Dos Santos, José Rodrigues «Vaticanum» (2017)

Dos Santos, José Rodrigues «Vaticanum» (2017)

L’auteur : Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers historiques, plusieurs fois primé.  La Formule de Dieu (2012), traduit dans plus de 17 langues et en cours d’adaptation au cinéma, L’Ultime Secret du Christ (2013), La Clé de Salomon (2014) – suite de La Formule de Dieu –, Codex 632 (2015) ,  Furie divine (2016), Vaticanum (2017), Signe de vie (2018). (HC Éditions). En 2019 il publie « L’homme de Constantinople »

HC Editions 27.04.2017 – 640 pages /Pocket 26.04.2018 – 743 pages

Suite des aventures de Tomás Noronha (6ème enquête)

Résumé : Et si ce Pape était le dernier ? Trois grandes prophéties annoncent sa fin et avec elle celle de l’Eglise catholique. Saint Malachie l’a prédit au XIIe siècle, le pape Pie X en a eu la vision en 1909, et la vierge de Fatima l’a annoncé aux trois jeunes bergers portugais en 1917. Alors que Tomás Noronha travaille dans la nécropole du Vatican à la recherche des ossements de saint Pierre, le pape le fait appeler dans ses appartements privés qu’il n’occupe plus que pour ses rendez-vous en journée.
Il a besoin de son aide pour enquêter sur un vol commis au sein même de la Cité du Vatican. Vingt-cinq ans après l’opération « Mains propres » qui a ébranlé la curie et les fidèles, de nouveaux documents explosifs ont disparu qui pourraient remettre en cause l’intégrité de l’Eglise. Historien et cryptanalyste, Tomás ne comprend d’abord pas très bien pourquoi on fait appel à lui. Il commence cependant à faire des découvertes très surprenantes, qui mettent en cause de grandes figures de l’Histoire du XXe siècle.

Mon avis :

Le Vatican est un panier de crabes, les intérêts personnels priment sur tout, les traitres sont légion. Affaires de contrebande, fraudes en tous genres, évasion fiscale, utilisation des dons des fidèles, le scandale de la banque Ambrosiano, l’opération « Mains propres », activités criminelles, malversations, activités financières du Saint-Siège, argent sale, magouilles, la mafia, les anciens Papes (Jean-Paul 1er, le Polonais Karol Wojtyla alias Jean-Paul II…), Licio Gelli et la loge maçonnique P2, les hommes politiques…

Mais quel est le lien entre les faits historiques et ce qui arrive dans le roman ? Tomas est venu à la base pour rechercher les ossements de Saint Pierre et il se retrouve mêlé à une enquête criminelle, à un enlèvement…

Une fois encore je suis passionnée par les livres de cet auteur. Un mélange de fiction (ce qui arrive au pape) et de réalité (la corruption, la contrebande, le coté financier, les magouilles et les abus). Dos Santos est journaliste et cela se sent. Il est passionné par les enquêtes et le contexte dans lequel il place son roman est juste incroyable ! La presse a dejà parlé des affaires du Vatican, mais c’est juste surréaliste ! Le Pape François met son nez en terres obscures et c’est édifiant. Et toujours ce style fluide (on croit lire un long reportage) Alors oui, c’est une «brique» mais elle se lit bien, comme un roman fleuve. Ceux qui connaissent Tomás savent dejà qu’il lui faut du concret, et que pour lui mystique et historique ne se complètent pas. Alors les prophéties… il n’y croit pas et bien que le Pape essaie de le convaincre, il avance en terrain miné : des coïncidences oui, mais on ne va pas plus loin…

On apprend beaucoup et le suspense est là jusqu’à la fin de cette course contre la montre. Les personnages sont bien campés, il y a de l’action. Toujours un bonheur de retrouver l’agilité intellectuelle et les connaissances historiques et cryptographie de Tomás.

Extraits :

D’ailleurs, le travail d’un archéologue était fait de détails. La plupart des informations arrachées au passé résultaient d’indices indirects recueillis dans les fouilles. Des éléments qui, à première vue, paraissaient secondaires, voire parfaitement insignifiants, ouvraient souvent des pistes qui menaient à d’importantes découvertes. En croisant les informations et…

Accompagné par un garde suisse dans son exubérant uniforme qui, contrairement à ce que dit une légende tenace, n’a pas été conçu par Michel-Ange […]

Ah, comme j’aimerais une Église pauvre et pour les pauvres ! La pourpre est le symbole du pouvoir absolu des Césars et c’est pour cette raison que j’ai refusé de la porter. Je suis un pape, pas un César.

Vous savez, Votre Sainteté, je suis un homme de science. Je ne crois pas à ce qui est mystique, à la… enfin, à la spiritualité, qui pour moi n’est rien d’autre qu’une invention pour nous réconforter et nous protéger de la cruauté de l’existence et de la peur de notre condition mortelle.

Jésus veut que ses évêques soient des serviteurs, non des princes. On ne peut pas comprendre l’Évangile sans la pauvreté. Il est temps de réformer le Vatican !

Le pape ne saurait prêcher qu’il faut aider les pauvres et vivre dans une telle opulence, ni permettre que des sommes considérables soient dilapidées pour alimenter les vices de la curie !

En portugais, nous avons même une expression : lorsque nous sommes particulièrement angoissés, nous disons qu’il faut « prier tous les saints ».

Au Vatican, la gabegie est totale, tout comme le vol, et personne ne fait rien ni ne demande de comptes à qui que ce soit. Les voleurs sont entrés dans le temple et ils pillent la maison de Dieu.

Il secoua la tête pour tenter de remettre de l’ordre dans ses pensées et de trouver une explication plausible à tout ce qu’il venait d’entendre.

Elle était alsacienne et connaissait bien la mentalité germanique, y compris celle des Suisses allemands. Tout devait scrupuleusement obéir à des règles et il n’y avait pas la moindre possibilité de les contourner.

« Ici, rien ni personne n’est ce qu’il paraît être », avait dit le souverain pontife.

Les deux hommes n’utilisaient pas leurs vrais noms, mais des noms de guerre inspirés de personnages saints de l’islam, une pratique habituelle chez les djihadistes.

Mourir n’était peut-être pas si terrible que ça. La mort n’était rien de plus qu’un passage, tout dans l’univers se transformait, chaque chose, à tout instant, avait un début et une fin. La transformation permanente voilà l’essence de l’existence ; tout n’était qu’impermanence et, avec la mort, Tomás avait fini par se fondre dans le cosmos et…

Le problème, c’est que la trahison fait également partie du christianisme. N’a-t-il pas fallu que Judas trahisse le Seigneur pour trente deniers pour que Jésus soit crucifié puis qu’il ressuscite ?

Car les relations humaines sont des toiles qui nous emprisonnent mais qui nous libèrent aussi.

 

Infos : cadran d’Alberti :

Photo : Nécropole Via Triumphalis

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