Sfar, Joann «Vous connaissez peut-être» (RL2017)

Sfar, Joann «Vous connaissez peut-être» (RL2017)

Auteur : Joann Sfar naît à Nice en 1971, et grandit dans la culture juive, ashkénaze et séfarade à la fois. Il est aujourd’hui dessinateur, scénariste de bande dessinée, réalisateur de cinéma et professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il s’impose auprès du grand public avec Le Chat du rabbin, qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires. En 2012, son adaptation remporte le césar du meilleur film d’animation.
Il a publié chez Albin Michel : L’Eternel 2013, Le Plus Grand Philosophe de France 2014, et en 2016, Comment tu parles de ton père.

Albin Michel – 23.08.2017 – 262 pages  / Livre de poche – 12.06.2019 – 239 pages

Résumé : Au début il y a cette fille, Lili rencontrée sur Facebook. Ça commence par  » vous connaissez peut-être « , on clique sur la photo du profil et un jour on se retrouve chez les flics. J’ai aussi pris un chien, et j’essaie de lui apprendre à ne pas tuer mes chats. Tant que je n’aurai pas résolu le problème du chien et le mystère de la fille, je ne tournerai pas rond. Ça va durer six mois. Ce roman fait suite à Comment tu parles de ton père.
On y trouve quelques portraits de femmes, et un portrait de chien. C’est une enquête. Tout est vrai sinon ce n’est pas drôle.

Mon avis : Alors le FLOP magistral de l’année. J’ai été jusqu’à la fin mais j’ai survolé par moments tellement je n’ai pas aimé et je n’ai rien compris à l’intérêt que peut avoir le récit. Ça part dans tous les sens, l’auteur parle de chiens, de chats, de SPA, de religion, de sa mère, de sexe et de je ne sais pas trop quoi encore… En prime je n’ai pas trouvé bien écrit. Alors oui, Internet c’est dangereux … oui l’auteur a été pris au piège de Facebook… mais il m’a perdu en route dans ce livre autobiographique truffé de références et de disgressions philosophiques qui ne sont pas sans intérêt mais qui sont lâchées de manière trop brouillonne pour moi. Et s’il y a de l’humour dans tout ce fatras, je ne l’ai pas trouvé. Alors il y a certainement une partie désespérée qui se cache derrière une langue crue et une approche grossière et provocatrice des thèmes abordés. Je suis désolée d’apprendre que son chien attaque les chats et qu’il pensait qu’avec l’éducation cela passerait, je me contrefiche qu’il aime la Science-fiction, et ravie d’apprendre ce qu’est une « histoire qui finit bien : quand quelqu’un évite la catastrophe » … pour moi éviter la cata, c’est éviter le pire et pas finir bien… Pas sur la même longueur d’onde… J’ai été au bout, fait connaissance de Lili, et je ne suis pas plus avancée pour autant. Ah oui.. J’ai bien aimé le passage sur le dessin dans lequel il parle de Moebius (au moins 4 pages…)
Si vous avez lu je serais curieuse de comprendre et d’avoir un avis sur le livre.  

Extraits :

Des gens me parlent, je réponds. Ou pas. J’essaie de considérer Facebook comme un bistro. Ni mieux ni moins bien. J’aurais tellement honte d’être le genre de type qui aborde les inconnus. Oui, je suis orgueilleux.

Le programme suggère des amis. Il vous dit : « Vous connaissez peut-être » et vous balance des profils. Je n’ai jamais été très fan de cette fonction, je ne clique jamais dessus.

Elle dit que ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est l’ennui. « La littérature existe parce que la vie ne suffit pas. »

On cogne quand on a peur ou quand on a mal ou quand on a peur d’avoir mal. Les mots ça cogne très fort, et ça reste.

Écrire, c’est quand quelque chose te tracasse et que tu veux le faire sortir. « Y a pas de souci », c’est l’inverse. Chaque « Y a pas de souci » entendu confortera l’auteur dans l’idée que toute communication avec l’extérieur est vouée à l’échec.

Je ne réponds jamais à personne. Ni sur Facebook, ni par mail. Je ne lis même pas les sms puisque lorsqu’on les consulte, l’expéditeur en est informé et attend avec d’autant plus d’intensité la réponse. Je revendique ce droit à ne pas répondre au courrier. Parce qu’émotionnellement c’est trop.

C’est ça la nouveauté : attirer l’attention sans à aucun moment provoquer quoi que ce soit de satisfaisant.

Je ne suis pas votre ami. Je suis juste votre ami Facebook.

Chaque jour j’en apprends davantage sur son existence, réelle ou fantasmée. Je me dis que j’ai au bout du fil soit un génie à l’imagination folle, soit une héroïne de roman. Dans les deux cas, c’est passionnant.

Quand une dame juive disparaît, pour paraphraser le rabbin Hampâté Bâ, c’est toute une armoire à gâteaux qui meurt.

One Reply to “Sfar, Joann «Vous connaissez peut-être» (RL2017)”

  1. Lu à sa sortie. Voilà ce que j’avais noté :
    J’ai découvert Joann Sfar par la bande dessinée avec « La fille du professeur » où la momie d’un prince égyptien s’éprend de la fille d’un savant dans le Londres de l’époque victorienne. Je me suis également régalée avec les albums du « Chat du rabbin ».
    Je connaissais donc le dessinateur mais pas encore l’écrivain.

    Parmi les piles de romans issus de la rentrée littéraire 2017, j’ai été attirée par le chien de la couverture. Je l’ai pris sans même savoir de quoi il parlait.

    « Vous connaissez peut-être » est un roman autobiographique ou du moins qui se présente comme tel. L’auteur y relate les quelques mois durant lesquels il a eu une relation virtuelle avec Lili, une jeune femme rencontrée sur Facebook.
    Durant la même période, sous la pression de ses enfants, il adopte un chiot bull-terrier, Marvin, qu’il va tenter d’éduquer.

    Le fil conducteur est ponctué d’anecdotes et de réflexions philosophiques aussi diverses que variées.
    Parmi les nombreuses digressions, certaines sont trop longues voire inutiles. Ainsi, j’avoue avoir zappé le conte arabe au bout de quelques pages. Il y a des passages un peu crus mais il y a aussi des épisodes qui font sourire et d’autres vraiment très drôles, notamment tout ce qui tourne autour du chien.

    Au final, ce texte donne l’impression d’un gros fourre-tout un peu déroutant mais plutôt agréable à lire.

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