Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «La Relique du Chaos» (2020)

Giacometti, Eric – Ravenne, Jacques «La Relique du Chaos» (2020)

Auteurs : Eric Giacometti, écrivain, a été journaliste d’investigation, puis chef de service à la rubrique économie au Parisien. Aujourd’hui en France. Il a enquêté à la fin des années 1990 sur la franc-maçonnerie, dans le volet des affaires sur la Côte d’Azur. En 2016, il est devenu le nouveau scénariste des aventures de Largo Winch en bande dessinée. Jacques Ravenne, lui aussi écrivain, spécialiste de l’étude de manuscrits, est maître franc-maçon.
Il intervient régulièrement dans des conférences et colloques sur la franc-maçonnerie. Conscient du fantasme suscité autour de sa fraternité, et de ses dérives, il reste attentif à une description rigoureuse de cet univers et de ses rituels. Amis depuis l’adolescence, férus de symbolique et d’ésotérisme, ils ont inauguré leur collaboration littéraire en 2005 avec Le Rituel de l’ombre, premier opus de la série consacrée aux enquêtes du commissaire franc-maçon Antoine Marcas. Voir le sujet sur la série : « Série Commissaire Antoine Marcas »
Ce duo, unique, du profane et de l’initié, a vendu plus de 2 millions d’exemplaires en France. La série, traduite dans 17 langues, du Japon aux Etats-Unis, a été adaptée en bande dessinée par les Editions Delcourt. L’Empire du Graal a paru en 2016 aux Editions JC Lattés. Il est suivi, en 2017, de Conspiration. Leur nouvelle série, Soleil noir, a paru en 2018 chez le même éditeur.

Série Soleil noir : Tome 1, Le Triomphe des ténèbres – Tome 2, La nuit du mal – Tome 3, La Relique du Chaos – Tome 4, Résurrection

La saga du soleil noir (Tome 3)
JC Lattès – 03.06.2020 – 421 pages /Livre de poche 14.04.2021 – 480 pages

Résumé : Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer. À travers la quête des Swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. A Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande et Laure, la jeune résistante française.

Mon avis : Décidemment les Giacometti-Ravenne, c’est addictif. Que ce soit Tristan ou Antoine (mais toujours mon petit faible pour ce dernier), j’adore suivre les aventures des Marcas. Comme j’adore les romans historiques, même si je préfère ce qui se passe avant le XXème siècle, je suis attirée comme un aimant par ce genre de livres où il y a toujours quelque chose à apprendre : le côté mythologie est un atout supplémentaire. Un petit lien avec la franc-maçonnerie (comment pourrait-il en être autrement) et un roman d’aventure et d’espionnage haletant, sans pause, dans les coulisses de la Deuxième Guerre Mondiale, en compagnie des dirigeants au pouvoir et des sections de renseignements. On voyage, on participe à la chasse au trésor, on fréquente les grands de ce monde, on se trahit, on s’aime aussi…
On y retrouve les personnages des opus précédents : Erika, Laure, Malorley, Moira, Crowley… et Tristan …
Comme toujours, c’est documenté, bien amené. Coté espionnage, le roman fait la part belle aux agents doubles, et à leurs angoisses.
Je me réjouis de savoir qu’au final la trilogie est devenue tétralogie ; alors à bientôt pour la suite…

Extraits :

— Votre problème, commander, c’est qu’on ne sait jamais si l’humour est pour vous une arme ou une échappatoire.

certains livres sont comme des arbres, leur sève est le sang de leur auteur et ils sont destinés à verdir durant des siècles et des siècles.

Mais le Führer n’abandonne jamais ses amis, tout le monde le sait. Il a donc confié à Rosenberg la charge de récupérer, dans toute l’Europe, bibliothèques et archives des deux plus redoutables ennemis du Reich : les Juifs et les francs-maçons.

Vous savez ce que c’est, un Balte ? Eh bien c’est un Russe qui se prétend allemand quand l’Allemagne est en position de force, et un Allemand qui se dit russe quand la Russie est puissante.

Lui expliquer que son service avait été monté pour récupérer des swastikas magiques censées sauver le monde libre, c’était comme convaincre un souteneur des bienfaits de la chasteté.

Le mot vérité est aussi utile à un agent secret qu’une paire de moufles à un manchot. Notre métier c’est de mentir. Mentir à nos ennemis, à nos familles, et même à nos collègues.

Mon ami s’était persuadé de l’existence d’une cave remplie de bons vins et voulait y faire un tour. Comme beaucoup d’Anglais, il ne jurait que par deux saints, Émilion et Estèphe, et un pape, celui de Châteauneuf.

« Ce livre ouvre les portes du paradis ou de l’enfer. Le problème c’est que le paradis des uns n’est que l’enfer des autres. »

Pour ses disciples, l’étoile à sept branches est la marque de Babalon, la grande déesse écarlate. La prostituée sacrée qui symbolise ainsi la puissance incontrôlable de la sexualité féminine. Cette femme dénudée aux longs cheveux bleus que vous voyez sur la carte est possédée par Babalon. Sous une apparence angélique, cette carte nous invite à la luxure.

Ce surnom de garçonne provenait d’une mode des années vingt qui avait vu les femmes se couper les cheveux au carré pour ressembler à une actrice américaine, Louise Brooks, qui la première avait osé cette coiffure. Même si la réalité était bien plus terre à terre : la mode des coiffures courtes était née pendant la guerre, dans les usines d’armement où des dizaines de milliers de femmes s’étaient vite rendu compte que cheveux longs et fabrication d’obus ne faisaient pas bon ménage.

Il avait la désagréable impression que son capital chance se rapprochait inéluctablement de la banqueroute.

Les emmerdements c’est comme les bombardements de la Luftwaffe, ça tombe toujours en grappe.

Il était de ces hommes dont l’empathie apparente emporte la confiance, mais comme un chien qui tend la patte avant de mordre.

Je suis vraiment désolé, mais j’ai parfois du mal à saisir l’humour dans une langue étrangère. Et Dieu sait que j’adore rire.
— Comme tous les Allemands, c’est bien connu. C’est pour ça que votre Führer a piqué la moustache de Charlot. Un vrai comique.

Il avait cru pouvoir traverser les événements en jouant avec les sentiments des autres et en oubliant les siens.

Obsédé par les complots, pour la plupart imaginaires, Staline cultivait sa paranoïa comme un jardinier ses roses de printemps. Avec un soin minutieux.

Ma période de séminariste m’a guéri de toutes ces croyances stupides. Je ne crois qu’à saint Marx, à la fée électricité et au char T-34. C’est ma sainte trinité.

Infos :
Babalon — connue aussi sous les épithètes la Femme écarlate, la Grande Mère ou la Mère des Abominations — est une déesse que l’on rencontre dans le système mystique de Thelema, exposé en 1904 par l’œuvre d’Aleister Crowley Le Livre de la Loi. Sous sa forme la plus abstraite, elle représente la pulsion sexuelle féminine et la femme libérée ; de même elle est aussi identifiée avec Mère Nature, dans son acception de fertilité. En plus de cela, Crowley considère que Babalon a un aspect terrestre, sous la forme d’un sacerdoce spirituel, qui pouvait être accompli par des femmes, de même qu’il s’identifiait à To Mega Therion (la Grande Bête), dont le devoir était de manifester les énergies de l’actuel Æon d’Horus.
Son parèdre est Chaos, le Père de la Vie, et l’aspect masculin du principe créateur. Babalon est souvent décrite une épée à la ceinture et chevauchant la Bête biblique. On la considère souvent comme une prostituée sacrée, et son symbole principal est le Calice ou le Graal.  (wikipedia)

Kundali (Divinité : ) Kuṇḍali Vidyaraja ou Amṛtakuṇḍalin est l’un des 5 principaux rois de la sagesse dans le bouddhisme vajrayāna. Il dispense l’amrita (Kundali étant le vase qui le contient), l’élixir de l’immortalité.
Positionné au sud dans les mandalas, le roi du savoir Kuṇḍali a plusieurs formes : deux faces et quatre bras, quatre faces et huit bras, etc., son corps est bleu, ses yeux sont rouges, deux mains saisissant deux serpents, les autres mains tenant une lance, une massue, un disque, etc. Ses quatre visages et quatre bras symbolisent la destruction des quatre afflictions (Kleśa): ignorance, vision erronée, arrogance, amour propre. Il est considéré comme étant la forme irritée du bouddha Ratnasambhava

Le comte Georges Vacher de Lapouge : né le 12 décembre 1854 à Neuville-de-Poitou (Vienne) et mort le 20 février 1936 à Poitiers (Vienne), est un anthropologue français. Magistrat, puis bibliothécaire, il est un théoricien de l’eugénisme et une figure de l’anthroposociologie. Athée, anticlérical et socialiste marxiste militant, il est l’un des fondateurs du Parti ouvrier français de Jules Guesde avant de rejoindre la SFIO. Georges Vacher de Lapouge a développé la théorie raciste de Gobineau à la fin du xixe siècle.

Les Sorcières de la Nuit : était le surnom donné par la Lufwaffe, aux Femmes Pilotes du 46ème Régiment de Bombardier de Nuit lors de la seconde guerre mondiale. ( pour en savoir plus :  Les Sorciéres de la nuit (e-monsite.com)

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