Howey, Hugh « Silo » (2013)

Howey, Hugh « Silo » (2013)

Résumé de l’éditeur : « Les enfants jouaient quand Holston montait vers sa mort ; il les entendait crier comme seuls crient les enfants heureux. »(Première phrase du livre)

Dans un futur post apocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.

Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.

Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.

Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

Mon avis : Une société sur 144 étages. En haut de la tour les dirigeants, en bas les mécanos.. Et toute une économie autonome entre le sommet et la base. La maire – en poste depuis des décennies – décide de descendre tout en bas pour rencontrer une fille qui lui est chaudement recommandée pour le poste de shérif qui vient de se libérer. Elle fera cette longue descente (et remontée) avec l’adjoint du shérif, un vieil ami. Au cours de cette descente, elle visitera plusieurs secteurs de son silo (informatique, nurserie, jardins et alimentation, réserves, machines.) Elle se mesurera à des petits chefs qui souhaitent imposer leurs candidats. Elle revivra ses souvenirs…

Un monde clos, réglementé, avec un contrôle des naissances strict, vivant en autarcie, ou il convient de préparer la relève en informant.. ou désinformant…  Mais que se passe-t-il si on commence à se poser des questions, à fouiller pour savoir comment c’était avant, si on est les seuls sur terre ? ce qu’il y a en dehors du silo..

J’ai adoré ! Je ne l’ai plus lâché. Une aventure, une histoire d’amour, des personnages attachants et atypiques. Fluide.

Actes Sud a choisi ce titre pour lancer sa nouvelle collection SF ! Alors je dis OUI ! Si vous avez aimé « Dune » … foncez ! Et j’espère qu’il y aura un tome deux ! Je le sens assez bien !

 Extraits :

Chacun de ces indices était une allusion discrète à un monde au-delà du leur, un monde où des bâtiments se dressaient en surface, comme les ruines croulantes qu’on apercevait au-dessus des collines grises et sans vie

Ce n’était pas seulement le tabou du nettoyage, la peur du monde extérieur. C’était l’espoir. Cet espoir mortel et inexprimé qui vivait en chaque habitant du silo. Un espoir ridicule, fantastique. L’espoir que, peut-être pas pour soi, mais pour ses enfants, ou pour les enfants de ses enfants, la vie au-dehors redevienne un jour possible, et ce, grâce au travail du DIT, grâce aux épaisses combinaisons qui sortaient de leurs laboratoires.

Une des choses qu’elle aimait chez Marnes, c’était qu’il avait parfois les pensées si noires que les siennes paraissaient d’un gris éclatant

Le monde qui l’entourait était stratifié. C’était de plus en plus clair à ses yeux

Elle dormit en serrant un homme dans ses bras pour la première fois depuis des décennies et se réveilla dans un lit ordinairement vide, le cœur exceptionnellement plein

Les rêves interdits du monde extérieur, constatait-elle, étaient vides et tristes. C’était des rêves morts

était elle qui avait un grain ?

C’était comme la couleur. On ne peut décrire une nouvelle couleur qu’à partir de nuances déjà vues. On peut mélanger du connu, mais pas créer de l’inconnu à partir de rien

Elle avait envie de tendre la main et de passer ses doigts sur les mots, mais ce n’était pas du papier, alors ce ne serait pas la même chose

elle se sentait profondément seule, elle qui se targuait de n’avoir besoin de personne

ce silence finit par lui sembler normal. Partagé. Un moment de paix à la fin d’une journée horrible.

La descente du corps et la cueillette de fruits mûrs juste au-dessus des tombes visaient cependant à souligner une chose : tel est le cycle de la vie ; il est inéluctable ; il convient de l’embrasser, de le chérir, de l’apprécier. Celui qui s’en va prodigue la subsistance, la vie à ceux qui restent. Il s’efface pour faire place à la génération suivante. Nous naissons, nous sommes ombre, nous modelons à notre tour des ombres, puis nous disparaissons. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est de rester dans la mémoire de deux générations

C’était un homme facile à deviner, une de ces personnes qui vieillissent de partout sauf du cœur, un organe qu’il n’avait jamais usé parce qu’il n’avait jamais osé s’en servir.

Une panne. Progressive et interminable. Presque inévitable. Perdre sa femme avait été pour Holston comme la rupture d’un joint d’étanchéité. Tout ce qui s’était déglingué dans sa vie remontait presque mécaniquement à la mort d’Allison.

Pouvait-on connaître quelqu’un rien qu’en l’écoutant ? Rien qu’à partir de ses souvenirs d’enfance ? De son rire étourdissant quand tout le reste de la journée était triste à pleurer

Ça signifie qu’on ne peut pas changer ce qui est déjà arrivé, mais qu’on peut avoir une influence sur ce qui se passera ensuite

Nous n’avons pas choisi l’endroit où nous nous trouvons, marmonna-t-il, mais nous pouvons choisir comment aller de l’avant

Les commentaires des 3 tomes : il suffit de cliquer :
Howey, Hugh « Silo » (2013)

4 Replies to “Howey, Hugh « Silo » (2013)”

  1. Je suis comme toi, je l’ai dévoré et adoré .
    Je pense que parfois « science-fiction » effraie certains lecteurs mais ce livre est tout à fait abordable.
    C’est vrai que je verrai bien moi aussi un tome 2 .

  2. Oh oui! Pas de petits hommes verts, de mutants et autres joyeusetés.. Et une super aventure, doublée d’amour, d’amitié…

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