Pasques, Jean-François « L’avocat du diable » (2025) 304 pages

Pasques, Jean-François « L’avocat du diable » (2025) 304 pages

Auteur: Capitaine de police et écrivain de roman policier.  Chimiste de formation, il a quitté son laboratoire de recherches par manque d’espace. Il est entré dans la Police Nationale, un peu par hasard.
Jean-François Pasques est actuellement en poste en Sécurité publique à Nantes. Il a auparavant travaillé une quinzaine d’années à Paris, notamment dans un groupe criminel du 1er district de police judiciaire.

Romans:
Série Commandant Delestran : Mortelle canicule (2019)  tome 1 – Fils de personne (2022) tome 2  L’avocat du diable (2025) tome 3  — Pour 100 millions d’euros (2026) tome 4 –
Série Pierre Morland, Légiste : Mortelle canicule (2019) tome 1 – Le seul témoin (2021) tome 2
Série Victoire Beaumont  : De l’intérieur (2017) tome 1 – Mortelle canicule (2019)  tome 2 – Fils de personne (2022) tome 3
Série Capitaine Goisset : Sans suites (2010) – La Bascule (2012) – A toutes fins utiles (2013) – Des Gens Normaux (2014) – Le seul témoin (2021)

Editions Fayard – Collection Les Lauréats du Prix du Quai des Orfèvres – 02.04.2025 – 299 pages

Résumé :

Dans un monde où la technologie éclipse l’humain, le commandant Delestran, véritable flic « à l’ancienne » , se retrouve à la croisée des chemins. Avec une détermination inébranlable, il reprend du service malgré une période de quasi-disgrâce. Son enquête le plonge au coeur d’une affaire très sensible : une plainte contre l’écrivain le plus en vue du moment, un personnage aussi fascinant que dangereux.
C’est un bras de fer psychologique qui s’engage entre Delestran et cette star littéraire. Dans cette lutte, Delestran ne se contente pas de traquer le crime ; il doit également affronter la fascination que cet homme exerce sur lui.
Jean-François Pasques, dont le précédent livre, Fils de personne, a remporté le prestigieux Prix du Quai des Orfèvres en 2023 et conquis plus de 230 000 lecteurs, nous entraîne une fois de plus dans un polar palpitant. 

Son talent indéniable pour capturer les tensions humaines et les mystères du crime rend ce nouveau roman incontournable.
L’éditeur en parle

Jean-François Pasques, dont le précédent livre, Fils de personne, a remporté le prestigieux Prix du Quai des Orfèvres en 2023 et conquis plus de 230 000 lecteurs, nous entraîne une fois de plus dans un polar palpitant. Son talent indéniable pour capturer les tensions humaines et les mystères du crime rend ce nouveau roman incontournable.

Mon avis : 🖤🖤🖤🖤🖤
Le hasard veut que cette enquête est pile poil au coeur de l’actualité. Présomption d’innocence ou lynchage médiatique avant jugement?
C’est toujours un plaisir de retrouver le duo Julien  Delestran / Victoire Beaumont, ou plutôt le trio si on compte la Psy Claire Ribot.
Tout semble commencer pas trop mal la première semaine de l’arrivée de la remplaçante de l’ancien patron du 36… Mais je dis bien la première semaine car cela ne va pas durer! 

J’e n’ai pas aimé faire la connaissance de Rachel Delépine, qui reprend les commandes du 36! Déjà elle est désagréable de prime abord. Aucun sens du contact, de l’esprit d’équipe, aucune psychologie, et parachutée là, elle semble ne pas connaitre grand chose en matière de criminalité. Surtout en plus d’être insupportable, elle va écarter Delestran. Alors oui une opération menée par Delestran ne se passe pas comme prévu mais le placarder .. faut pas exagérer.
Encore heureux qu’elle n’écarte pas dans la foulée Victoire Beaumont ! Mais non, au contraire cette dernière va pendre du galon et passer chef de groupe en lieu et place de Delestran. Et dans la foulée se retrouver avec deux féminicides sur les bras.. 
Delestran lui, va se retrouver seul avec une affaire de suspicion de viol par une personnalité médiatique. Mais Delestran est humain et même si la rumeur se fonde en général sur une part de vérité, il se refuse de condamner dès le départ, en se fondant sur la rumeur et les apparences. Ok le Monsieur est un vil séducteur, il est imbu de sa personne et garde les gens – pas que les femmes – de haut, mais a-t-il vraiment violé cette femme, qui se réveille et porte plainte 7 ans après les faits ? Quel est le rôle des associations pour la défense des femmes dans ce dépôt de plainte tardif ?
Delestran ( tout comme l’inspecteur-chef Armand Gamache dans les romans de Louise Penny ) est un être profondément humain, instruit et psychologue, qui entretient un lien très fort avec les gens avec lesquels il travaille et j’aime de plus en plus le personnage clé de cette série de polars « doux » comme je les appelle. Et il pose de vraies questions, se penche sur de vrais sujets de société. Carton plein donc. 

Misandrie , latéralité, conduite ordalique, comportement protéen sont au programme… Et oui, il vous faudra peut-être chercher certains de ces mots dans le dictionnaire ( ordalie je connaissais mais pas ordalique… mais c’est un plus d’enrichir son vocabulaire en lisant un polar… 

Extraits: ( oui il  en a beaucoup)

La réalité était toujours plus compliquée que la fiction, raison pour laquelle on avait besoin de rêver ; et les flics plus que les autres.

Fini le temps de l’émulation par la concurrence. Avec les nouveaux outils d’investigation et de communication, l’efficience de la PJ passait par la coopération entre les services.

Il fallait se battre en interne alors que la guerre était à l’extérieur. Que d’efforts pour pouvoir travailler convenablement !

De l’empathie, mais pas de sympathie, disaient les théoriciens. Facile à dire… Dans la vraie vie, la frontière n’existait pas. On ne pouvait pas se cantonner à souffrir autour, on était obligé de souffrir avec. On transmettait le venin et on prenait la morsure. Ça laissait des traces.

Ce grand silence contrastait avec ce qui ne manquerait pas d’arriver lorsque tout s’arrête brutalement par la perte de l’être aimé : les hurlements, les pleurs et les cris insupportables. L’annonce était un meurtre sans cadavre. On imposait la mort, mais il fallait continuer à vivre.

Quelque chose avait changé. Un ressort s’était cassé. Pourquoi cette impression étrange d’être devenu un homme réduit à son passé ?

Quand on tire sur l’élastique de la dépression, soit il casse et c’est la chute, soit il vous échappe et vous propulse dans la direction opposée.

C’est dans l’enfance qu’on retrouve les indices permettant de comprendre un homme et, pour certains, leur vocation d’artiste.

C’est par la disparition qu’on prend soudainement conscience de l’importance d’une présence.

Je fonctionne en mode binaire et non genré ! Chez moi, il n’y a pas d’homme ni de femme, il n’y a que des criminels et des victimes. Et croyez-moi, parfois, il n’est pas simple d’y voir clair.

L’autopsie permettait de donner la parole au cadavre en allant voir à l’intérieur, au plus proche.

Ces femmes devaient toutes avoir une bonne raison d’en vouloir à un homme en particulier, mais elles avaient basculé dans la généralité, ce qui en disait long sur leur souffrance.

C’était l’âge où se creusait une injuste différence. La patine du temps ajoutait aux hommes ce qu’elle retirait aux femmes. 

Dominik est un cavaleur, mais pas comme on l’entend si souvent. Non ! Lui, c’est tout simplement un homme continuellement en cavale.

– Un homme remarquable. Au sens premier du mot : qui attire l’attention.

Chez lui, la pudeur était toujours de mise. Elle masquait sa difficulté à communiquer, à trouver les mots justes. Tout comme l’éponge, il lui était plus facile d’absorber que de restituer. L’image était tellement plus belle.

– Prouver l’innocence de quelqu’un est aussi valorisant que prouver sa culpabilité.

« Je suis devenu policier pour être au centre des choses. »
– Les Justes, Albert Camus.

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