Läckberg, Camilla «La cage dorée» (2019)

Läckberg, Camilla «La cage dorée» (2019)

Läckberg, Camilla « La cage dorée » (2019)

Autrice : Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson, née le 30 août 1974 à Fjällbacka, est une écrivaine suédoise, auteure de romans policiers. Elle est une des plus jeunes auteures à succès dans son genre : en janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller (en) en Grande-Bretagne, la place sixième au rang des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009. Les romans de Camilla Läckberg se situent près de son lieu de naissance, la petite ville côtière de Fjällbacka, en Suède

Série Erica Falck et Patrik Hedström : La Princesse des glaces – Le Prédicateur – Le Tailleur de pierre – L’Oiseau de mauvais augure – L’Enfant allemand – La Sirène – Le Gardien de phare – « La faiseuse d’anges » (06.2014) , « Le Dompteur de lions » (2016) , «La sorcière» (2017),

Série Martin Molin : Cyanure(2011)

Série Faye (Diptyque) «La Cage dorée» – tome 1 : La vengeance d’une femme est douce et impitoyable –

Editions Actes Sud – Avril 2019 – 352 pages

Résumé Premier volet d’un diptyque, «La Cage dorée» est un thriller glaçant qui résonne funestement avec l’ère #MeToo. Pour la première fois, Camilla Läckberg quitte Fjällbäcka pour explorer la perversité de l’homme dans les hautes sphères de la société stockholmoise. Et montrer combien il peut être fatal de sous-estimer une femme.
Faye a voué sa vie à Jack, elle a tout sacrifié pour lui. Mais lorsque Jack, coureur de jupons invétéré, la quitte pour une jeune collaboratrice, laissant Faye complètement démunie, l’amour fait place à la haine. La vengeance sera douce et impitoyable : il lui a tout pris, elle ne lui laissera rien.

Mon avis : Pour moi c’est juste surfer sur la vague de la tendance actuelle. On quitte l’univers familial et couches-culottes d’Erica pour du soft-porn, de la maltraitance physique et morale, pour ce qui est à la mode du moment. Et quand je me retrouve à préférer les couches-culottes… c’est que je suis sacrément déçue. Dommage car l’idée était bonne. Mais il aurait fallu jouer dans la nuance et non pas tout noir/tout blanc ! C’est trop caricatural et cela devient pamphlet avec œillères (on descend les hommes en flèche après les avoir divisés en deux catégories : les monstres et les lavettes) Vouloir défendre la cause des femmes c’est bien, mais verser dans l’excès de part et autre rend l’exercice caduque.

J’ai été jusqu’au bout car au sein de notre petit groupe d’ami(e)s nous avions décidé d’en faire une lecture partagée. La première moitié du livre a juste été un calvaire : tout ce que je déteste et en plus cela traine en longueur. Une succession de clichés sur l’asservissement, avilissement de la femme, sur le pervers narcissique, sur la soumission à l’amour et à l’argent. La petite fille pauvre tétanisée dans la lumière des phares du fric. Les femmes elles aussi divisées en deux : les femmes d’affaires belles et intelligentes et les femmes au foyer soumise et sans caractère. Sans oublier bien sûr le mystère du passé inavouable … Le côté geignard qui me dérange dans Erica (laisser-aller, pleure-sur-soi) est présent aussi dans le caractère de Faye. Heureusement que Mathilda est moins « carpette »!

La deuxième partie sauve un peu ; on baigne toujours dans le royaume du sordide, de la manipulation, de la haine et de la trahison, avec la vengeance en prime mais (ouf il y a un mais) la façon de procéder de Faye pour arriver à ses fins est extrêmement bien vue. Et il y a une jolie histoire d’amitié entre Faye et Chris…

Extraits :

“De combien de temps disposons-nous, avant que tu doives rentrer t’occuper de trivialités domestiques et de tout le reste, que tu regretteras quand tu seras grisonnante et incontinente ?”

Sans les rêves, j’aurais pu croire à mon propre mensonge d’un passé définitivement enterré.

L’aristocrate insouciant qui avait toujours une fête sur le feu. Ceinture noire en sociabilité et dans l’art de faire rire les gens.

“Qu’est-ce que tu veux faire d’un soutien-gorge ? Ce serait comme se promener en Ferrari avec la capote rabattue.

Une figure pathétique dans un emballage noir Dolce & Gabbana, avec des talons hauts et des espoirs plus hauts encore.

Elle ferma les yeux et essaya de redevenir elle-même. Mais le passé l’avait rattrapée, lui avait montré combien elle était petite. Qui elle était vraiment.

Elle l’avait toujours imaginé ainsi : ils vieillissaient, inséparables, devenaient ensemble fripés et fragiles. Jamais, elle ne renoncerait à cette vision. Si elle interrogeait ce couple, autour du déambulateur, ils pourraient très certainement lui parler des difficultés rencontrées en chemin. Des difficultés qu’ils avaient surmontées.

Je refusais de répondre. Car que dire ? Mais ma fermeture, mon refus de parler de moi ne le rendaient que plus désespéré. J’étais devenu un code secret. Comme s’il s’imaginait qu’il lui suffisait de craquer ce code pour que je recommence à l’aimer.

J’ai laissé le vent emporter tous ces souvenirs en me persuadant que je pouvais les remplacer par des nouveaux. Toutes les cellules du corps se renouvellent, sont remplacées. Pourquoi pas aussi les souvenirs ?

Il lui arrivait de se demander si tout ça avait réellement existé, ou si elle s’était juste forgé une image du passé.

Mes cicatrices reposaient en sécurité entre ses mains. Il n’en connaissait pas l’existence, mais peu importait. Sa présence était malgré tout un réconfort. C’était comme si ses propres cicatrices s’emboîtaient dans les miennes.

Ouvrir les yeux. On dit que rien ne nous rend plus aveugles que l’amour, mais Faye savait que rien ne nous rend plus aveugles que le rêve d’amour.
L’espoir est une drogue puissante.

La haine était familière et rassurante. Elle l’emmitouflait dans un cocon chaud, lui donnait un but, une raison d’être, lui faisait reprendre pied.

Le temps s’arrêta, tous les bruits alentour disparurent, les contours s’estompèrent, les angles vifs s’arrondirent.

Il lui agita sa montre sous le nez. Une Audemars Piguet valant environ un demi-million. Pas une Rolex, que Jack considérait sûrement comme trop mainstream. Tout le monde avait une Rolex, aujourd’hui. Les gens qui comptaient vraiment avaient une Audemars Piguet. Ou une Patek Philippe.

Elle avait toujours affirmé que c’était grâce aux mauvaises décisions que la vie valait la peine d’être vécue.

À force de se draper en victime, il ne laissait plus beaucoup de tissu.

Tu es cette faille qui laisse entrer la lumière, dit-elle, celle que chante Leonard Cohen.

 

4 Replies to “Läckberg, Camilla «La cage dorée» (2019)”

  1. Bon ben ça c’est fait , il ne rentre pas dans ma Pal ! J’ai plusieurs romans de cette autrice qui m’ont été donnés : j’ai lu la princesse des glaces – bien aimé- et cyanure – moyen.

  2. Bon alors là refroidissement total… déjà qu’avec la Princesse des glaces c’était pas génial ! Du coup pas envie de le débuter…

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