Zafón, Carlos Ruiz « La Ville de vapeur / La Ciudad de Vapor » (2020)

Zafón, Carlos Ruiz « La Ville de vapeur / La Ciudad de Vapor » (2020)

Auteur :
Carlos Ruiz Zafón, né le 25 septembre 1964 à Barcelone et mort le 19 juin 2020 à Los Angeles, est un auteur espagnol.
Il écrit principalement en espagnol. De 1993 jusqu’à sa mort, il habite à Los Angeles où il écrit des scénarios de films.
Voir ma page « auteur coup de cœur » 

La Ciudad de Vapor – Todos los cuentos –  Editor Planeta – 01.11.2020 – 222 pages
Actes Sud – Lettres hispaniques – 03.11.2021 – 189 pages Marie Vila Casas (Traducteur)

Résumé :
Un architecte qui fuit Constantinople avec les plans d’une bibliothèque inexpugnable, un étrange cavalier qui arrive à convaincre un tout jeune écrivain (accessoirement nommé Miguel de Cervantes) d’écrire un roman inégalable… on retrouve dans ce recueil une atmosphère et des thématiques familières aux lecteurs de Zafón : des écrivains maudits, des bâtisseurs visionnaires, des identités usurpées, une Barcelone gothique et certains des personnages phares de la tétralogie du « Cimetière des livres oubliés », tels Semperé, Andreas Corelli ou David Martin.
Il se dégage de l’ensemble une unité parfaite et un charme profond et envoûtant, dans un halo de mystère (et de vapeur).Autant de récits qui constituent d’émouvantes miniatures d’un talent narratif incomparable et dégagent un charme profond et envoûtant, dans un halo de mystère et de vapeur. Le dernier hommage à un monstre sacré de la littérature.

Mon avis :
C’est le cœur lourd que je referme ce dernier livre, hommage posthume à cet auteur, l’un de mes écrivains préférés. Je dis adieu à sa Barcelone, à son univers fantastique, onirique, aux brumes et aux livres oubliés dans leur cimetière, à ses promenades …
Bien que les nouvelles et les récits courts ne m’enthousiasment pas, l’écriture et les thèmes abordés par cet auteur ne ravissent toujours. Alors c’est évidemment un moment de lecture magnifique et émouvant. Et qui fait ressurgir toutes les émotions ressenties lors de la lecture de sa fabuleuse tétralogie Le Cimetière des livres oubliés .
Avec « Blanca et l’adieu » nous retrouvons David Martín (Le jeu de l’ange) . Puis au fil des contes, nous passons des moments avec Andreas Corelli, Sempere, Cervantes, le dragon, l’ange exterminateur, la danse de l’automate, la ville de Barcelone décrite dans une atmosphère gothique si particulière, les labyrinthes, “Gaudí”, les livres.
Et en refermant ce petit recueil, une envie : relire l’œuvre de cet auteur du merveilleux.

Extraits :

J’ai toujours envié la capacité d’oubli de certaines personnes qui ne voient dans le passé qu’un changement de saison ou une paire de vieilles chaussures qu’il suffit de remiser au fond d’une armoire pour les rendre incapables de retracer les pas perdus.

il mentait sans même s’en rendre compte, comme tous les grands menteurs qui se mentent d’abord à eux-mêmes et deviennent ensuite incapables d’apprécier la vérité, quand bien même on les poignarderait en plein cœur.

Le dragon cramoisi grossissait de jour en jour et engloutissait tout ce qu’il rencontrait sur son passage. Les corps en lambeaux pleuvaient du ciel et les flammes de son souffle jaillissaient dans les rues comme un torrent de sang.

un homme peut tout pardonner sauf qu’on lui dise la vérité

Tout l’art qu’il pensait posséder se désagrégea au bord de sa plume et nul mot n’accrocha la page.

Mais Cervantes qui voyait la lumière de la jeune fille s’éteindre de jour en jour se jura de ne jamais lui dire adieu et, tant qu’il resterait un souffle dans son corps, de lutter pour la maintenir en vie. Pour la garder sienne.

Un portier en uniforme, diplômé en lecture des regards, m’ouvrit la porte avec déférence.

Tuer était une nécessité, mais assassiner était un art, soutenait-il. Comme outils, il préférait le revolver et le couteau, celui à lame courte et bombée utilisé par les matadors pour conclure une faena d’un coup sec et rapide dans l’arène.

— Il n’y a rien de plus vrai au monde qu’une bonne comédie ou qu’une bonne professionnelle. Ne leur manque jamais de respect et ne te crois ja­­mais supérieur à elles.

Deux ans ont passé, mais en prison on vit ou on meurt de ses souvenirs.

“Gaudí”. La seule mention de ce nom me donnait des frissons. J’avais grandi en rêvant de ses voûtes impossibles, de ses îlots néogothiques et de son primitivisme futuriste.

Un gratte-ciel n’est ni plus ni moins qu’une cathédrale pour des gens qui, au lieu de croire en Dieu, croient en l’argent.

“Voilà, ça c’est de l’architecture, faite de vapeur et de lumière. Si vous voulez apprendre, vous devez étudier la nature.”

“Dieu n’est pas pressé, mais je ne vivrai pas éternellement…”

(Je l’ai lu en espagnol mais comme une amie l’avait en français  sur sa liseuse j’en ai profité pour mettre les citations en français)

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