Collectif RTBF «L’injuste destin du Pangolin» (2020)

Collectif RTBF «L’injuste destin du Pangolin» (2020)

Auteurs : Adeline Dieudonné, Eric Russon, Jérôme Colin, Myriam Leroy, Sébastien Ministru

Editeur : la renaissance du livre ( la 1ère) – 9.6.2020 – 127 pages

Résumé :

Conçu sur la base du jeu du cadavre exquis, « L’injuste destin du Pangolin » est le journal d’une époque, écrit jour après jour par cinq auteurs sous la forme d’un feuilleton quotidien pour l’émission de radio de La Première « Entrez Sans Frapper ».
Ceci est une fiction dans laquelle vous pourrez revivre, jour après jour, les évènements vécus par toute une population. Une histoire d’amour, aux temps du corona.

Le 18 mars 2020. On dénombre 243 nouveaux patients positifs en Belgique. Elle s’appelle Léa. Il s’appelle Antoine. Un rendez-vous Tinder en urgence avant la fermeture du pays. Leur histoire ne devait durer qu’une nuit. Hier matin, ils ne se connaissaient pas. Ils sont aujourd’hui confinés. Et il n’y a déjà plus, entre eux, de distance de sécurité.

 Les droits d’auteurs et bénéfices de ce livre seront versés à 3 associations en première ligne dans l’aide aux sans-abris et aux réfugiés, L’Ilot, Cœur SDF et La Plateforme Citoyenne BXLRefugees.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce petit livre qui nous décrit la vie dans un immeuble de 5 étages dans un immeuble entre le 17 mars 2020 au 8 mai 2020 et donne le temps de deux petites pages la parole au petit Pangolin, seul à être libre de circuler comme il l’entend…
Outre la vie des habitants, c’est un livre qui parle de la solitude, qu’on soit seul ou à deux, car tous les personnages sont ou se sentent seuls, livrés à eux-mêmes, isolés ou abandonnés.
Il y a le couple du rez-de-chaussée, la jeune femme du 1er qui vit seule mais craint la violence de son ancien compagnon, la jeune femme du 3ème qui est débordée de se retrouver confinée en télétravail avec sa fille à qui elle doit « faire école », le locataire du 4ème qui ne va pas tarder à tomber malade et surtout il y a Léa et Antoine, au 2ème étage. Et il y a aussi le facteur et l’ambulancier…
Léa et Antoine se sont rencontrés la veille du confinement… je vous laisse vivre ce confinement en leur compagnie, et se découvrir mutuellement.
Dans ce récit, on va fatalement se reconnaître par moments, parfois s’identifier, parfois s’offusquer…
On va côtoyer la mort, la vie, l’espoir, la peur, la solidarité, l’égoïsme, les premières et les dernières fois …
Et je voudrais aussi signaler qu’il y a de très jolies illustrations.
Merci à ma très chère amie de m’avoir fait pénétrer dans l’univers des chroniqueurs belges.

Extraits :

– Si ça ne te dérange pas trop, j’aimerais bien vivre au jour le jour, sans penser à demain ni même à la semaine prochaine. C’est mon seul moyen de ne pas péter les plombs tout de suite.

Demain ? Ça ne veut plus dire grand-chose. Comme ténèbres qui s’écrit toujours avec un « s », demain ne se décline plus qu’avec un point d’interrogation. La seule chose sûre et certaine, c’est aujourd’hui. Maintenant. Le présent.

Mais cette période incite à vouloir être là pour les gens. Un peu plus que d’habitude

Elle pense qu’il est déjà bien difficile de livrer un secret ; alors, livrer un secret à un con… C’est comme mettre des fleurs dans un vase sans eau : ça ne sert à rien.

Nous sommes seuls au monde, c’est vrai. Chacun à notre façon. Enfermés dans nos carcasses. Isolés sous notre peau. Abandonnés à nous-mêmes. C’est notre croix.

Voilà ce qu’il faudra retirer de tout cela : que c’est la plus belle chose au monde, les autres.

Cette façon que nous avons d’être, bien qu’éloignés, un peu plus proches et attentifs aux autres.

Dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Sauf une seule chose. À la fin, la mort gagne. Toujours.

En portant un masque, tout passe par les yeux et donc les gens seront obligés de moins mentir. On aura, au moins, gagné ça : plus de vérité

2 Replies to “Collectif RTBF «L’injuste destin du Pangolin» (2020)”

  1. Bien contente que ce petit roman à 10 mains t’ait plu, Soeurette
    On entend encore tellement parler de ce satané virus, et depuis si longtemps, que lire un roman à ce sujet n’est pas évident…
    J’avais trouvé les personnages attachants, et bien aimé le ton et le style de ce long « cadavre exquis ». Il faut dire que j’étais déjà conquise par le récit, pour l’avoir entendu à la radio

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