Aubert, Charles «Rouge Tango » (RLH 2020)

Aubert, Charles «Rouge Tango » (RLH 2020)

Auteur : Charles Aubert est diplômé de la Faculté de droit et de science politique d’Aix-Marseille (1985-1991). Responsable des assurances professionnelles à Generali France (1993-2006), il était directeur commercial d’une société d’assurances, de 2006 à 2012.À la faveur d’un plan social, il décide de quitter la ville et s’installe au sud de Montpellier, avec femme et enfants. Il choisit une cabane au bord de l’étang des Moures. En 2012, il crée le Canotage, atelier de fabrication de bracelets pour montres. Comme ses personnages, Charles Aubert s’est retiré dans une partie secrète de l’étang des Moures où ne vont jamais les touristes, entre sel et mer, pas très loin de Sète, un peu en-dessous de Montpellier. « Rouge Tango » est son deuxième roman. Le premier, « Bleu Calypso« , est désormais disponible chez Pocket

Statkine & Cie – 06.01.2020 – 320 pages

Résumé :  Après le succès de « Bleu Calypso« , le nouveau polar doux de Charles Aubert.
Niels s’est retiré loin du monde. Dans sa cabane de pêcheur, au coeur d’un Sud encore sauvage, il fabrique des leurres qu’il vend sur Internet. Quadragénaire bourru, Niels n’a que peu d’amis, son voisin Vieux Bob, pêcheur lui aussi, la fille de Bob, la détonante Lizzie, et le jeune geek Malik.
Alors, quand Malik est porté disparu et que la police retrouve chez lui le cadavre d’un inconnu, il n’en faut pas plus pour que notre héros ordinaire reprenne du service.

Mon avis : C’est avec infiniment de plaisir que j’ai fait connaissance avec Niels et ses leurres. Un leurre c’est un appât pour les poissons et cela porte des noms évocateurs de paradis : « Bleu Calypso », « Rouge Tango », « Vert Samba »…  C’est aussi une tromperie, un espoir, une illusion…
Le leurre illusion, c’est cette impression de paradis qui se dégage de ce lieu enchanteur dans lequel Niels a posé ses valises, dans la nature et la zénitude la plus totale, dans un paysage aux tons doux et apaisants, entouré de personnes amicales et tranquilles, qui inspirent le farniente et le repos… Illusion car sous le doux soleil, les apparences sont trompeuses.
L’auteur nous installe dans un mode de vie tranquille aux allures de fengshui, avec un petit thé japonais, des haïkus en tête de chapitre, avec dans le pire des cas des ambiances brouillardeuses, dans un décor mer et étangs, levers et couchers de soleil dans les tons pastel, univers avec parfois un contraste qui s’illustre en tempête aux couleurs de Turner… Mais au fil des pages, la pèche évolue : on passe de l’appât petit poisson à l’appât gros poisson, à savoir de l’étang des Moures au milieu des requins du crime marseillais. Cet homme tout à fait normal et sans histoires va se trouver projeté dans un univers qui n’est pas le sien et il va devenir acteur bien malgré lui dans une situation qui aurait dû lui rester totalement étrangère.
Ce roman est fondé sur les contraires qui s’attirent : il y a Niels qui après une vie dans l’assurance aspire à la paix et tombe amoureux de Lizzie, une jeune journaliste aventurière ; il y a le monde réel et le monde virtuel ; les techniques de toujours et les inventions des jeunes ; les jeunes et les vieux qui se côtoient ;  les grands espaces extérieurs de liberté et le darknet ; les enquêtes parallèles des amateurs et de la Police..
Sur un air de vacances et entourés des amis de tous les jours, de ceux en qui on a toute confiance et avec qui on passe des moments de joie, d’amitié, autour d’une bonne bouffe et avec du bon vin gravitent des ombres pas si amicales que ça. Ce roman allie piquant et légèreté, humour et fête, mais derrière ce leurre de bonheur se cachent les blessures de l’enfance, de la jeunesse, du passé. Et le tout dans un décor qui donne envie de rejoindre la petite troupe.
Et il ne faut pas pour autant oublier l’intrigue policière qui est excellente et qui maintient le suspense jusqu’au bout.
Dès le début j’ai eu envie de faire partie de leur univers, de faire partie de leur vie, de leurs amis… et je me réjouis de les retrouver… D’ailleurs je vous laisse avec la ferme intention de commencer par le début, et de le laisser ferrer par le « Bleu Calypso ».

Un très grand merci aux Editions Slatkine & Cie pour ce joli cadeau qui m’a fait découvrir un univers qui donne envie de ne plus le quitter.  

Extraits :

Finalement, quand on y pense, on n’est réellement proche que d’un nombre limité de personnes.
– Ça, c’est pour le monde réel, mais si on bascule dans le virtuel, tu peux être sûr qu’on va vite exploser les compteurs. Internet nous connecte chaque jour à des centaines de personnes, sans même avoir à mettre le nez dehors. Hyper-communication et claustration. Ça rime peut-être mais c’est loin d’être de la poésie.

Nous nous débattions dans le présent, empêtrés dans les fils du passé, pendant que tous ces jeunes caracolaient déjà dans le futur, comme des chevaux sauvages.

C’est nous qui avons les cartes en main et personne d’autre. Il n’y a pas de parc, pas de murs, seulement des barrières derrière lesquelles nous nous enfermons nous-mêmes

– Il ne nous a pas donné tous les détails, mais il nous a raconté sa rencontre avec ta mère et à ce moment-là, je te garantis qu’il avait des étoiles dans les yeux.
– Ce devait être des étoiles filantes, alors. On ne les a pas vues briller longtemps dans notre ciel.

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