Baud, Sarah «Une fille hors pairs» (RL2020)

Baud, Sarah «Une fille hors pairs» (RL2020)

Autrice :  Née à Genève en 1971, Sarah Baud est avant tout une personne éprise de liberté et une touche-à-tout. Après la danse, le théâtre et la peinture, elle se lance dans une nouvelle aventure, celle de l’écriture.

Editions Slatkine – 25.08.2020 – 460 pages

Résumé : En plein hiver, une petite fille est retrouvée en état de choc au bord d’une rivière. Les recherches ne permettent pas de l’identifier. Dix-neuf ans plus tard, une série de rebondissements teintés de violence et de meurtres ébranle la cité de Lémania où le pouvoir, l’argent et les trafics dominent. Comme si le hasard n’existait pas, une jeune femme se retrouve confrontée à son passé. Là où elle croyait que tout avait commencé
Où qu’elle soit. Quoi qu’elle fasse. Elle devra l’affronter. Un premier roman saisissant.

Mon avis : Un grand merci aux Editions Slatkine de mettre en avant les auteurs suisses (souvent genevois) et de m’avoir permis de lire ce premier roman de la genevoise Sarah Baud que j’ai découvert avec intérêt et qui m’a accrochée.
Un livre qui va du glamour au sordide. Point de départ : le Mexique. Point de chute : la Suisse, la région de Genève. Dans le futur « Le Grand Genève » est devenu « Lémania », région friquée et où l’argent règne en maitre absolu, avec ses deux faces bien distinctes : paillettes et argent d’un côté et coté glauque, les camés et les paumés … Les deux excès, les deux extrêmes de la société.
Un rythme trépidant, pas de temps morts, des scènes courtes qui se succèdent sans laisser le temps de respirer, on se croirait au cinéma dans un film d’action.
Au début du livre, j’ai regretté de ne pas avoir le temps de faire connaissance avec les personnages ; il y en a beaucoup et c’est parfois difficile à suivre ; mais au fil des pages les gens que l’on croit taillés dans un bloc de granit se fissurent peu à peu, les carapaces se fendent et ils deviennent plus accessibles.
Le suspense est tenu jusqu’au bout, et ce qui semblait nébuleux au début se justifie à la fin, les pièces du puzzle d’emboitant parfaitement jusqu’au final. Un petit bémol : difficile de s’attacher aux personnages.
Mais je suis curieuse de voir comment l’écriture de cette jeune autrice va évoluer …

Extraits :

La toile d’araignée du web ressemblait à un flipper géant bourré d’échanges, d’interconnections, de trajets asymétriques et d’attaques.

Si tu ne ressentais rien, tu ne pourrais pas te baser sur les émotions pour avancer.

Certains cercles de criminologie s’accordaient à dire que les tueurs en série possédaient des similitudes physiques. Une ligne proéminente de sourcils, des mâchoires en équerre, un visage plutôt large et un front renfrogné. Ceux dotés de ce genre de faciès seraient davantage portés sur la violence et le crime.

Le jeu des devinettes va durer encore longtemps ?
– Généralement, il dure le temps d’obtenir les réponses.

L’architecture de cette demeure datait du dix-neuvième. L’époque des portes dérobées et des passages secrets.

Tout s’agrégeait en elle pour former une masse en fusion prête à affronter n’importe quel péril.

Votre révolte est ample, mais vaine. Vous ne vous débarrasserez jamais de votre vécu. C’est à vous-même que vous devez pardonner. Il n’y a pas d’autre issue, croyez-moi.

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