May, Peter «Trois étoiles et un meurtre» (2019)

May, Peter «Trois étoiles et un meurtre» (2019)

Auteur :  Né en 1951 à Glasgow, Peter May a été journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d’années dans le Lot où il se consacre à l’écriture. Sa trilogie écossaiseL’Île des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu –, initialement publiée en français par les Éditions du Rouergue, a conquis le monde entier. Saluée par de nombreux prix littéraires, toute son œuvre est disponible aux Éditions du Rouergue.

Pour mes commentaires de ses livres : voir dans la liste des auteurs (M-Q)

La série Assassins sans visages : Lorsqu’il s’est mis au défi de résoudre quelques-unes des affaires jamais élucidées par la police française, Enzo MacLeod, l’enquêteur hors pair, était loin d’imaginer les conséquences sur sa vie. Les enquêtes vont le mener aux six coins de l’hexagone ( Le Mort aux quatre tombeaux, Terreur dans les vignes, La Trace du sang, L’Île au rébus, Trois étoiles et un meurtre )

Rouergue Noir – 9.10.2019 – 317 pages

(Série « Assassins sans visages » tome 5)

Résumé : Lorsque le grand chef Marc Fraysse convoque la presse dans son restaurant trois étoiles proche de Thiers pour une importante communication, les rumeurs vont bon train. Est-il sur le point de perdre une étoile au guide Michelin, comme les critiques gastronomiques aux plumes les plus malveillantes l’affirment ? Avant qu’il ait pu s’exprimer, le chef est retrouvé mort, assassiné d’une balle dans la tête, sur le trajet qu’il avait coutume d’emprunter pour sa course à pied quotidienne.
Sept ans plus tard, alors que la lumière n’a jamais été faite sur le meurtre d’un homme qui paraissait unanimement apprécié, Enzo MacLeod revient sur les lieux du crime, dans cette auberge devenue mythique où continue d’œuvrer le second du génie des fourneaux. Alors que l’automne se referme sur cette région volcanique, le célèbre enquêteur écossais découvre l’entourage complexe qui gravitait autour du chef : une épouse jalouse, une maîtresse abandonnée, un frère envahissant, un critique acerbe.
Il ne va pas tarder à plonger dans l’arrière du décor de la grande gastronomie à la française.
Un chef mythique est assassiné alors qu’il avait convoqué la presse dans son restaurant trois étoiles. Quelle révélation s’apprêtait-il à faire ? Sept ans plus tard, le mystère reste entier. Le célèbre enquêteur écossais, Enzo MacLeod relève le défi et relance l’enquête. Une épouse jalouse, une maîtresse abandonnée, un frère envahissant, un critique acerbe : il ne tarde pas à plonger dans l’arrière du décor de la grande gastronomie à la française.

Mon avis : Comme je l’ai dit auparavant, cette série est loin des coups de cœurs que je ressens quand Peter May me plonge dans ces ambiances écossaises, mais c’est toujours un bon moment de lecture. Ce qui me surprend toujours c’est que chaque série de cet auteur a son style bien spécifique (la série chinoise aussi) . J’ai bien aimé cette enquête de MacLeod, même si je l’ai trouvée quelque peu poussive au démarrage… L’enquête lève le voile sur l’envers du décor des Grands chefs de la Gastronomie mondiale : un panier de crabes…  
Ce que j’ai beaucoup apprécié : MacLeod et son monde privé (ses enfants, son frère) se dévoile. Il est vrai que quand je lis une série en plusieurs tomes, j’aime bien connaitre les personnages et quand ils se livrent, j’ai l’impression de mieux les comprendre. Et ici le fait qu’il se livre a une réelle connexion avec l’enquête car il a parfois l’impression de revivre et ressentir ce que peuvent éprouver certains personnages.

Extraits :

Je sens encore son odeur. Même au bout de toutes ces années. C’est étrange comme nous laissons des traces derrière nous si longtemps après notre mort. Un parfum, une mèche de cheveux. C’est réconfortant, vraiment, de penser qu’on ne disparaît pas tout à fait.

Mais, quand on a dix-sept ans et qu’on n’a ni qualification, ni ambition, l’avenir prend des allures de peine de prison. On fait ce qu’on vous dit de faire. On fait ce qu’on sait faire.

Parce qu’on range parfois des choses dans des petites boîtes enfouies dans un recoin bien sombre de son esprit pour éviter de tomber dessus en fouillant son passé.

– L’affaire est enterrée depuis longtemps, non ?
– Non. Marc Fraysse est enterré depuis longtemps. Mais l’affaire n’est pas classée.

Cet homme était un génie. Je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un d’aussi doué. L’attention qu’il portait aux détails était extraordinaire, et il m’a permis de comprendre à quel point ceux-ci sont importants.

Burns veut dire que si le sceau frappé sur une pièce d’or indique qu’elle vaut une livre et un shilling, c’est l’or dont elle est faite qui lui donne sa véritable valeur. De même que, quelle que soit sa position, sa réputation ou sa famille, la vraie valeur de l’homme est en lui. Ou pas.

c’est drôle, mais à une époque, les chefs étaient des domestiques au service des gens riches, ou engagés par des hôteliers et des restaurateurs. Aujourd’hui, les grands chefs sont des stars, et les gens qui les employaient autrefois leur font des courbettes. Quelle ironie, j’adore !

Quand on est bloqué loin de tout, on a intérêt à convaincre la montagne de venir à soi.

Les chiens n’ont aucun intérêt particulier à trouver de la drogue, des armes ou autre. Seule la récompense les motive. C’est le jeu qui les passionne, avec le jouet en guise de récompense. Certains sont complètement obsédés par leur jouet. Et plus ils sont obsédés, mieux ils font leur travail.

L’indépendance n’est parfois qu’un synonyme de solitude.

Sortie des profondeurs de sa gorge, sa voix évoquait le bruit d’un caillou raclé sur une râpe à fromage.

Et puis, vous savez, les médias passent vite d’un sujet brûlant à un autre. Il n’y a rien de plus superflu qu’un journal de la veille… ou des invendus sur les étagères d’une librairie. Comme un plat qui a refroidi.

Une pluie fine – cette bruine que les Écossais appellent smirr.

Toutes ces années de colère et d’orgueil. Et pour aboutir à quoi ? À la mort. Là où finissent toutes choses, en ne laissant que le regret de vies gâchées.

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