Manzini, Antonio «Piste noire» (2015)

Manzini, Antonio «Piste noire» (2015)

Série : Commissaire Rocco Schiavone – tome 1

 

Auteur : né le 7 août 1964 à Rome, est un acteur, un réalisateur, un scénariste et un écrivain italien. Comme auteur de roman policier, il est notamment connu pour sa série de romans consacrés au commissaire Rocco Schiavone. Antonio Manzini grandit à Rome. Il suit les cours de l’Académie nationale d’art dramatique de la ville et débute comme acteur au théâtre.

À la fin des années 1990, après s’être essayé à la réalisation, il prolonge sa carrière d’acteur à la télévision et au cinéma, s’imposant notamment dans plusieurs séries télévisées à succès en Italie. En 2004, il écrit avec Niccolò Ammaniti le scénario du giallo Il siero della vanità d’Alex Infascelli, travail qui marque le début de sa carrière d’écrivain et de scénariste.

Il publie en 2005 son premier roman, Sangue marcio. En 2008, il collabore à nouveau avec Ammaniti pour l’adaptation de son roman Comme Dieu le veut (Come Dio comanda) pour le cinéma qui devient sous la caméra de Gabriele Salvatores le film Come Dio comanda (film) (it). En 2013, il participe à l’écriture du scénario de la comédie I 2 soliti idioti (it) d’Enrico Lando (it). Il signe également plusieurs épisodes de séries télévisées

La même année, il imagine le personnage de Rocco Schiavone dans le roman policier Piste noire (Pista nera). Commissaire (ou sous-préfet) de police à Rome, il est sanctionné et muté à Champoluc, un village de montagne situé dans la vallée d’Aoste. Pour sa première enquête, il doit résoudre le meurtre d’un homme inconnu retrouvé écrasé sous une dameuse. Succès critique et public en Italie, ce livre marque le début de plusieurs romans consacrés aux aventures de Schiavone.

En France, ce premier titre est traduit par les éditions Denoël dans la collection Sueurs froides en 2015.

Série : Commissaire Rocco Schiavone

Tome 1(2015) « Piste noire » (Pista nera ) (Folio policier n° 792- 2016 304 pages) – Tome 2  (2016): « Froid comme la mort » (La costola di Adamo )(Folio policier 832, 2017, 304 pages ) – Tome 3 (2017) : «Maudit printemps» (Non è stagione ) – Denoël – Tome 4 (2018) «Un homme seul » (Era di maggio) – Denoël – Non traduit  7-7-2007 (2016) – Non traduit Pulvis et umbra (2017)

Résumé : Séducteur, corrompu, sarcastique, Schiavone est aussi antipathique qu’attachant. Le genre de héros qu’on adore détester…

Le commissaire Rocco Schiavone est romain jusqu’au bout des ongles : snob, macho et ronchon, il est doté d’un humour noir dévastateur. Muté à Champoluc dans le val d’Aoste, il vit son départ en province comme un exil. À son corps défendant, il doit quitter sa paire de Clarks adorée pour porter de répugnants après-ski et considère ses nouveaux collègues comme des ploucs.

Peu après son arrivée, on trouve le cadavre d’un homme sur une piste de ski, écrasé sous une dameuse. Accident ou meurtre? Quand le médecin légiste découvre un foulard dans la gorge de la victime, le doute n’est plus permis. Schiavone se plonge alors dans une enquête rocambolesque, freiné par son ignorance, voire son mépris, de la région et de ses usages. Mais certains habitants de cette vallée hostile et glaciale trouvent grâce à ses yeux.

Macho, bougon, mal embouché, odieux… tels sont quelques-uns des termes le plus souvent utilisés pour décrire le sous-préfet Rocco Schiavone. Autant dire que, lorsqu’il doit enquêter dans une petite station de sports d’hiver du val d’Aoste, son humeur ne s’améliore guère. Il n’aime pas le froid, ses Clarks résistent mal à la neige et il a les pieds mouillés! Pourtant le cadavre d’un homme écrasé sous une dameuse sur une piste de ski va l’obliger à passer quelques jours à la montagne…

 

Mon avis : Alors si cela commence par une citation de Maïakovski, c’est bon signe. (fin de la parenthèse). Bon revenons à nos flocons. Je viens de faire connaissance avec Rocco Schiavone . Pas aimable le bonhomme, c’est le moins qu’on puisse dire… Un passé on ne peut plus nébuleux ( il va falloir lire le suivant pour en savoir un peu plus je présume… ) et un amour de la montagne qui rivalise avec le mien… Fait pas beau, ça mouille, ça glisse, fait froid… Tout pour rendre Schiavone encore plus imbuvable… Et puis un Romain transplanté dans les montagnes, cela ne plait ni au Romain, ni aux montagnards… C’est pas trop compatible… L’enquête ? Bien mais ce n’est pas le plus important. L’important c’est le contexte et les personnages. Le Schiavone, comme de juste, il a des fêlures sous sa carapace… Il est odieux mais il a parfois des mots/gestes gentils… Pas encore convaincue à 100 % … alors j’enchaine sur le suivant pour conforter mon opinion…

 

Extraits :

Dans cette vie
il n’est pas difficile
de mourir.
Vivre
est bien plus difficile.
Vladimir MAÏAKOVSKI

 

Un appel sur le portable à cette heure-ci annonçait des emmerdes, aussi sûr qu’un recommandé des impôts.

En bon montagnard, il savait se taire quand il fallait et parler quand c’était le moment.

À présent, ses pieds ressemblaient à deux filets de sole surgelés.

Aux temps lointains du lycée, Rocco avait lu qu’un philosophe, peut-être Hegel, avait défini le journal comme « la prière laïque du matin »

Rien d’autre ne l’attendait que le travail, le travail et le travail. La vie à Aoste était comme ça. Des gens sérieux, une ville sérieuse faite d’habitants qui bossaient et se mêlaient de leurs affaires.

— Mon métier, c’est de lire les cadavres. Le tien c’est de découvrir pourquoi ils le sont devenus. »

— Quel bon vent ? fit Rocco en s’allumant la énième Chesterfield d’Italo.
— Il y a du vent ? »

C’est un mantra hindou. Maa vidvishhaavahai, ça veut dire…

Qu’aucun obstacle ne surgisse entre nous »

Rocco savait lire entre les lignes, mais là c’était écrit au marqueur.

Tes impressions, tu te les gardes, tu y réfléchis, tu les ravales et tu les ramènes chez toi.

Les souvenirs.
Ce sont eux qui m’ont toujours laissé tomber.

Le passé est un mort dont le cadavre n’arrête pas de venir te voir. De nuit comme de jour. Et en plus, ça te fait plaisir. Parce que le jour où le passé ne vient plus te rendre visite chez toi, ça veut dire que tu en fais partie. Tu es devenu le passé.

 Un rascard, expliqua Italo. Ce sont les maisons typiques de la région, en France ils appellent ça un raccard. Avant, au rez-de-chaussée, il y avait l’étable, ils ne vivaient qu’à l’étage

Il était avec sa femme, il l’aimait et il n’avait plus de place pour les autres. Fermé. Fini. Et la chose ne lui pesait pas du tout. Il regardait les autres femmes, mais comme on regarde un beau tableau ou un paysage à couper le souffle. Marina était son port. Il avait accosté et il ne sentait plus le besoin de repartir en mer.

« Un instant il y a le soleil, celui d’après c’est tout couvert.
— En montagne c’est souvent comme ça.
— Un peu bipolaire, comme climat. Ça te fait pas peur, à toi ?

On pense qu’en partageant sa douleur avec les autres, on souffre moins. C’est faux. Comme tout, la souffrance est subjective, elle a plusieurs strates, chacun le sait et peut le vivre de manière différente.

Mais on ne peut pas toucher l’horreur sans en faire partie. Il le savait. Il devait plonger les mains dans cette boue collante, dans ce marais répugnant pour capturer les crocodiles. Pour cela, il devait inévitablement se transformer lui-même en une créature des marécages. Il devait se salir.

C’était pire qu’un cauchemar. Parce que les cauchemars ont l’avantage de disparaître avec les lueurs de l’aube.

 

 

Info : Peintre Burri : http://www.tornabuoniart.fr/biographie_alberto-burri.php

 

 

One Reply to “Manzini, Antonio «Piste noire» (2015)”

  1. J’ai bien aimé ce livre ,c’est vrai que le sous-préfet est tout à fait agaçant ,mais aussi attachant et drolatique,pareil pour printemps maudit .Le commentaire de Catherine est très bien !!

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