Harper Lee «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» (1960)

Harper Lee «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» (1960)

Autrice : Nelle Harper Lee, dite Harper Lee, née le 28 avril 1926 à Monroeville dans l’Alabama et morte le 19 février 2016 dans la même ville, est une romancière américaine connue pour son roman « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (To Kill a Mockingbird), prix Pulitzer en 1961. Vendu à quarante millions d’exemplaires, ce livre est un classique de la littérature américaine, étudié à ce titre dans de nombreuses écoles secondaires des États-Unis, et régulièrement cité en tête des classements des critiques et libraires.
Elle reçoit en 2007 la médaille présidentielle de la Liberté du président George W. Bush pour sa contribution à la littérature.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (titre original : To Kill a Mockingbird) est un roman de la romancière américaine Harper Lee, publié en 1960. Il tient à la fois de la fiction mêlée d’éléments biographiques et du roman d’apprentissage, mais contient également les éléments d’un thriller qui le rapprochent du roman policier.
L’œuvre obtient le prix Pulitzer en 1961. Elle est adaptée au cinéma l’année suivante sous le titre Du silence et des ombres avec Gregory Peck dans le rôle d’Atticus Finch.
Ce roman présente la particularité d’être paru, en français, sous trois titres successifs (en plus du titre de l’adaptation cinématographique) : Quand meurt le rossignol, en 1961, dans une traduction de Germaine Béraud – Alouette, je te plumerai, en 1989, dans une traduction d’Isabelle Stoïanov – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, en 2005, dans la précédente traduction d’Isabelle Stoïanov revue par Isabelle Hausser.  (source Wikipédia)
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur occupe la 60e place au classement des cent meilleurs livres policiers de tous les temps établi par l’association des Mystery Writers of America en 1995.

Grasset – 07.10.2015 – 480 pages / Livre de poche – 23.08.2006 – 447 pages

Résumé : Maycomb, petite ville de l’Alabama, pendant la Grande Dépression. Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il décide, envers et contre tous les préjugés moraux et politiques de son époque, de défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Dénonciation audacieuse de l’Amérique de la ségrégation, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est aussi l’un des plus grands romans jamais écrits sur l’enfance, et le regard de la jeune Scout, plein de tendresse et de drôlerie, a su attraper le cœur de plusieurs générations de lecteurs au fil des années.
Plus qu’un « grand classique » ou un « livre culte », ce roman, couronné par le prix Pulitzer en 1961 et adapté au cinéma avec Gregory Peck, est devenu un véritable mythe – d’autant qu’il sera resté pendant longtemps la seule œuvre de son auteur. Jusqu’à aujourd’hui : en 2015, l’oiseau moqueur se transforme en phénix, et Scout revient sous la plume de Harper Lee qui publie, après plus d’un demi-siècle de silence, Va et poste une sentinelle.

Mon avis :  Et je reste dans les Prix Pulitzer (après le Whitehead, Colson « Underground railroad » que je viens de terminer).  Je reste aussi dans l’Amérique de la ségrégation, dans le Sud raciste, mais des années plus tard, au début du XXème siècle, dans les années 1930.
J’ai lu sur Wikipédia que ce livre de fiction, à la fois témoignage et même roman policier qui dénonce la justice raciale, est alimenté par des éléments autobiographiques relatifs à la romancière qui comme la jeune Scout avait un père avocat qui avait défendu des hommes noirs accusés de meurtre, avait un frère aîné et une gouvernante noire, une mère peu présente, et que les personnages sont inspirés de personnes ayant existé ou événements qui se sont produits à l’époque ( un homme qui vivait reclus chez lui, une accusation de viol à l’encontre d’un homme noir innocent…
La première partie du livre nous raconte l’enfance d’une sœur et d’un frère. La fillette, Scout, est en avance sur son âge et cela lui pose des problèmes à l’école: elle devra faire profil bas car son institutrice lui reproche de savoir lire. Elle passe son temps avec son frère et pendant les vacances d’été le voisin les rejoint. C’est un roman  sur le monde de l’enfance et de l’adolescence, un roman d’apprentissage, dans un Etat ségrégationniste (L’Alabama). Ils ont peur des habitants de la maison voisine et sont dans le temps de l’innocence, tout en s’éveillant à la diversité et à l’injustice. Leur relation avec leur gouvernante noire qui joue le rôle de mère et l’attitude de leur père, un avocat pour qui un homme blanc et un homme noir ne sont pas différents leur donne une attitude tolérante et juste. Des enfants qui grandissent dans un état ou le racisme est très présent, de même que la religion et l’importance de paraître comme il faut. Ce qui est bien contraire à la petite fille, garçon manqué et curieuse de tout.
Un roman qui parle aussi de croyances (« Un Fumant, c’est quelqu’un qui peut pas aller au ciel, alors il erre sur les routes désertes et si tu passes à travers lui, tu en deviens un à ton tour après ta mort et, la nuit, tu viens sucer le souffle des gens… »)
La deuxième partie du roman est ancrée dans la ségrégation. Du moment que le père est désigné pour défendre un noir accusé d’avoir agressé une blanche, les deux enfants vont grandir plus vite que normalement, et de trouver confrontés au racisme, à la méchanceté, la discrimination, l’injustice, la peur. Petit clin d’œil : M. Ewell  (evil est le mal en anglais) est un nom bien trouvé pour l’être maléfique qui sévit dans le roman.
Je me demande comment je suis passée à côté de ce livre pendant si longtemps un livre sur le racisme, sur l’amitié, sur la loyauté, sur la condamnation des innocents, sur l’éducation, sur la peur de l’autre, sur l’injustice. Et ce qui est effrayant c’est qu’il semble toujours d’actualité en 2020…

Extraits :

— Tu es trop petite pour le comprendre, mais parfois, la Bible est plus dangereuse entre les mains d’un homme qu’une bouteille de whisky entre celles de ton père.

On ne sait jamais ce qui se passe vraiment chez les gens, derrière ces portes fermées, quels secrets…

Vois-tu, Scout, il se présente au moins une fois dans la vie d’un avocat une affaire qui le touche personnellement. Je crois que mon tour vient d’arriver. Tu entendras peut-être de vilaines remarques dessus, à l’école, mais je te demande une faveur : garde la tête haute et ne te sers pas de tes poings. Quoi que l’on te dise, ne te laisse pas emporter. Pour une fois, tâche de te battre avec ta tête… elle est bonne, même si elle est un peu dure.

Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner.

Les gens normaux ne tirent jamais aucune fierté de leurs talents

avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.

Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil dans la main. Le courage, c’est savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter.

Avec lui, la vie était banale, sans lui, elle devenait insupportable.

Le reste de l’après-midi se passa dans le doux ennui qui s’abat lors des visites de parents, mais il s’évanouit lorsque nous entendîmes une voiture tourner dans l’allée.

Vous connaissez la vérité, et la vérité est que certains Noirs mentent, certains Noirs sont immoraux, certains Noirs représentent un danger pour les femmes – noires ou blanches. Mais cette vérité s’applique au genre humain dans son ensemble, pas à une race en particulier.

La loi parle d’un « doute raisonnable », mais je crois qu’un accusé a le droit à l’ombre d’un doute. Il reste toujours la possibilité, probable ou non, qu’il soit innocent.

En grandissant, tu verras des Blancs tromper des Noirs tous les jours de ta vie, alors n’oublie pas ce que je vais te dire : lorsqu’un homme blanc se comporte ainsi avec un Noir, quels que soient son nom, ses origines et sa fortune, cet homme blanc est une ordure.

Et ne vous faites pas de reproches… si nous écoutions tout le temps nos pressentiments, nous serions comme des chats en train de poursuivre leur queue.

Info : Le Moqueur est une espèce de passereaux de la famille des Mimidae célèbre pour son vaste répertoire de chants comprenant des imitations d’autres espèces.

2 Replies to “Harper Lee «Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur» (1960)”

  1. « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » faisait partie de ma liste de romans « classiques » à lire absolument.
    Bonne pioche car c’est vraiment un très beau roman sur l’enfance et sur la tolérance que je ne peux que conseiller de découvrir, si ce n’est déjà fait.

    Extraits :

    — Je préférerais que vous ne tiriez que sur des boîtes de conserve, dans le jardin, mais je sais que vous allez vous en prendre aux oiseaux. Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c’est un péché de tuer un oiseau moqueur.
    Ce fut la seule fois où j’entendis Atticus dire qu’une chose était un péché et j’en parlai à Miss Maudie.
    — Ton père a raison, dit-elle. Les moqueurs ne font rien d’autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur cœur. Voilà pourquoi c’est un péché de tuer un oiseau moqueur.

  2. Coucou Cath je suis en train de le lire et arrive à la deuxième partie. Je l’ai débuté dans me rappeler le sujet du livre. Le départ m’a semblé un peu mou. Puis on comprend que l’auteure prend son temps pour installer ses personnages et cela donne une authenticité, une réalité plus affirmée pour entrer dans la deuxième partie et rentrer dans le vif du sujet que l’on pressent.
    Ton commentaire ne dévoile pas l’intrigue et je t’en remercie.
    Allez j’y retourne…et parfois je me dis que j’aimerais bien tirer sur les oiseaux moqueurs.

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