Läckberg, Camilla «Le Dompteur de lions» (2016)

Läckberg, Camilla «Le Dompteur de lions» (2016)

9ème enquête d’Erica Falck et Patrik Hedström

Résumé : C’est le mois de janvier et un froid glacial s’est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s’agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu’aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu’un en a fait une poupée humaine. D’autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n’en soit pas à sa première victime.

De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l’amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l’instinct maternel n’a rien de naturel…

Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s’y montre plus indomptable que jamais.

Mon avis : Un de ceux que j’ai bien aimé de la série (L’enfant allemand reste toujours mon préféré). Suspense jusqu’au bout, bien que l’on pense avoir deviné certaines choses, parfois. Erica met toujours les pieds là où il ne faut pas, Melberg est toujours aussi à la masse. Les enfants grandissent, sa sœur Ana est toujours vacillante, et son amour toujours aussi fort pour son mari. L’intrigue est bonne, les personnages bien campés. Et toujours cette écriture qui coule, Il se lit vite et j’ai passé un très bon moment… J’aime bien cette femme au foyer qui écrit et qui enquête ; une famille un peu déjantée peut-être mais normale ; un flic père de famille, ni alcolo ni véreux. Et un sujet dur : toujours difficile quand les victimes sont des enfants ou des ados.

Extraits :

Sa joie de vivre était si grande, l’éclat dans ses yeux si vif qu’il avait ressenti une énorme satisfaction à l’éteindre petit à petit.

Mais en fermant les yeux, il redevenait jeune. Il revivait tout, aussi nettement qu’à l’époque

Mais ces brèves promenades ne lui apportaient pas grand-chose. C’était comme si ses souvenirs se diluaient et se délitaient à l’air libre, comme si le soleil sur son visage lui faisait perdre la mémoire. Il préférait donc rester dans sa chambre. Où il pouvait maintenir les souvenirs en vie.

Mais il était tellement difficile d’ouvrir une porte restée fermée si longtemps.

Leur passion contenait une dose de folie. Elle avait les bords noircis par le feu qui brûlait en permanence, et ils savaient comment la maintenir en vie. Ils avaient exploré leur amour en long et en large, testé ses limites pour vérifier qu’il soit assez solide. Et il l’était.

Le quotidien avait naturellement contribué à engourdir la passion amoureuse, mais elle avait été remplacée par un sentiment bien supérieur : un amour calme, profond et solide.

Rien n’effaçait les mots prononcés, rien ne réparait une mauvaise impression.

Aujourd’hui, une glace épaisse recouvrait la mer, emprisonnant les bateaux qui n’avaient pas été sortis pour l’hiver. En ça, ils lui ressemblaient. Elle s’était sentie comme eux toute sa vie adulte : si près de son élément, et pourtant incapable de se libérer de sa captivité.

Elle était si belle. Il avait tendance à l’oublier parfois, comme s’il était tellement habitué à son visage qu’il n’y réagissait plus. Il devrait le lui dire plus souvent. Il devrait la bichonner davantage, même s’il savait qu’elle se satisfaisait de leurs petits moments privilégiés : leurs soirées dans le canapé, la tête posée sur son épaule, leurs dîners en tête à tête le vendredi autour d’un bon plat et d’un verre de vin, leur bavardage au lit avant de s’endormir – oui, tout ce qu’il adorait lui aussi dans leur vie commune.

Dans l’obscurité, sa vie la rattrapait. Tout ce qu’elle parvenait à refouler dans la journée. La nuit, le mal pouvait l’atteindre à nouveau.

Ils avaient tant de souvenirs ici, mais qui n’étaient pas soumis au lieu et pourraient être ressuscités, encore et encore. Il souleva le sac. Si les moments merveilleux avaient un poids, le sac devrait être impossible à porter. Or, il était léger comme une plume dans sa main, et il en fut fasciné.

Il en allait sans doute pour les belles-mères comme pour les enfants : on devait les accepter telles qu’elles étaient. On choisissait son mari, pas sa belle-mère.

 

image : leslieAnnO’Dell

One Reply to “Läckberg, Camilla «Le Dompteur de lions» (2016)”

  1. « L’enfant allemand » est aussi mon préféré .
    Dès que possible je le lirai ,mais ce n’est pas pour tout de suite !!!!
    Merci Catherine pour tes commentaires .

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