quête de la troisième swastika nous entraine en Crète et à Venise.
J’ai trouvé la course au « graal » moins passionnante que la quête du premier tome. J’ai été un peu dérangée de passer d’une intrigue à l’autre ce qui m’a parfois fait perdre le fil de l’enquête de Tristan et Erika. Le nouveau personnage féminin, Moira O’Connor, ne m’a pas entièrement convaincue bien que son rôle soit déterminant dans le déroulé de l’histoire.  Par contre j’ai bien aimé l’arrivé de Fleming…
Un très bon moment de lecture, comme toujours,

Coté véracité, il est très intéressant de lire ce que les auteurs nous précisent à la fin du livre :
– Hitler a été passionné par les religions nordiques et certaines théories occultes dévoyées propagées par des gens comme Lanz, il s’en est détourné au fur et à mesure de son ascension.
– il a bien été en contact avec la société ésotérico-politique Thulé qui a favorisé sa montée au sein du parti Ouvrier Allemand, qui deviendra par la suite le parti national-socialiste.
– Himmler était passionné de magie et d’ésotérisme, se passionnait pour les sciences occultes et croyait à la réincarnation.
– Jorg Lanz : Le fondateur de la revue Ostara, moine défroqué, a été l’un des plus influents « penseurs » du racisme mystico-germanique. Il faisait bien partie d’un ordre néo-templier. Hitler l’a probablement rencontré et possédait dans sa bibliothèque personnelle de nombreux numéros d’Ostara.

Extraits :

Dans l’obscurité, un olivier ressemble à un être humain. Il en a la taille, souvent la silhouette, et, même si le vent l’a courbé, terrassé, il peut toujours dissimuler un homme. Un homme qui a besoin d’écouter. D’écouter l’ombre. Et l’ombre n’est jamais silencieuse. 

des Fylaques. Des gardiens.
Tous de sang divin. Ils sont nés en Crète, l’île du miel, la terre choisie par la mère de Zeus pour enfanter le père des dieux.
Et les Fylaques manient le kyro comme aucun autre Crétois. Le kyro, ce redoutable poignard dont la lame est gravée d’une encoche, teintée de rouge, en forme de goutte. La dernière goutte de sang qui doit rester dans le corps de l’ennemi.

Alors quand un arbre se renverse, l’âme s’échappe par les racines. Le monde d’en bas vient hanter le monde d’en haut.

Elle tendit à Tristan le bijou gravé. Il le fit tourner entre ses doigts. Au contact du métal précieux, il tentait d’imaginer la peau qui l’avait porté. Une seule femme avait-elle aimé ce bijou ? Ou avait-il orné plusieurs corps ? Si les objets n’ont pas d’âme, ils ont une mémoire. Et il la sentait presque.

les saints du Moyen Âge étaient autant craints que vénérés, car ils avaient le pouvoir redouté de passer entre les deux mondes, celui des vivants et celui des morts.

— Hécate, Durga, Kali, Beyla, Astarté, Bestia, Járnsaxa, Sekhmet, Bellone, Ishtar ! Donnez-moi la force. Donnez-moi le pouvoir !

Les juifs, on les reconnaît, on les sent. Les francs-maçons sont comme vous et moi, on ne peut pas les détecter. Voilà pourquoi ce sont les plus dangereux. 

À la fin du dîner, la conversation avait dérivé sur la réincarnation, doctrine à laquelle Hess, comme beaucoup de dignitaires nazis, croyait dur comme fer. 

C’est le problème des guerres civiles qui s’internationalisent : le seul uniforme qui protège la peau est celui du moment.

Il lui semblait enfin avoir compris quelque chose d’essentiel : il ne servait à rien de changer le réel en idéal. L’art était une illusion et les plus grands artistes des manipulateurs. Ils repeignaient le monde en couleur pour nous le rendre plus supportable. Un mensonge, une imposture. Il le comprenait désormais : la réalité ne devait pas être magnifiée, elle devait être changée. Et pour ça, il fallait agir.

Pour vous les nazis, une bonne action est aussi utile qu’un bouquet de roses dans un Panzer.

Au mot « franc-maçon », Hitler ne réagit pas. Il avait suffisamment de culture politique désormais pour savoir que les frères, c’était comme la salade, on en trouvait à toutes les sauces. La vraie question était ailleurs.

Enfant, il s’était souvent demandé ce que faisaient les livres en l’absence des hommes. Restaient-ils sagement rangés dans leurs rayonnages ou bien jaillissaient-ils de leurs étagères pour entamer une sarabande déchaînée ? Avant de s’endormir, il s’imaginait les livres assis côte à côte, se lisant les uns les autres. Il se demandait même, durant ses lectures clandestines, si les livres ne se mélangeaient pas entre eux, n’échangeaient pas des pages, pour finir par former un livre collectif, le livre des livres, que personne ne lirait jamais.

L’apparence est la première sentinelle de l’estime de soi. C’est justement dans les moments les plus difficiles qu’il faut y faire attention

La corruption, c’est la continuation de la politique par d’autres moyens. 

le courage avait depuis longtemps remplacé la confiance. C’était un sentiment plus sûr, car il ne dépendait de personne d’autre que de soi, tandis que la confiance…

L’éternel recommencement ! L’un de mes amis, spécialiste en numérologie, m’a expliqué que si l’on effectue la somme pythagoricienne de 129, cela donne 1+2+9 soit 12. Douze, le chiffre du temps et du renouveau. Les douze heures qui reviennent à l’infini sur le cadran de votre montre, les douze mois de l’année… Vous voyez la symbolique

Un fasciste ne s’excuse jamais. Il ne connaît que deux verbes. Obéir et agir !

Churchill n’avait jamais eu de fascination pour la famille royale, mais il savait que les royals étaient inséparables de l’histoire d’Angleterre. 

Il avait l’habitude de signer ses rapports secrets envoyés à la reine par le code 007. Le double zéro représente les yeux de la reine. Rien que pour ses yeux. Le 7, chiffre fétiche de Dee, symbolise la compréhension de toute chose. 

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