Del Arból, Victor «Por encima de la lluvia» (09.2017) «Au-dessus de la pluie»

512 pages – Editions Destino – Septembre 2017 ( lu en version originale) – Pas encore traduit

Résumé :  Miguel et Helena font connaissance dans un Home pour personnes âgées à Tarifa, à un âge ou ils pensent avoir déjà tout vécu. Miguel a peur de voler. Helena est terrorisée par la mer. Tous deux ont des enfants adultes et ont l’impression d’être considérés comme des potiches. Le suicide dramatique d’un résident va leur ouvrir les yeux. Ils ne veulent pas passer le temps qu’il leur reste à vivre dans le passé en se remémorant des temps qui devaient être surement meilleurs. Ensemble, ils décident d’entreprendre le voyage de leurs vies et ils vont découvrir que rien n’est définitif tant qu’il reste des rêves à vivre
Pendant ce temps, à Malmö, dans cette ville éloignée de Suède, la jeune Yasmine, fille d’immigrants marocains qui rêve d’être chanteuse vit sous la coupe d’un grand père autoritaire, Abdul, méprisée pas sa mère qui la considère comme une honte car elle travaille pour un suédois au passé trouble et vit une romance secrète avec le chef adjoint de la Police suédoise, un homme âgé et influent.
Ces trois personnages dessinent une histoire sur le sens de l’amour et montrent à quel point des personnes normales peuvent se révéler extraordinaires.
Passé, présent et futur s’entrelacent dans ce voyage qui commence à Tanger en 1955 et s’achève à Mälmo en 2014, métaphore d’un voyage beaucoup plus important : vivre toujours intensément.

 

Mon avis : Une fois de plus, l’eau est là, dans le titre… la pluie, les gouttes d’eau, toujours de l’eau avec cet auteur…

Pour mon plus grand bonheur, une fois de plus le thème récurrent du lien avec le passé, la mémoire, l’Amour, les relations parents/enfants, le thème des femmes maltraitées/ battues, mais le ton de ce roman est différent des autres. Ce n’est pas un roman « fresque historique et il ne parle pas de vengeance en tant que telle.  Des personnages qui sont à la fin de leur vie, qui s’accrochent, ne baissent pas les bras face aux difficultés et qui nous parlent du sens de la vie. Ce qui rend vieux, c’est la peur d’aller de l’avant… Il pose beaucoup de questions sur les relations humaines … Faut-il sauver les personnes même si elles ne se souhaitent pas ? Parfois c’est plus simple de fermer les yeux et de passer son chemin que de faire ce que l’on croit juste et s’attirer la haine de ceux que nous aimons… Entre amour et égoïsme … Certains passages font écho au livre « Les loyautés » que j’ai lu récemment…

Ce roman est fort et il m’a beaucoup remuée, comme tous les romans de cet écrivain qui est mon écrivain contemporain préféré. De plus, dès qu’on évoque le sujet Alzheimer, je suis toute chamboulée… J’ai toutefois beaucoup moins adhéré à la partie suédoise … très violente à tous les niveaux … et avec des personnages dont je n’ai pas eu envie de faire connaissance dans la vraie vie… contrairement à Miguel et Helena. C’est un livre percutant, dérangeant qui nous prend aux tripes (mais je le savais avant de le commencer) mais ce n’est pas celui que je préfère… Coté historique, il m’a permis de me documenter sur « El Valle de los Caídos » en français : la vallée de ceux qui sont tombés)

Dans ce roman nous faisons un bout de chemin avec Helena et Miguel. Nous accompagnons leur cheminement psychologique mais pas que. Nous mettons nos pas dans leurs traces et partageons les souvenirs des lieux qui les ont marqués, leurs amours passées.  C’est la recherche de l’amour, la recherche de ce que peut nous apporter l’autre et nous rendre complémentaires. Dans le roman, Miguel et Helena s’apportent ce qui leur manque (le courage d’aller de l’avant et d’accepter le passé – affronter la peur de l’air – voler – et la peur de l’eau – nager). Miguel ne va pas se résigner et ne pas s’incliner face à Alzheimer. Les personnages luttent, avancent. La logique et l’instinct se rejoignent, se complètent. Une fois encore nous avons l’impression de connaître les personnes, de suivre la vie de personnes qui existent vraiment. Il n’invente pas mais il interprète la réalité … et il nous force à nous poser des questions sur notre vie et sur la vie de nos anciens. On regarde en arrière et on envisage le futur… Que ce passe-t-il quand les enfants se débarrassent de « leurs vieux » en les mettant dans des maisons de retraite ? Que se passe-il dans la tête des personnes qui se retrouvent dans un environnement qui n’est rien d’autre que l’antichambre de la mort… deux solutions : se résigner ou aller de l’avant… La vieillesse est inéluctable mais on peut décider de la vivre bien ou se laisser dominer par l’attente de la mort. Alors vivre ou survivre ? Vivre dans ses souvenirs, mourir à petit feu ou décider de continuer la route et se créer de nouveaux souvenirs ? Se construire encore ou se reconstruire? Boucler la boucle des regrets, des souvenirs, pour avancer en paix, dans la lumière et la sérénité.

Comme le dit si bien l’auteur dans une interview : « Nous sommes ce que nous sommes car nous avons été ce que nous avons été. Le passé est un endroit sûr dans lequel nous évoluons en sécurité parce que nous le connaissons et que nous pouvons le réinventer. »  Il compare ce livre au « Cante Jondo » (référence au flamenco) : un cri qui vient du plus profond de l’être, de la souffrance, pour faire sortir la douleur de l’être et tenter de l’exorciser. Il explore les racines de la souffrance pour pouvoir aller de l’avant.

Et maintenant j’attends de le relire en version française… En attendant, il faudrait  que je me fasse La « bande son » du livre…

 

Extraits :

La enfermedad incurable del recuerdo

Ella se pasó la vida muriéndose, primero por dentro y después por fuera, incluso tuvo tiempo de sobra para ser consciente de su declive y, al final, cuando más falta le hacía la locura, recobró la lucidez para saber que se iba.

Era demasiado pequeño para parecer un hombre, pero su mirada era demasiado vieja para fingir que era un niño

No importa, seguro que me lo has contado muchas veces, pero uno de los privilegios de la vejez es que no debemos fingir que prestamos atención a los detalles que no nos importan

El mundo y yo viajamos en trenes distintos. Me aturde tanta rapidez

Nada nuevo sobre el horizonte. Viejos y soledades

Si alejas el futuro no te queda más remedio que ceñirte al presente

El caso es que tu ojo izquierdo es más azul que los lagos de Laponia, pero tu ojo derecho es marrón como esa tierra de la que viene tu abuelo. Es como si no hubieras decidido lo que eres

No se pueden alterar las reglas, o el juego dejaría de tener sentido. La compasión podría ser confundida con debilidad, ¿entiendes? Y en mi mundo, los débiles mueren

tenía cierta habilidad técnica pero carecía de ingenio, era eficaz pero no brillante, era tenaz pero carecía de genialidad

él venía de una época en la que los gestos se economizaban: pocos besos, pocos abrazos. Y pocas palabras

La vida de la gente está llena de cosas que podrían haber sido y no fueron

Tal vez aquella visión entraba por una resquebrajadura de su cerebro y se aprovechaba de esas pequeñas manchas que causaban, según le habían explicado los neurólogos, su enfermedad: manchas que eran como espacios desiertos que se iban expandiendo por su masa gris. En los desiertos hay espejismos tan reales que pueden conducir a la locura a los guías más experimentados, los obligan a salirse de sus rutas, los adentran entre las dunas y se los tragan para siempre

Los muertos se quedan en la edad en la que se los recuerda. Una extraña paradoja

Tal vez descubrir cosas insospechadas significa ver una parte de uno mismo que no te gusta y que debería quedarse enterrada para siempre. —¿Y eso por qué? Negar lo que eres no hace que desaparezca

le preguntaban cosas de su vida anterior, como si tácitamente se diera por sentado que al traspasar las puertas de la residencia el pasado era lo único que contaba

Sí, limbo. El mundo entre los vivos y los muertos. Porque eso es exactamente este lugar, por si no te has dado cuenta, por mucho que se llame residencia Paraíso. Una estación de espera

Tienes corazón, ¿verdad? Pues tu corazón debería emocionarse, sorprenderse, dar brincos. Y eso ocurre cuando no sabes qué vendrá a continuación. ¿A ti no te asusta lo desconocido? No hay una regla para cada situación

Helena y Miguel eran esencialmente diferentes y, sin embargo, contra toda lógica, se sentían a gusto juntos y se buscaban el uno al otro. De manera natural, se fueron acercando como una imagen a su reflejo y descubrieron que encajaban extrañamente y se complementaban igual que la luz necesita del contraste oscuro para tener sentido

Recordar no es malo. Significa que hemos vivido.

Yo creo que el pasado es un punto de fuga. Un lugar a donde escapar cuando no quieres estar aquí. Todo el mundo quiere estar en otra parte, ¿no te parece

Siempre estamos huyendo, desengáñate. La diferencia, lo que nos convierte en viejos, es que nosotros huimos hacia atrás y los jóvenes huyen hacia delante

Hay personas hechas de aire y otras de tierra. Eso es todo. Y supongo que no pueden entenderse

Pasaron algunos minutos de un silencio que ya no era tan sólido, sino que goteaba y se deshacía

esperaba del amor todo: la pasión, el deseo, la aventura, la erupción de un volcán cuya lava jamás se solidificase

Ella, como su madre —y antes, su abuela—, confiaba en el plan divino que se manifestaba a través de los naipes, de las señales y de los presagios que había aprendido a leer desde niña

¿Por qué todo debía ser muerte, vergüenza y pasado? ¿No había nada bueno a lo que recurrir?

Tal vez por eso me he decidido a escribirte otra vez, sin preguntarme si vas a leer mi carta o si la romperás sin abrir el sobre. Espero que no te importe que lo haga. No es por ti, es por mí. Necesito contarte, que sepas. Podemos fingir que eres un amigo invisible, o que eres un océano a donde de vez en cuando puedo arrojar una botella con un mensaje

Los muros eran cosa de adultos.

Todavía era demasiado joven para pensar en los viejos tiempos con nostalgia

Los recuerdos eran como las termitas, agujereaban el presente y lo enfermaban

No era desprecio, era mucho peor. Algo que él odiaba. Era indiferencia

Decidir por sí misma cómo y dónde vivir sus últimos días. No quería languidecer encerrada en sus recuerdos como todos aquellos viejos de mirada resignada con los que se cruzaba cada mañana

Él siempre vio el matrimonio como una suma de posibilidades y no como una competencia de individualidades

Seguid con vuestras narices pegadas a los cristales viendo pasar la vida.

Las lagunas mentales, los espacios temporales recorridos sin consciencia, como si se teletransportase de un universo al siguiente sin tiempo para asimilarlo. Igual que los tripulantes del Enterprise en Star Trek, una forma de ahorrarse aterrizajes forzosos

El futuro era Europa, decía. Como si un futuro fuera distinto a otro, como si en realidad importase el horizonte

Esos ojos que aprendieron a mirar como el filo cortante de un iceberg pero que, si se contemplaban de cerca, estaban llenos de juventud, de necesidad, de inseguridades

¿Cómo se dejó enterrar en vida? —El laberinto de un alma herida es inexpugnable para los que pretenden abordarlo con razones y lógica

A veces hay que tomar decisiones por otro que no está dispuesto a tomarlas, aunque con ello nos ganemos su desprecio

Echaba de menos los cigarrillos que condensaban el aire hasta hacerlo irrespirable. Ahora ya no podía fumar

para qué hablar de lo que ya no existe. «Para que siga existiendo, abuelo.» La juventud creía demasiado en el poder de la memoria, confiaba demasiado en las palabras.

Hacemos cosas y los actos traen consecuencias que no podemos eludir

Qué belleza —musitó, extasiada. Tuvo ganas de llorar pero se contuvo; no habría sabido cómo explicar que la felicidad a veces está tan cerca de la tristeza. Como cuando algo se alcanza para comprender que se está a punto de perderlo. A su alrededor todo era tan hermoso, tan perfecto, que se sintió abrumadoramente sola

Lo que me pregunto es si te ha traído hasta mí aquel niño o este viejo. —¿Acaso importa eso? —Desde luego. Porque cada uno de ellos tendrá motivos diferentes. El viejo busca paz; el hombre, venganza o justificación, pero el niño solo quiere comprender

Su madre le entregó su vida. No únicamente su cuerpo, su alma, sus sueños; todo, incluso la cordura

Sabías que la marihuana es un psicotrópico que se obtiene de la planta del cáñamo? Cannabis sativa. Los romanos se embriagaban inhalando sus vapores y los egipcios ya la utilizaban como alucinógeno y con fines terapéuticos

Fue extraño estar allí sin él, con la muda presencia de sus cosas, que no me decían nada, que me observaban como una extraña

Creía querer a mi familia, estar preparada para ser una buena madre, una buena esposa. Me esforcé cuanto pude, pero no bastó. Tal vez tengamos dentro un gen autodestructivo que es hereditario. Podría llamarse el gen del desastre, o el gen que le jode la vida a los que quieres… Le

la vida de aquellos a los que queremos nunca es suficientemente larga. No importa si están enfermos, si sufren; somos egoístas, no queremos dejarlos ir y quedarnos solos, encerrados con sus fotografías, oliendo su ropa, evocando recuerdos y echándolos de menos.

cariño, sin asentir ni negar; me ofreció, en cambio, la certeza de su presencia y el amor infinito de su mirada

Pero, a pesar de todo, de ser testigo del dolor inmenso que causa perder el timón de tu vida, a pesar de comprender el tremendo peligro de cifrar la propia felicidad en la existencia de alguien y quedarte luego solo, yo querría ser como fue mi madre

Sin que se diera cuenta, se le había marchado la vida

Somos dos personas buscando saber si somos los que fuimos… Así que no sirve nada decir que no importa, porque sí importa

Miguel se fijó en la rama muerta de un platanero. Nada la haría revivir y, sin embargo, permanecía aferrada al tronco, solidificada con él. Pero solo era un resto fosilizado e inerte. Cuando los jardineros municipales lo podasen, el árbol solo sentiría alivio al librarse de aquel peso muerto

Sabía lo que quería y por fin se atrevía a dar un paso adelante. No pensaba dejar que la literatura del amor sustituyera otra vez la realidad. Estaba cansado de coleccionar momentos para recordarlos después. Quería vivirlos aquí y ahora. Legítimamente, tenía derecho a esperar mucho más de sí mismo

El alzhéimer se comerá estos momentos. Ni siquiera sabré que esto ha existido. Es cruel encontrar algo, disfrutarlo un instante y olvidarlo para siempre.

Confiar era ceder todas las fragilidades y los miedos a otra persona, ponerse en sus manos con los ojos cerrados. Confiar era un acto de fe, de coraje, de estupidez

El problema son los espejos, por eso no hay ninguno en esta habitación. En los espejos se ve el reflejo, y a veces uno ya no tiene entrañas para mirarse a la cara, se asquea de uno mismo. Podemos engañar a los demás, incluso durante toda una vida, pero no a nosotros mismos; no si nos miramos y nos vemos. Nadie tolera las confidencias de su reflejo, las murmuraciones que adivinamos en la mirada que nos mira

Le han dicho que vive en el pasado pero no es cierto; el pasado es su presente. Y es un presente que solo es paisaje porque ya no distingue sensaciones de realidad y ha alcanzado esa verdad del instante donde se comprende que son la misma cosa

 

 

Info :  Valle de los Caídos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Valle_de_los_Caídos

 

 

 

3 thoughts on “Del Arból, Victor «Por encima de la lluvia» (09.2017) «Au-dessus de la pluie»

  1. je découvre ce texte du poète poète chilien Nicanor Parra, apôtre de l’« antipoésie », décédé mardi 23 janvier 2018 , à l’âge de 103 ans et qui me semble en rapport avc le thème du livre ..

    Ultimo brindis ( Nicanor Parra)

    Lo queramos o no
    sólo tenemos tres alternativas:
    el ayer, el presente y el mañana.
    Y ni siquiera tres
    porque como dice el filósofo
    el ayer es ayer
    nos pertenece sólo en el recuerdo:
    a la rosa que ya se deshojó
    no se le puede sacar otro pétalo.
    Las cartas por jugar
    son solamente dos:
    el presente y el día de mañana.
    Y ni siquiera dos
    porque es un hecho bien establecido
    que el presente no existe
    sino en la medida en que se hace pasado
    y ya pasó…
    como la juventud.
    En resumidas cuentas
    sólo nos va quedando el mañana:
    yo levanto mi copa
    por ese día que no llega nunca
    pero que es lo único
    de lo que realmente disponemos.

    «Dernier toast» (Nicanor Parra)
    Que nous le voulions ou non
    Nous n’avons que trois possibilités:
    L’hier, le présent et le lendemain.
    Et pas même trois
    Car comme dit le philosophe
    L’hier c’est hier
    Il n’est à nous que dans le souvenir:
    Lorsque la rose a défleuri
    On ne peut plus lui ôter de pétale.
    Il n’y a que deux
    Cartes à jouer:
    Le présent et le lendemain.
    Et pas même deux
    Car c’est un fait bien établi
    Que le présent n’existe
    Que dans la mesure où il devient passé
    Et il est passé…,
    comme la jeunesse.
    Tous comptes faits
    Il ne nous reste que le lendemain:
    Je lève mon verre
    À ce jour qui n’arrive jamais
    Mais qui est le seul
    Dont nous disposions en réalité

  2. Merci Catherine pour ce commentaire qui donne vraiment envie de lire ,s’il en était besoin.Victor Del Arbol est aussi mon auteur contemporain préféré.
    Je lirai ce livre en français,il va sûrement au printemps.Ma fille n’étant finalement pas allée en Espagne (Girone) à cause des événements de Catalogne,nous ne l’avons pas eu en espagnol .Mais je ne pourrai pas lire les livres de Victor en espagnol ,parce que je les dévore et mon rythme de lecture est très lent en espagnol.
    Comme toujours il écrit sur des sujets qui parlent fort au lecteur qui les bouleversent,mais quel bouleversement salutaire .

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