May, Peter « La trace du sang » (2015)

May, Peter « La trace du sang » (2015)

La série Assassins sans visages

.Lorsqu’il s’est mis au défi de résoudre quelques-unes des affaires jamais élucidées par la police française, Enzo MacLeod, l’enquêteur hors pair, était loin d’imaginer les conséquences sur sa vie. Les enquêtes vont le mener aux six coins de l’hexagone ( Le Mort aux quatre tombeaux, Terreur dans les vignes, La Trace du sang, L’Île au rébus,….)

La série Assassins sans visages (tome 3)

Résumé : Alors qu’il vient de se découvrir atteint d’une forme de leucémie foudroyante, MacLeod, l’enquêteur hors pair, doit repartir en chasse d’un meurtrier sans visage qui menace sa famille. Son enquête va l’emporter des années en arrière dans un petit village espagnol où une famille britannique séjourne avec ses trois enfants. Alors que les parents se sont absentés pour dîner, Richard, un garçon de vingt mois disparaît. Peter May déploie tous les arcanes d’une intrigue pleine de suspense pour le troisième opus de sa série française.

Mon avis : Suspense jusqu’au bout. Plus on avance dans cette série et plus on fait connaissance avec les personnages secondaires. Et plus ils deviennent importants et attachants. Cette facette de Peter May est intéressante ; ici la description des lieux perd de son importance, on est toujours sous pression, dans la traque.. On est sur la trace du passé.. On visite la France… Et j’aime toutes les écritures de cet auteur..

Extraits :
Partagée entre la France et l’Allemagne qui se l’étaient disputée pendant des siècles, Strasbourg avait décidé d’être européenne.

Il grimpa les quelques marches conduisant au banc sur lequel il s’était assis cette nuit-là en se demandant où il trouverait le courage de vivre. À présent, il devait trouver le courage de mourir. Ce n’était pas la mort elle-même qui l’angoissait. Tout le monde doit mourir. On le sait, mais on ignore quand. C’était cela le plus pénible

Ce jour-là, prenant soudain conscience que lui aussi mourrait un jour, il s’était assis au bord de son lit, avait réfléchi un moment, et décidé que puisque cela ne se produirait pas avant très longtemps, il ne devait surtout pas s’inquiéter en attendant. Ce cloisonnement lui avait été très utile pendant cinquante et un ans. Mais, désormais, quelqu’un avait brisé les scellés et ouvert le compartiment de la mort, le laissant face au problème qu’il avait si commodément relégué dans un coin

Voir ses dernières semaines, ses derniers jours lui filer entre les doigts lui paraissait la pire des tortures.

Les idiots sont pleins de certitudes et les gens sensés pleins de doutes.
Le problème, c’est que le corps commence à décliner quand le cerveau commence à se construire

— Personne ne devrait vivre seul. La vie est trop courte pour ça

Mais avec l’égoïsme propre aux enfants, elle ne tenait jamais compte des sentiments des autres

Tu as construit ta vie entière en me rendant responsable de tout ce qui ne va pas. Eh bien, tu vas devoir trouver un autre coupable, et en vitesse. Ce sera peut-être une bonne chose, d’ailleurs. Parce que quand j’aurai disparu, tu n’auras plus de tête de Turc à ta disposition pour te soulager de tes propres défauts. Ça t’aidera au moins à prendre tes responsabilités.

La vie devait être vécue intensément. Chaque minute, chaque seconde étaient précieuses

La proximité de la mort leur avait à tous deux révélé quelque chose sur eux-mêmes, en les obligeant à se réconcilier. Le passé n’existait plus

Un dicton lui revint en mémoire : Grattez le vernis, qu’est-ce que vous trouvez ? Une autre couche de vernis

Quelquefois, on se penche sur son passé et on regrette de ne pas avoir pris des décisions différentes. Tu sais, les grandes décisions. La carrière avant la vie personnelle. Un homme plutôt qu’un autre. Et puis, il y a aussi les petites. Celles qui peuvent avoir des conséquences encore plus graves. Décider, par exemple, qu’on n’a pas le temps d’aller faire les courses. Tu as une lessive à faire et tu dis : allez-y, ne m’attendez pas, le temps que j’aie fini, les boutiques seront fermées

L’énigme est plus fascinante que la tragédie

Votre réputation vous précède. — La bonne ou la mauvaise ?

Pourtant, on sentait chez lui une certaine douceur, reflet probable d’une qualité plus cérébrale, d’une humanité qui avait résisté à sa carrière de flic
Ses chaussettes dépareillées et ses chaussures qui n’avaient pas croisé une boîte de cirage depuis longtemps indiquaient clairement qu’il était célibataire, ou veuf – qu’il vivait seul en tout cas

On ne peut jamais s’imaginer capable de vivre séparé de ceux qu’on aime. Jusqu’à ce qu’on y soit obligé

J’ai assez vu d’yeux rougis par les larmes en me regardant dans la glace pour reconnaître ceux de quelqu’un qui a pleuré

D’ici, on peut voir à des centaines de kilomètres. C’est merveilleux. Est-ce que cela ne fait pas naître en vous un sentiment… d’insignifiance ? Celui de n’être qu’une minuscule poussière à la lisière de l’infini. J’avais l’habitude de monter ici chaque fois que ma vie devenait trop compliquée. Chaque fois que ma petite personne et mes problèmes commençaient à m’obséder. J’y retrouvais toujours une sorte d’équilibre. En me replaçant au milieu de ce paysage qui ne manquait pas de me rappeler que mes ennuis, quels qu’ils fussent, étaient peu de choses au sein de l’univers. Rien, comparés à ceci

Vous ne pouvez pas modifier le passé, mais l’avenir dépend de vous

Pour ma part, je n’ai jamais très bien connu mon père. J’étais toujours trop occupée. Je pensais toujours avoir le temps. Le temps de m’asseoir avec lui pour bavarder, faire plus ample connaissance, en somme. Et puis, un jour, il est mort. Finis les lendemains, plus de retour possible

Chaque fois que je vous vois, mon cher, vous me semblez avoir pris un sacré coup de vieux. — Normal, on se voit tous les dix ans ! — Ma foi, c’est peut-être pour ça

elle s’était vite repliée à l’abri du bureau et de ses ordinateurs, et cherchait quelque réconfort au sein de cet univers refuge qu’elle pouvait contrôler du bout des doigts

Quand on souffre, on s’en prend parfois à ceux qu’on aime le plus.

Il n’y a rien de pire que de voir la vie défiler devant ses fenêtres sans pouvoir y prendre part

Cette rue avait toujours été sans issue, comme la vie qu’il y avait vécue

Tous ses sens furent assaillis par une odeur qui le fit reculer d’un bond dans le temps et lui donna le vertige. Il dut s’appuyer un instant au mur. Brusquement, il se faisait l’impression d’un fantôme venu hanter son propre passé, s’attendant à tout moment à se voir sortir de sa chambre et dévaler les marches jusqu’à la terrasse qui surplombait la mer. Cette terrasse où il avait passé tant d’heures à lire, réfléchir, rêver, pleurer

Il lui était impossible de changer le passé, de modifier les événements qui avaient transformé sa vie. En revanche, elle avait encore les moyens de choisir son avenir. Ce pouvoir était entre ses mains

Les secrets étaient nuisibles. Là où il y avait de l’amour, il ne devait pas y avoir de secret

la dépression s’était abattue sur lui comme un épais brouillard hivernal que même le soleil radieux de cette journée ne parvenait à dissiper.

Série « Assassins sans visages »

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